Illimité n°279 jui/aoû 2018
Illimité n°279 jui/aoû 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°279 de jui/aoû 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : mission impossible, fallout !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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22 – Interview Par Alex Vandevorst Photo DR – La traversée du désir Le destin d’un traumatisé crânien à la libido affolée peut-il donner matière à un film d’amour ? Bonhomme et son Nicolas Duvauchelle mis à nu prouvent que oui. Pour sa réalisatrice Marion Vernoux, ce sujet sensible est un défi de cinéma avant tout. Ce qui frappe d’abord avec Bonhomme, c’est votre envie de filmer différemment un personnage accidenté… Ce qui n’est pas le plus simple quand on veut aussi raconter une histoire d’amour. — Oui, et c’est ce qui explique le temps qu’il m’a fallu pour monter le film  : j’ai dû convaincre qu’en dépit du handicap de Piotr, il pourrait y avoir des enjeux romantiques, humoristiques, et pas seulement du pathos. J’aurais pu m’inspirer des films célèbres sur des personnages mentalement dérangés, type Rain Man. Mais c’était toujours à côté de l’histoire que j’avais en tête, qui avait sa propre tonalité… C’est aussi une gageure  : Bonhomme rend acceptable l’histoire de cet homme qui, malgré ce handicap déchaînant sa sexualité, reste désirable pour sa copine… et pour les autres femmes ! — C’est certain, mais la situation décrite dans le film est proche de la réalité  : 90% des hommes dont la compagne se retrouve avec de telles séquelles finissent par se barrer, alors que, à l’inverse, la majorité des femmes restent. Et dans certains cas, une vie sexuelle commune continue d’exister. De toute manière, l’idée d’un personnage qui continue de s’envoyer en l’air même s’il ne maîtrise plus complètement sa vie, cela ne me choque pas du tout tant que les rapports sont désirés de chaque côté. Je n’ai eu aucun problème à filmer cela. Il était important d’avoir une star comme Nicolas Duvauchelle dans ce rôle-là ? Bonhomme Sortie le 29 août. « Ce n’est pas possible de se mettre dans la tête d’un traumatisé crânien, donc il faut raconter le film d’un autre point de vue. » — Ah oui, c’est même sa présence qui aide à accepter la sexualisation du personnage. (Rires.) Il a longuement hésité avant d’accepter, et pour moi ce fut un très bon signe  : c’est qu’il a pris conscience du challenge… Mais la vraie héroïne du film, c’est Marilyn, jouée par Ana Girardot. C’est elle qui prend en charge son fiancé sans lâcher son travail en grande surface… — Ce n’est pas possible de se mettre dans la tête d’un traumatisé crânien, donc il faut raconter le film d’un autre point de vue. Forcément, pendant l’écriture je me suis identifiée plus facilement à la femme qui l’aime. Et qui, en effet, doit trimer tout en s’occupant de lui, car elle appartient à un milieu populaire… Ce qui ajoute du conflit au scénario  : la prise en charge devient une épopée. — C’est vrai, et puis cela n’arrive pas qu’aux gens riches ! Quelqu’un m’a dit quand je préparais le film  : « Ce ne serait pas mieux si cette tragédie arrivait à un couple de banquiers au sommet de l’échelle sociale ? À la rigueur, tes personnages n’ont pas grand-chose à perdre… » J’ai trouvé ça tellement horrible que ça m’a décidée à faire le film avec un joli couple fauché ! Le titre du film confirme que Marilyn fait preuve d’héroïsme  : elle se retrouve face à un « bonhomme », c’est-à-dire un petit garçon… — Il y a plusieurs intentions derrière le titre  : en effet, Piotr retrouve l’innocence d’un enfant. Et puis c’est aussi un « bon homme ». Sa nouvelle vie fait ressortir une sorte de bonté pure. Même s’il replonge dans la bestialité… C’est très complexe, et ça tombe bien parce qu’une telle relation n’est faite que de complexité.



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