Illimité n°280 septembre 2018
Illimité n°280 septembre 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°280 de septembre 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 130 Mo

  • Dans ce numéro : la révolution française comme si vous y étiez.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 – Focus Par AV Photo DR – Amours secrètes, passion publique Rafiki Sortie le 26 septembre. Comment filmer une histoire d’amour invisible, car socialement interdite ? C’est la problématique de Rafiki, romance kenyane entre filles dont la réalisatrice Wanuri Kahiu nous révèle les ficelles. 1. Si la société critique, critiquez la société Difficile pour deux amantes de s’aimer à Nairobi. Dans Rafiki, le regard désapprobateur des autres (mères, pères ou quidams puritains) se pose sur un flirt saphique. Les baisers furtifs des héroïnes sont guettés par des silhouettes postées dans la profondeur de champ, incarnant le poids de la tradition. « Puisque la société empêche mes personnages de s’aimer, explique Wanuri Kahiu, la réalisatrice, il ne serait pas réaliste de les voir vivre leur passion au grand jour. Je m’intéresse donc au monde alentour  : la campagne politique menée par le père de Kena est une manière de dénoncer l’aveuglement d’une classe conservatrice, pour qui l’amour – LGBT ou non – doit rester caché. Alors que l’amour est toujours politique ! » Et jouez-la comme… La Vie d’Adèle  : « J’aime la manière dont Kechiche a mêlé amour et lutte des classes  : tout est dans la scène de la première rencontre, au parc. L’amour est d’emblée limité par l’espace public. Ce fut un modèle d’écriture pour Rafiki. » 2. Glissez le diable (du désir) dans les détails (du décor) Si le passage à l'acte amoureux est interdit, il reste possible de le raconter à travers les décors. Le van où se retrouvent Kena et Ziki est ainsi la scène de leur passion ajournée  : la cachette semble parfaite, mais l’habitacle est aussi un étau emprisonnant les amoureuses. « Dans ce van, elles hésitent sans arrêt parce que la pression de l’extérieur continue d’exister. Il aurait été trop facile de les voir céder tout de suite au désir. Le décor clos permet de raconter que l’interdit existe aussi au sein du couple. » Et jouez-la comme… Carol  : « Mon film est beaucoup plus classique, mais Todd Haynes use de décors délimitant, restreignant, pour mettre en scène une relation lesbienne qui est elle-même restreinte. » 3. Cherchez la romance dans l’amitié L’absence d’effusions sexuelles ne veut pas dire que le désir est impossible à filmer  : l’amour peut aussi être platonique. « Les deux femmes passent par plusieurs phases, dont l’amitié. Leur but est d’accéder à une authenticité dans leurs rapports, d’ailleurs elles parlent de trouver « un endroit réel » pour vivre cette histoire. Une personne avec qui on est « vrai », c’est d’abord un ami – d’où l’effort de raconter une amitié. » Et jouez-la comme… Respire  : « Le film de Mélanie Laurent est mon modèle premier ! J’adore son cinéma, encore plus que celui des autres auteurs que je vous cite. Respire s’aborde aussi bien sous l’angle de la romance que de l’amitié. » 4. Pensez le film comme un nid d’amour Pour permettre aux personnages de s’amouracher en milieu hostile, le mieux est encore de bricoler un écrin pour leur flirt. « Quand je filme les héroïnes parmi la population conservatrice de Nairobi, je privilégie les couleurs primaires, les teintes rougeoyantes de la ville. Quand elles sont seules, l’image devient plus froide et légère, presque pastel  : c’est une manière de leur accorder l’espace amoureux que la société leur refuse. » Et jouez-la comme… Rafiki  : « Difficile de penser à un modèle  : c’est bien parce qu’on ne voit pas souvent cela au cinéma que j’ai réalisé Rafiki ! »
« Un jour, je me suis retrouvé à table avec François Hollande. » – L’homme du président Le Poulain Sortie le 19 septembre. Dans Le Poulain, Finnegan Oldfield incarne un jeune homme ordinaire propulsé dans les arcanes de la politique. Encore un grand rôle ténébreux pour lui ? Pas tout à fait, non, puisqu’il s’agit là d’une satire et de la première comédie du garçon. Qui nous raconte ce baptême. Par Michaël Atlan Photo RC Interview – 21 Vous vous êtes fait connaître au cinéma avec des rôles très sombres dans Les Cowboys ou Marvin ou la belle éducation, qui vous ont valu des nominations au César du meilleur espoir. Pour la première fois, avec Le Poulain, vous êtes le héros d’une comédie… — Oui, je suis très content car j’ai grandi avec les Monty Python et j’adore ça. Je savais qu’en m’engageant là-dessus, je sortais de mes clous, de ce que j’avais l’habitude de faire. C’était hyper intéressant. Ça me met un peu en danger. D’ailleurs, ça me plaît tellement que j’en ai refaite une, il n'y a pas longtemps. Ça relevait donc de l’évidence pour vous ? — Oui, mais Mathieu Sapin, le réalisateur, m’a beaucoup plu donc ça m’a donné confiance. J’ai le sentiment que, pour faire de la comédie, il faut se sentir chez soi, comme à la maison. J’ai tout de suite vu qu’avec Mathieu, ça pourrait être le cas. D’autant que ce n’était pas de la grosse comédie loufoque  : ça me plaisait de commencer avec ça. Ça aurait changé quelque chose si ça avait été le cas ? Après tout, vous jouez face à Alexandra Lamy qui est une habituée des comédies populaires… — J’ai vu tout de suite, en lisant le scénario de Mathieu, que ce ne serait pas ce genre de comédie, que ce n’était pas vers quoi il voulait se diriger. Quant à Alexandra Lamy, je trouvais que c’était une très bonne idée de la choisir elle. C’est un rôle dans lequel on ne l’a pas beaucoup vu, ce côté femme fatale mais un peu fragile. En plus, elle a un sens du rythme absolument incroyable et m’a beaucoup aidé à trouver le mien. Et les politiques, dont parle le film, ils vous ont inspiré ? Quelque part, ce sont eux-mêmes des comédiens… — Je voulais pratiquer, les connaître. J’ai donc pris le débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron pour m’entraîner, le débat final. Mais comme tu le trouves nulle part à l’écrit, j’ai réécrit la vidéo ligne par ligne. C’était marrant parce qu’en faisant cet exercice et en le jouant encore et encore, je me suis rendu compte que c’était un peu comme des répliques de théâtre, que c’était très joué. Vous en avez rencontré, des politiques ? Vous avez pu parler avec eux ? — La politique, c’est un milieu que je connaissais de très loin. C’est Mathieu qui m’a un peu emmené là-dedans. On a été à l’Assemblée nationale, on a traîné avec des gens. C’est toujours intéressant de s’imprégner d’une ambiance. Un jour, je me suis même retrouvé à table avec François Hollande. Je lui ai posé quelques questions. J’avais juste du mal à le vouvoyer et je l'ai un peu trop tutoyé. Mais il n’était plus Président, alors ça ne compte pas. (Rires.) C’était comme le boulanger du coin.



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