Illimité n°280 septembre 2018
Illimité n°280 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°280 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : la révolution française comme si vous y étiez.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
30 – Le grand papier Par Romain Thoral Photos DR
Un peuple et son roi Sortie le 26 septembre. Il était une fois la Révolution… française Un peuple et son roi raconte la naissance de la République à travers les yeux de tous les protagonistes de la grande Histoire. Des paysans au roi, de Robespierre à une simple lavandière… À l'origine de ce grand film mosaïque et spectaculaire, le réalisateur Pierre Schoeller nous livre un cours magistral dans tous les sens du terme. Rencontre. Un peuple et son roi semble résonner avec votre film précédent, L’Exercice de l’État, dans sa manière de « désosser » le pouvoir. Ça ressemble presque à un diptyque dont les histoires se situeraient à plus de deux siècles d’écart… — Oui, c’était très conscient. L’intention, c’était de conclure une trilogie même, que j’avais initiée en 2008 avec mon film Versailles. Ce sont des films certes très différents  : Versailles s’apparente à un mélo, L’Exercice de l’État est un thriller et, avec Un peuple et son roi, on est dans le registre du film historique. Néanmoins, le terreau sur lequel ont poussé ces trois films est le même et les thématiques se répondent… Si vous aviez cette trilogie en tête depuis le début, pourquoi vous a-t-il fallu sept ans pour accoucher d’Un peuple et son roi… — Oui, c’est très long sept ans, hein ? À qui le dites-vous ? (Rires.) Après L’Exercice de l’État, j’ai déjà consacré un an à faire un téléfilm pour Canal Plus, Les Anonymes, qui était une commande passionnante à exécuter. Ensuite effectivement il m’a bien fallu six ans de travail pour accoucher d’Un peuple et son roi. Ça a été un long travail de balancier entre l’écriture et le montage financier, il fallait arriver à accorder les deux. La mise en production du projet, à elle seule, a pris deux ans. Et ce n’était pas deux ans à attendre qu’on veuille bien nous signer des chèques, pas du tout. C’était deux ans de réécriture par rapport au budget costumes, budget figurants, budget effets spéciaux, des allers-retours infinis avec les différents partenaires financiers. Il y a une prise de risque assez grosse sur ce projet. C’est un film conçu en toute indépendance, qui n’a rien d’un film « officiel » sur la Révolution. Qu’entendez-vous par « officiel » ? — « Officiel », par exemple, c’est le film de Robert Enrico mis en branle au moment du bicentenaire (La Révolution française, 1989,ndlr). Là c’est un tout autre regard. C’est un film qui regarde la Révolution dans les yeux, c’est une fresque politique, un objet très scrupuleux sur la véracité historique. Je voulais donner un sentiment… (Il hésite longuement.) Non pas de réel, parce que c’est impossible et que ça empêcherait le romanesque, mais d’immersion absolue dans ces trois premières années de la Révolution. Et ça a été épuisant. La Révolution, c’est un sujet qui vous demande beaucoup, mais qui vous apporte aussi beaucoup. Ça vous apporté quoi, alors ? — Une certaine foi en l’homme. Il y a dans la Révolution et ceux qui l’ont bâtie une part de courage, d’inconscience, de témérité, d’audace… C’est ce que dit le personnage d’Adèle Haenel dans le film  : « Que valent nos blessures par rapport à nos conquêtes ? » Un peuple et son roi est un film de conquête. Enfin, je l’espère. 31 Et la conquête, elle est partout à cette époque  : l’établissement de la République par exemple, ce ne sont pas des avocats qui écrivent un texte en essayant de se mettre d’accord, c’est une aventure collective, celle de tout un pays, de toute une nation qui bascule. C’est pour ça que le film s’appelle Un peuple et son roi. Parce que le mot peuple permettait de souligner l’aspect collectif de cette époque. Je ne voulais surtout pas amener le spectateur à suivre un destin individuel, ça aurait été un contresens. Et ces points de vue différents ont conduit le film vers une forme de singularité. Oui, et de ce point de vue, c’est le contraire de L’Exercice de l’État, qui restait cramponné aux basques de son personnage principal de la première à la dernière image. — Oui, c’était une monographie. Là, je voulais une fresque. Je tenais par exemple à un équilibre entre personnages masculins et féminins – c’est-à-dire mettre en avant la présence capitale des femmes dans la Révolution française. ▶ ▶



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :