Illimité n°279 jui/aoû 2018
Illimité n°279 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : mission impossible, fallout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 – Décryptage Par Romain Thoral Photo DR – Le meilleur des mondes Comment ressusciter le film young adult, genre autrefois florissant et désormais en plein creux de la vague ? En tentant une greffe de la dernière chance avec les films de super-héros, pardi. Le cocktail se dégustera cet été devant Darkest Minds  : Rébellion. Si le fer young adult a été bien battu lorsqu’il était chaud (l’époque des Twilight, des Hunger Games et de tous leurs clones), il apparaît désormais que les forgerons des majors hollywoodiennes peinent un peu à offrir sa nouvelle forme au genre. Le quatrième volet de la saga Divergente, par exemple, ne sortira même pas en salles et ira directement s’échouer sur vos écrans LCD. Bulle d’oxygène dans ce monde asphyxié, le succès de la trilogie du Labyrinthe a semble-t-il incité son studio, la 20th Century Fox, à ne pas lâcher l’affaire pour de bon. C’est en tout cas ce que raconte le lancement de la franchise Darkest Minds dont le premier volet, Rébellion, débarque d’ici peu sur les étals. Un pur projet young adult parce que peuplé d’ados bien lookées, parce qu’ayant cartonné en librairie au préalable (Les Insoumis d’Alexandra Bracken), parce que chapitré en plusieurs tomes et parce que plongé dans un univers dystopique (c’est-à-dire un futur cauchemardesque). Une nouvelle franchise parfaitement routinière, alors ? En fait pas du tout puisque le concept de cette nouvelle saga consiste à plonger le genre young adult dans les codes et l’imagerie des comic books. Notre époque semblait être en demande. Si le pitch vous rappelle quelque chose, c’est tout à fait normal  : dans un monde postapocalyptique, les teenagers ont disparu les uns après les autres. Les rares survivants sont dotés de pouvoirs psychiques incontrôlables. Afin de protéger la population, on les a parqués dans des camps ultra-sécurisés, mais un petit groupe Le genre young adult va tenter de s’en échapper. rencontre les codes et Puberté, pouvoir paranormaux et groupuscule mis l’imagerie des comic books. au ban de la société  : c’est évidemment la mélodie des X-Men qu’on nous rejoue ici sur une rythmique MTV. Que la Fox soit la propriétaire des deux licences ne doit pas forcément être un hasard. Le fait que le studio planche depuis plusieurs années sur un grand ravalement de façade pour ses X-Men ne semble pas vraiment fortuit non plus  : le film sortira à l’été 2019 et s’appellera Les Nouveaux mutants. D’ici là, il va bien falloir qu’adolescence se passe… Darkest Minds  : Rébellion Sortie le 8 août.
Le monde est à toi Sortie le 15 août. – Leklou  : du spectacle ! Repéré depuis Un Prophète, Karim Leklou est l’un des secrets les mieux gardé du cinéma français. Il s’apprête à exploser dans Le monde est à toi, deuxième film de Romain Gavras, en fiston d’Isabelle Adjani. Attention, la fusée décolle ici et maintenant. Par Romain Thoral Photo RC Portrait – 25 Karim, j’ai l’impression que toute l’industrie t’adore, que toute la presse t’adore, mais que le grand public ne te connaît pas encore. Tu te l’expliques ? — Ouh là ça commence sur les chapeaux de roues ton interview. Bon alors, déjà, je ne fais pas spécialement ce job pour être connu, et je ne sais pas si l’industrie et la presse « m’adorent », comme tu dis. Je fais ce boulot uniquement pour défendre des scénarios que j’aime, tout le reste m’importe peu. Après, j’ai toujours envie que mes films marchent, qu’ils soient vus, mais bon, le projet d’abord… Le Monde est à toi de Romain Gavras a plus de potentiel « populaire » que la plupart de tes autres films, non ? — Oui, et j’en suis ravi. J’aurais adoré voir ce film quand j’avais 17 ans. Enfin, j’aurais adoré le voir plus tard aussi. (Rires.) Et c’est vrai qu’il a une dimension très universelle, un emballage très pop, des gags, beaucoup de personnalité, des acteurs connus. Enfin beaucoup plus connus que moi… (Rires.) En quoi trouves-tu que le film a une dimension universelle ? — Il y a un discours sur l’époque dans lequel je me suis reconnu et qui va à mon avis parler aux gens. Mon personnage est à la recherche d'une certaine forme de normalité. Et je trouve qu’aujourd’hui c’est ce qu’il y a de plus compliqué et de plus stimulant  : le rêve de normalité. Aujourd’hui, où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, on ressent que le défi, c’est d’appartenir au monde. Pas d’être au-dessus ni en-dessous, mais dedans. Le monde est à toi ne parle que de ça. C’est ça qui vous différencie dans le film. Eux sont dans la composition, ils inventent des personnages très rigolos et hauts en couleur, toi tu es dans l’incarnation, plus minéral, plus stoïque. Ce qui est une constante dans ta carrière… — Tu trouves ? Moi j’ai l’impression de composer pas mal… Enfin je me dis surtout qu’il n’y a pas qu’une école ou un style de jeu, que rien n’est figé au fond dans l’interprétation. selon les rôles ou même selon les scènes, tu décloisonnes sinon tu deviens fou, tu ne t’amuses plus. Regarde Isabelle dans le film, elle fait aussi des choses très intérieures, vraiment dans l’incarnation… C’est ça qui est jouissif dans ce boulot. On connaissait la vista de mise en scène de Romain Gavras à travers ses clips et son premier long. On découvre là que c’est aussi un sacré directeur d’acteurs. — Il a fourni un travail en amont avec les interprètes qui est énorme, beaucoup de prépa, de discussions, d’essais. C’est un petit génie visuel, un super technicien, mais il n’oublie jamais ses acteurs, il est très psychologue, pas coincé en permanence derrière son combo. Et puis je crois qu’il savait que, avec Isabelle et Vincent sur son plateau, les autres acteurs allaient devoir se mettre au diapason. Une super stratégie, ça.



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