Illimité n°279 jui/aoû 2018
Illimité n°279 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : mission impossible, fallout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 – Le grand papier ▶ ▶ reçoit finissent toujours par s’autodétruire dans les cinq secondes, tous les épisodes de la saga Mission  : Impossible ressemblent à des reboot du précédent, ils se suivent sans jamais se ressembler. Comme si l’opus d’avant s’était lui-même auto-détruit au moment où l’on entrait dans la salle. Bien sûr Ving Rhames et/ou Simon Pegg reviennent pirater des ordinateurs impiratables à chaque fois que c’est nécessaire, mais c’est à peu près le seul lien (hors Cruise et musique de Lalo Schifrin) qui s’opère entre chaque volet. Au fond Mission  : Impossible n’est ni une saga ni une mythologie, c’est un label de qualité. « Tom Cruise vous garantit que vous allez en avoir pour votre argent et il va faire luimême ses cascades sous l’œil d’un grand réal »  : voilà pour la promesse. Respectée à chaque épisode, de surcroît. On est professionnel où on ne l’est pas. À l’époque où il a été engagé pour réaliser Rogue Nation, le cinquième épisode, ETHAN HUNT VS. THOMAS COOK L’ESPRIT MISSION  : IMPOSSIBLE, C’EST AVANT TOUT L’EXOTISME. RETOUR SUR LA SAGA EN SIX DESTINATIONS INCONTOUR- NABLES. « Mission  : Impossible » (1996) Le guide  : Brian De Palma Le site touristique  : Le bien nommé Akvarium de Prague, restaurants de fruits de mer qu’Ethan Hunt inonde en faisant exploser les bassins des crustacés. L’esprit local  : La froideur de l’Est rappelle l’ère communiste, la paranoïa qui va avec, et les bons vieux thrillersrs psychologiques dont De Palma est l’héritier. Ajoutez à cela son goût pour le raffinement européen (qui s’étend jusqu’au tunnel sous la Manche), et vous êtes sûr d’avoir trouvé l’excursion culturelle parfaite. Christopher McQuarrie n’incarnait pas vraiment la promesse d’une griffe visuelle, contrairement à ses collègues de franchise. Scénariste surdoué (Usual Suspects), réalisateur compétent sous obédience Peckinpah (Way of the Gun), le job lui semblait surtout offert à la suite d’une longue collaboration avec Cruise entamée en 2008 sur le tournage de Walkyrie (suivront Jack Reacher, qu’il réalise, et Edge of Tomorrow, qu’il se contente de co-écrire). Un homme de main donc, peut-être même un homme de paille. Surprise  : Rogue Nation était un excellent film, investi et spectaculaire, contenant la meilleure scène d’ouverture (l’avion, donc), la meilleure poursuite (la moto à contre-sens), le meilleur hommage à Hitchcock (la tentative d’assassinat à l’Opéra de Vienne), le meilleur personnage féminin et le meilleur méchant de toute la saga. Un film de (grand) cinéaste, indubitablement. On ne sait pas encore si la reconduction de McQuarrie à la tête de l’épisode suivant, contrecarrant ainsi tous les principes établis « Mission  : Impossible II » (2000) Le guide  : John Woo Le site touristique  : Monument Valley et ses rochers de feu qu’Ethan escalade aussi facilement qu’un caillou dans les bois de Fontainebleau. L’esprit local  : Les grands espaces vierges du western, le cagnard de plomb, les routes sinueuses empruntées par les Porsche affolées  : un rêve d’Amérique et de vitesse, que seul un non-Ricain comme Woo peut filmer comme il se doit. Embaucher deux fois de suite le même réalisateur, c’est offrir à la saga une continuité qui lui faisait défaut. par le saga, doit s’envisager comme une récompense pour services rendus où s’il suggère que Cruise a désormais d’autres plans en tête pour la suite de sa licence. Embaucher deux fois de suite le même réalisateur c’est offrir à sa saga une continuité qui lui faisait peut-être défaut jusque-là. McQuarrie promet, notamment dans l’interview ci-contre, que ce Fallout sera cepen dant très différent de Rogue Nation. Dans le même temps, quelques indices et quelques voix suggèrent que cet épisode sera celui où l’on fera véritablement connaissance avec Hunt, son entourage et ses affects. Sa femme, Julia, que tout le monde avait complètement oubliée, fera son grand retour, et le fidèle Ving Rhames confie, quant à lui, que ce sera le volet « le plus émouvant, le plus impliqué dans les relations entre les personnages ». Solomon Lane, le vilain du précédent et véritable double maléfique de Hunt, sera également de la partie, laissant penser que la saga vient de trouver son Blofeld (le méchant increvable et iconique des Bond). Autant d’éléments qui laissent penser que la mythologie Mission  : Impossible pourrait bien s’enclencher ici et maintenant, consacrant dans son sillage Ethan Hunt en véritable héros de cinéma. L’espion qu’on aimait ? C’est tout ce qu’on souhaite oui. « Mission  : Impossible III » (2006) Le guide  : J.J. Abrams Le site touristique  : Les marchés de Shanghai, traversés en slalomant par notre héros, sans avoir vraiment le temps d’acheter des nouilles épicées. L’esprit local  : L’univers urbain et industriel forme un maquis idéal pour se planquer, mais les traques y sont ardues. Parce qu’il aime les néons bleutés, Abrams est parfait pour transformer Shanghai en terrain de jeu futuriste  : quand Hunt saute du World Financial Center, on le croirait tombé d’un vaisseau en orbite.
