Illimité n°280 septembre 2018
Illimité n°280 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°280 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : la révolution française comme si vous y étiez.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 – Décryptage Interview Texte Par & Alex Photo Vandevorst RC Photo DR – La satiété de consommation Avec I Feel Good, comédie décroissante de Delépine/Kervern où il incarne un ultra-libéral perdu dans un village Emmaüs, le Duj’en profiterait-il pour faire le deuil de son image de tête de gondole rutilante du box-office ? C’est la première fois que tu endosses un discours politique dans un film… — Je n’endosse rien, c’est un film de Kervern et Delépine. Je ne suis que le véhicule de leur comédie qui est aussi politique que poétique. C’est bien écrit, c’est singulier, c’est touchant. Les personnages cabossés de leurs films m’émeuvent et, ce que je recherche, c’est justement de l’émotion. Donc ce n’est pas une volonté de te politiser ? Non, c’est plutôt l’envie de revenir à quelque chose de plus artisanal… Delépine et Kervern ont trouvé ce village Emmaüs autogéré, tenu par Germain, un type incroyable, et ils ont d’abord voulu parler de cet endroit-là. À l’intérieur de ça, il y a Jacques Pora, mon personnage, qui est un chien dans un jeu de quilles et sert de prétexte pour faire un commentaire sur l’époque. Ton personnage tient quand même un discours qui a remporté les dernières élections  : la compétition, le libéralisme, l’entrepreneuriat… Difficile de l’endosser sans se positionner. Je ne suis inféodé à personne, c’est bien pour ça que je fais ce métier-là. Je n’ai jamais tenu de discours politique et je n’en tiendrai jamais. Après, peut-être qu’ils m’ont pris pour une image que je dégage malgré moi. Ce n’est pas pour autant que j’ai le sentiment d’incarner des valeurs de droite. Mais il faut être un intellectuel pour parler de ça, et je n’en suis pas un du tout. Je suis un acteur spontané. « Après l'Oscar, on ne sait plus qui tu es, ce que tu fais, si tu vis à Los Angeles, si tu parles encore français. » Oui, enfin, ça n’empêche pas de réfléchir. Certes, mais ma citoyenneté ou ma foi sont des affaires privées. Ça ne me rendra pas plus intelligent d’avoir un avis sur tout. Ce qui me plaît, c’est d’être un autre. Jacques Pora réunit toutes les névroses de Benoît et de Gus. Je crois même que l’aspect politique, en étant un peu trop manichéen, cache l’élan humaniste qui est le véritable enjeu du film. On a l’impression que tu vas chez Delépine et Kervern ou chez Dupieu (Le Daim, à venir) pour t’oxygéner. Mais alors si tu aimes ce cinéma-là, pourquoi faire Brice 3 ? C’est vraiment intime Brice, c’est ma création et il revient tous les dix ans ! C’est moi qui dis  : « Je I Feel Good Sortie le 26 septembre. vous ai prévenus, je ne m’enduirai pas du vernis de l’acteur à Oscar ! » Il y a une petite provoc, je me le prends dans la gueule. En même temps, le film marche, y a pas mort d’homme. Je n’exclus même pas d’en refaire un et de me reprendre les pieds dans le tapis. Mais ça permet de redevenir – pardon – « mortel ». Parce qu’après l’Oscar, tu ne l’es plus. On ne sait plus qui tu es, ce que tu fais, si tu vis à Los Angeles, si tu parles encore français. Et donc Delépine et Kervern… Ce sont des mecs qui viennent d’un autre pays, de Groland. Ils n’appartiennent pas au cinéma français. Ils viennent de temps en temps faire croire, se frotter, avec beaucoup de modestie… et pour le coup, ça les fait exister très fort. En fait, tu aimerais avoir, toi aussi, cette facilité à aller et venir à ta guise. Et ça tombe bien, c’est ce que je fais ! Aucune obligation de succès, aucune obligation de thème. J’ai des camarades shootés aux entrées. En dessous de 2 millions, ils vivent ça comme un échec.



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