Illimité n°279 jui/aoû 2018
Illimité n°279 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : mission impossible, fallout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 – Interview Par Romain Thoral Photo RC « Guy, le personnage, est une incarnation du divertissement à la française. » – Lutz, calme et volupté Avec Guy, Alex Lutz imagine la fin de parcours d’une star yéyé par le prisme d’un faux docu à travers la France populaire et ses salles municipales. Émouvant ? Tordant ? Entêtant ? Oui oui, tout ça. Guy Sortie le 29 août. Alex Lutz, le Guy Jamet du film, c’est un artiste qui se vit comme un artisan ou l’inverse ? — C’est un mec qui aurait pu être tout un tas de choses autre que chanteur de variété. C’est un artisan, c’est sûr, avec un petit ego d’artiste qui navigue comme ça à la surface et qui explique à la fois ses failles et son panache. C’est le deuxième film français, après celui de Xavier Giannoli, qui s’inspire ouvertement de la chanson « Quand j’étais chanteur » de Michel Delpech… — Bon sang, je n’y ai jamais pensé. Je vous assure que ce n’était pas conscient. J’ai surtout pensé à faire un objet de cinéma et à trouver un budget qui me garantirait une vraie liberté, d’où le principe du faux documentaire. À l’origine, je voulais parler d’un lieu imaginaire et puis, au fil de mes réflexions, l’envie d’acteur a pris le dessus et je suis tombé sur le personnage de Guy. C’est un personnage très français, un côté poujado, un côté charmeur, et c’est aussi un film sur la beauté de la France rurale, celle des sous-préfectures et des salles municipales, qu’on filme peu. Parfois on dirait presque du Depardon. — Je prends le compliment. Je suis très souvent en tournée donc je connais cette France-là, qu’on filme peu et que j’aime. Je sais ce qu’est notre territoire parce que je passe mon temps à l’arpenter et je n’ai jamais compris ces distinctions qu’on fait entre France d’en haut et d’en bas, Paris et province  : les gens sont les mêmes partout. En tout cas Guy, le personnage, est une incarnation du divertissement à la française. C’est une biographie à la fois anecdotique et collective, pas seulement une madeleine pour les nostalgiques des émissions des Carpentier. Enfin, j’espère… Le grand challenge, quand on fait un faux biopic de chanteur, c’est que ses tubes ressemblent vraiment à des tubes. Là, miracle, c’est le cas, impossible de sortir du film sans fredonner « Dadidou », le méga hit de Guy. — Ahaha, oui. Merci à Vincent Blanchard et Romain Greffe, les compositeurs de la musique du film. Ils ont travaillé sur une dizaine de chansons, des possibles tubes qui racontent différentes époques. Je leur avais fait un petit cahier des charges et on a bossé tout ça ensemble. On savait dès le début que si le répertoire de Guy n’était pas la hauteur ou trop parodique, le film ne fonctionnerait pas. Ex-idole yéyé, Guy est aussi un esthète de la pop qui aime citer John Denver, Joni Mitchell ou Cat Stevens… — La connerie aurait été qu’il ait chez lui une collection de disques qui ressemblent uniquement aux siens. Il a fait une carrière honorable en décidant de suivre l’air du temps, il a peutêtre eu un peu de lâcheté pour imposer son univers à l’industrie du disque. Mais il aime aussi ses chansons à lui, il n’en a surtout pas honte. L’un de ses tubes, « Le Slow avec la lune », est une adaptation d’une chanson de Dolly Parton. Guy, je le vois un peu comme une sorte de Dolly Parton local, une chanteuse dont on s’est un peu moqué à une époque mais qui chante avec tous les branchés d’aujourd’hui.
INFIRMIER Par Léontine Bob Photo DR Fiche d'orientation – 27 MON CORPS, TA BATAILLE Ok, c’est l’été... Mais pourquoi on ne parlerait pas d'orientation avant la rentrée ? Dans son nouveau documentaire De chaque instant, Nicolas Philibert nous fait pénétrer au cœur d’une palpitante formation d’infirmiers. Âmes sensibles, vous n’en sortirez que renforcées. PROFIL  : Nénette l’orang-outan à la ménagerie du Jardin des Plantes, journalistes et animateurs à la Maison de la radio, pensionnaires et personnel soignant à la clinique de La Borde… Cette fois-ci, Nicolas Philibert a choisi de poser sa caméra à l’IFPS de la Fondation Œuvre de la Croix Saint- Simon de Montreuil pour capter les apprentis infirmiers. Sans mot dire et avec la plus grande discrétion, il filme des femmes et des hommes, d’âges, de classes et d’origines diverses. Infirmiers, oui, mais dans quel service ? Car de la pédiatrie à la psychiatrie, le travail n’est pas le même, et viendra bien vite la question du choix… En attendant, curieux, attentifs et appliqués, ils s’instruisent et s’exercent. ACTIVITÉS/FONCTIONS EXERCÉES  : Après avoir observé l’acquisition de la lecture et de l’écriture dans Être et avoir et celle de la langue des signes dans Le Pays des sourds, le documentariste explore l’apprentissage des soins, technique et concret. Car utiliser un stéthoscope, recoudre une cicatrice ou aider à pratiquer la marche fessière, ça ne s’improvise pas. Le film avance progressivement en trois temps  : la formation à l’institut, la confrontation au terrain et un tête-à-tête bienveillant entre élèves et formateurs, post-stage, pour mettre des mots sur les expériences. Si, pendant les jeux de rôles, tout est permis, même simuler l’accouchement d’un homme, la pratique à l’hôpital et la rencontre avec les patients réels exigent bien plus de sérieux. De chaque instant Sortie le 29 août. QUALITÉS REQUISES  : Comme tout environnement professionnel, le milieu hospitalier a des codes et des règles à respecter. Certaines compétences sont préférables et certains défauts inenvisageables. Adroits bienvenus ! Bien sûr, il peut arriver de se sentir un peu gauche et d’ailleurs comment manipuler les instruments quand on est gaucher ? La concentration et la précision sont indispensables, comme le révèle la chirurgicale séquence des seringues. Taciturnes, des efforts sont prescrits ! Si vous êtes renfermé, il faut y remédier  : l’entraide et la complicité naissent dès la formation et se prolongent ensuite avec les collègues mais aussi avec les patients, parfois vulnérables, qu’il faut rassurer. Crados, s’abstenir ! Pour toucher les humains comme le matériel, il est nécessaire d’être propre. Et se laver les mains, ça se révise, sous les yeux de ses camarades et même en gros plan… CONDITIONS DE TRAVAIL  : La confrontation au corps abîmé et à l’âme tourmentée, il faut s’y préparer. Les sondes urinaires à poser, les plâtres à découper… Les gestes s’acquièrent et les mots aussi. Pas évident de se confronter aux étapes du deuil et de gérer des fins de vie quand on a une vingtaine de printemps. Tout ça dans un environnement qui n’est pas toujours bienveillant, où il faut être efficace et où les néophytes sont attendus au tournant. Il est toujours facile d’humilier les plus jeunes… Alors, il arrive que les infirmiers craquent. Le réalisateur capte ces instants intimes où les élèves livrent leur souffrance et leurs difficultés aux formateurs. La parole se libère et, audelà des mots, le film laisse au spectateur la place de s’imaginer les images.



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