ÇA S’PASSE COMME ÇA, CHEZ LE Mc IL EST LE PREMIER RÉALISATEUR À AVOIR EU DROIT À DEUX TOMES DANS LA SAGA. CHRISTOPHER MCQUARRIE NOUS EXPLIQUE LE POURQUOI DU COMMENT. Par Romain Thoral La franchise Mission  : Impossible va fêter ses 22 ans. Contrairement à la série des James Bond, elle n’a jamais changé de star, n’a jamais rien cédé à l’époque. Elle reste imperturbable et fidèle à elle-même. Qu’est-ce qui la rend si imperméable au temps qui passe, selon vous ? – Je crois que c’est une question d’esthétique. Tous les volets sont imprégnés d’une imagerie « classique », à l’exception peut-être du second qui est vraiment un film fidèle à son époque. C’est cette sobriété qui fait que la licence ne vieillit pas et, bien sûr, le fait que Tom Cruise soit l’épicentre de chaque chapitre. Lui non plus il ne vieillit pas. Il change juste de coupe de cheveux d’un épisode à l’autre. Vous êtes le réalisateur qui a le plus dirigé Tom Cruise. Vous avez fait trois films ensemble. Et il a joué dans plusieurs films que vous avez « seulement » écrit. Qu’est-ce qui vous unit à ce point ? « Mission  : Impossible Protocole Fantôme » (2011) Le guide  : Brad Bird Le site touristique  : Le Burj Khalifa de Dubaï. Plus haute tour du monde, mais c’est un détail pour un type qui escaladait des montagnes à mains nues dans le 2 e volet. L’esprit local  : Le faste, l’immensité des grandes villes orientales (Dubaï mais aussi Bombay) permet à Brad Bird de satisfaire sa passion pour le gigantisme  : le Burj Khalifa, c’est un peu un géant de fer croisé avec la cité futuriste d’À la poursuite de demain. – On considère tous les deux que rien n’est jamais acquis, voilà ce qui nous cimente. On a une vision commune de ce qu’est le travail bien fait et cela nous permet d’éviter toute tension. La seule pression qu’on a, c’est d’essayer de faire mieux à chaque collaboration. Vous savez, pour un metteur en scène, Tom est beaucoup plus qu’un acteur ou une star, c’est un véritable collaborateur – l’une des raisons pour lesquelles il n’a pas encore réalisé de films, je crois. Pour vous, Tom Cruise est Ethan Hunt, un héros très moral, mais il a aussi été Jack Reacher, un personnage plutôt ambigu. Est-ce que vous voyez une connexion entre ces deux personnages-là ? – Ce sont des hommes de principes et d’action. Je crois que l’un comme l’autre aimeraient bien être un peu tranquilles et qu’on ne les appelle pas à la rescousse. Ce qui les sépare, à mon sens, c’est qu’Ethan place son « Mission  : Impossible Rogue Nation » (2015) Le guide  : Christopher McQuarrie Le site touristique  : L’Opéra de Vienne, où l’assassinat du chancelier d’Autriche est méticuleusement évité par un Benji Dunnen nœud pap’et un Hunt encravaté. L’esprit local  : Tenue correcte exigée ici, un peu comme dans le premier volet  : Chris McQuarrie a envie de renouer avec l’élégance de la mise en scène, précise, douée d’ubiquité, presque hitchcockienne. équipe et le sens du collectif par-dessus tout alors que Reacher ne se préoccupe que de lui et de lui seul. Jusque-là, Mission  : Impossible était une franchise où les réalisateurs passaient la main après chaque épisode. Vous, vous venez d’en réaliser deux d’affilée. Doit-on comprendre que Rogue Nation et Fallout forment en fait un diptyque ? – Pas du tout ! L’idée est au contraire d’accoucher de deux films très différents en terme de look, de ton, d’intrigue, de spectacle, de tout. On a même changé une grande partie de l’équipe technique pour éviter tout sentiment de redite. Le fait qu’une bonne partie du casting de Rogue Nation revienne pour cet épisode a rendu ce challenge parfois compliqué. Mais j’aime les challenges. Vous êtes à l’origine un scénariste. Vous avez même écrit un des scripts les plus brillants des 25 dernières années, Usual Suspects. Était-ce délicat avec votre ADN de vous retrouver à la barre d’une grosse machine comme Mission  : Impossible ? – La première fois que j’ai réalisé (Way of the Gun), j’ai fait l’erreur que font tous les scénaristes qui passent à la mise en scène  : j’ai tourné un script au lieu de faire un film. À chaque film désormais j’essaie d’être moins dépendant des mots et plus confiant dans ma propre compréhension du langage visuel. J’ai appris à moins me concentrer sur ce qu’il y a d’écrit dans les pages du script, je grandis à mon rythme « Mission  : Impossible – Fallout » (2018) Le guide  : Christopher McQuarrie Le site touristique  : La Ville Lumière, mesdames et messieurs ! L’Arc de Triomphe, l’avenue de l’Opéra, le Trocadéro et la majesté haussmannienne  : rien n’est trop beau pour une petite cascade à moto.o. L’esprit local  : Quoi de mieux qu’une ville comme Paris pour parfaire ce que McQuarrie avait amorcé dans le cinquième volet - c’est-à-dire la beauté grandiloquente de chaque plan, même s’il dure une nanoseconde et sert à montrer un dérapage contrôlé ? 33



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