Illimité n°279 jui/aoû 2018
Illimité n°279 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : mission impossible, fallout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 – Rencontre Par Marc Ponceau Photo DR – Drôle d’Adam Dans BlacKkKlansman, le dernier film de Spike Lee, Adam Driver interprète un policier juif des 70’s infiltré dans le Ku Klux Klan. L’occasion pour lui d’ajouter un grand cinéaste de plus à son tableau de chasse. Après une période creuse, Spike Lee revient en force avec un sujet imparable  : BlacKkKlansman raconte l’incroyable histoire vraie de Ron Stallworth, un policier noir qui a infiltré l’organisation raciste Ku Klux Klan dans la ville de Colorado Springs au début des années 70. Entre comédie, thriller et satire politique, le réalisateur de Do the Right Thing délivre un message rassembleur et dépourvu de manichéisme, isme, avec cette association exemplaire d’un Noir et d’un Juif pour dénoncer l’extrémisme. Un film en forme de résurrection pour son auteur, qui est reparti de Cannes avec le Grand prix sous le bras. Visiblement ravi d’incarner ici le détective Flip Zimmermann, Adam Driver est la star du projet mais il n’en est pas le premier rôle – rôle échu à l’impeccable Ron Stallworth. À 34 ans, l’acteur poursuit une carrière admirable partagée entre grands auteurs et blockbusters massifs. Rencontre avec l’un des plus beaux CV du Hollywood contemporain. L’histoire du film date d’il y a plus de 30 ans. Vous la connaissiez avant d’être approché ? — Pas du tout. Lorsque Spike m’a contacté au téléphone, il m’a raconté cette affaire qui paraissait dingue. John David Washington était prévu pour jouer Ron Stallworth. J’ai dit oui tout de suite. Spike fait partie de cette liste de réalisateurs avec lesquels j’ai toujours rêvé de tourner. Qu’est ce qui vous a séduit chez Flip Zimmerman ? — Il est ouvert au changement, il semble très impliqué dans son métier jusqu’à ce qu’il se trouve confronté à la question de son histoire personnelle. Peut-on échapper à ses gènes ? Je pense qu’il s’en sort bien, il est fier de ses origines juives, c’est important pour lui. Ce nouveau défi l’incite à chercher activement à s’améliorer dans son métier alors qu’auparavant, il avait plutôt tendance à rester détaché, comme on l’avait entraîné à le faire d’une façon presque mécanique. Là, il comprend que, parfois, il faut laisser parler les émotions. C’était un parcours intéressant. Avez-vous trouvé un lien avec votre travail d’acteur, notamment dans cet aspect mécanique que vous évoquez ? — Oui, mais j’ai l’habitude de faire la différence entre le conscient et l’inconscient. Le conscient concerne les choses techniques comme apprendre les dialogues, connaître ses marques, savoir où tout le monde est situé sur le plateau. Mais à un moment, il faut faire traction de tout ça, se rebeller r contre l’emplacement de la caméra, des lumières, contre le abs- réalisateur, tout en restant disponible. Il faut prendre possession du plateau si votre instinct vous indique de le faire, même si vous ne comprenez pas exactement pourquoi. Lorsque ce genre d’impulsion arrive, il ne faut pas essayer de l’arrêter. C’est un équilibre à trouver. J’adore cette façon de vailler, qui permet de compléter ce qui est planifié avec quelque chose de spontané et d’inattendu. Et par chance, Spike est tra- ouvert à ce genre de suggestion. C’est un challenge particulier d’incarner un flic des 70’s ? On peut y arriver sans se confronter aux polars géniaux de l’époque ? — Avec Spike, on a beaucoup parlé de films des années 70, comme French Connection, ou Les Pirates du métro. Ron (Stallworth) a assisté aux lectures, mais tout était t dans le script. On est entré dans le détail page par page. John, Spike et moi avons fait attention à ce que chacun paraisse vrai et sincère. Ce n’est pas parce qu’on est dans les années 70 qu’il faut jouer d’une façon follement différente. Les vêtements conditionnent BlacKkKlansman Sortie le 22 août.
le comportement, ainsi que les coupes de cheveux et les décors, et inévitablement on absorbe l’atmos- phère. Mais je ne me suis pas laissé distraire par des contraintes techniques, du genre éviter de dépasser telle ligne sinon on verra des voitures ou du mobi- lier urbain anachroniques. En règle générale, j’essaie d’éviter autant que possible les distractions comme l’emplacement de la caméra. Parfois on ne peut pas l’éviter, et c’est douloureux. Ça ne fait pas si longtemps que vous faites ce métier et vous avez déjà eu l’occasion de travailler avec les meilleurs. Que vous ont-ils apporté ? — Je n’en reviens pas moi-même. casion se présente de passer quelque mois avec Mais quand l’oc- Martin Scorsese, vous ne dites pas non. Jarmusch non plus, ça ne se refuse pas. D’autant qu’il crée une atmosphère incroyablement détendue sur le plateau. C’est toujours plus agréable de travailler entre amis. Noah Baumbach est aussi très amical. Avec Spike, on a l’impression d’être en famille  : il travaille avec la même équipe depuis Do the Right Thing, et chacun sait ce qu’il a à faire. Il n’y a pas de temps perdu, et si quelque chose ne va pas, il faut le dire tout de suite. En fin de compte, Spike décide, mais tout est fait avec amour. En fin de compte, Spike décide, mais tout est fait avec amour. Avec qui d’autre rêveriez-vous désormais de tourner r ? — Hum… (Un petit temps de réflexion.) Michael Haneke, PedroAlmodóvar, Brian De Palma, Paul Thomas Anderson, la liste est longue… C’est parce que ces metteurs en scène-là valorisent les acteurs ou parce que vous aimez leurs films ? — J’aime leurs films. J’ai grandi en les regardant. Où en est votre projet avec Leos Carax ? — Ça fait trois ou quatre ans que nous essayons de mettre le projet sur pied. C’est une question de timing. Mais j’ai bon espoir qu’on y arrive. Je parlerai en anglais. Je crois que si j’essayais de parler en français, personne ne comprendrait ! ‘‘ UN FILM SUBLIME, ENTRE HARRY POTTER ET LE CHÂTEAU DANS LE CIEL » DISPONIBLE EN DVD, BLU-RAY ET VOD



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