Illimité n°280 septembre 2018
Illimité n°280 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°280 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : la révolution française comme si vous y étiez.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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6 – Interview Par Anouk Féral Photo DR – Memory Guard Comment raconter une idole pop aussi célèbre que profondément opaque et mystérieuse ? On a posé la question à Kevin Macdonald, auteur d’un documentaire stupéfiant sur la diva Whitney Houston. KEVIN MACDONALD Quand on vous a proposé ce projet, il paraît que vous avez hésité à accepter car vous n’aimiez pas beaucoup Whitney Houston… — Je n’étais pas fan. Certaines chansons oui, ado, mais comme un plaisir coupable, un peu honteux. Comme beaucoup, j’avais de la sympathie pour elle, son penchant autodestructeur, comment sa vie privée a été jetée en pâture aux tabloïds. Ils ont contribué à réduire son envergure artistique, ce qu’elle a apporté de singulier à la musique mais aussi à la communauté afro-américaine. Puis on m’a présenté son ancien agent. Elle m’a dit aimer Whitney mais ne jamais avoir saisi pourquoi sa vie s’est achevée dans ce chaos. Que son mystère reste insondable même pour ses proches, et là ça m’a fait tilt. Sonder ce mystère, c’est ce qui a guidé votre film ? — Oui. Humaniser quelqu’un qui a été à la fois propulsé dans la stratosphère et est resté totalement hermétique pour ses proches. Son frère m’a dit  : « Pourquoi vous poser tant de questions alors que Whitney était si simple ? » Oh que non. Je n’ai pas percé son mystère mais découvert deux ou trois choses, dans l’enfance. Elle a été rejetée à l’école, pour sa couleur de peau, pas assez sombre pour une Noire. Puis elle a trouvé la sécurité dans l’Église jusqu’à ce que sa mère ait une liaison avec le prêtre. Son besoin d’être rassurée s’est brisé avec le divorce de ses parents. Voilà pourquoi elle est restée avec son mari Bobby « Sa trajectoire traverse une époque, l’Amérique de Reagan, remplie de bouleversements sociaux majeurs. » Brown, aussi destructeur soit-il. À cause de sa quête perpétuelle de sécurité. Howard Hawks, Bob Marley, Klaus Barbie… Les sujets de vos précédents documentaires étaient, disons, plus pointus, sophistiqués, dans le meilleur comme le pire. C’est étonnant de vous retrouver avec une idole de la culture FM… — Elle est rejetée par l’intelligentsia mais j’ai découvert que c’est une interprète de génie. Et sa trajectoire traverse une époque, l’Amérique de Reagan, remplie de bouleversements sociaux majeurs en termes de racisme, de sexualité, d’évolution des mœurs. Elle a beaucoup compté. Whitney Sortie le 5 septembre. On pense au documentaire Amy, d’Asif Kapadia, sur Amy Winehouse. Deux femmes brillantes qui rencontrent le mauvais homme et chutent… — C’est un aspect de la chute de Whitney, mais pas la racine du désastre. Amy était écorchée vive, mettait sa vie en chansons, elle se livrait. Pas Whitney. Elle n’a jamais écrit ses chansons, elle était masquée. On ne savait rien de ses relations aux hommes, à sa mère, à son père. Elle reste profondément énigmatique. Après ce film, votre estime pour elle a-t-elle changé ? — Plus je découvrais de choses, plus j’avais de la compassion. Ce n’est pas juste une pop star, mais désormais une référence. Vivante on l’admirait, parfois avec un rictus ricanant. Partie, on prend la mesure de son passage sur Terre. Elle a été adorée de la communauté gay. Elle a eu un impact sur la communauté noire, au point que celle-ci lui a reproché de ne pas chanter comme une chanteuse noire, de la rebaptiser « Whitey » Houston (Houston la blanche en VF,ndlr). Elle a fasciné, interrogé, remué les mentalités au même titre que d’autres idoles noires de l’époque comme Prince ou Michael Jackson.



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