Illimité n°278 juin 2018
Illimité n°278 juin 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de juin 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : notre cousine préférée...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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20 – Décryptage Par François Rieux Photos DR – Quand les femmes braquent Hollywood Dans Ocean's 8, vraie-fausse suite de la trilogie des Ocean's, Sandra Bullock et ses it-girls envoient au placard l’équipe de George Clooney. Un braquage digne de la chevauchée des Walkyries, en talons aiguilles et flingue sous la robe. Dans une pièce exiguë, assise sur une chaise, Sandra Bullock en combinaison orange de détenue ne s’en laisse pas conter. Elle a deux minutes pour convaincre le jury en face d'elle de la libérer. Cela ne vous rappelle rien ? 2001. Mêmes conditions de détention, même posture… George Clooney passait lui aussi sur le grill dans la scène d'ouverture d'Ocean's Eleven. Trilogie inégale mais suffisamment fun pour devenir une franchise, les Ocean's ont su marquer leur époque. Problème  : à part Julia Roberts, qui y jouait l'épouse de Clooney et servait de passe-plat au reste de l'équipe, aucune femme puissante dans les films de Steven Soderbergh. C'était peut-être dans l'air du temps. Un temps qu’on voudrait révolu comme en atteste ce remake au casting exclusivement féminin quelques mois après le tsunami #metoo. Acte politique ou opportunisme marketing, Ocean's n'est pas le premier exemple de féminisation dans la pop culture. Il y a deux ans, le remake 100% girly de Ghostbusters tenait lieu de prototype. Le film avait fait plus parler de lui avant sa sortie qu'après, mais les grands canaux mainstream ont finalement décidé de se caler sur son pas. Après 55 ans d'existence à la télévision anglaise, l'institution Dr. Who sera enfin incarnée par une femme dès la rentrée 2018. Par ailleurs, la seule grosse annonce industrielle de Cannes 2018, dont on revient tout juste, concernait une nouvelle franchise d'espionnage intitulée 355. Cornaquée par Jessica Chastain, cette licence venant faire de la concurrence à celle des Bond ou des Bourne mettra en scène une équipes d'agentes secrètes incarnées, entre autres, par Marion Cotillard, Penélope Cruz ou la star chinoise Fan Bingbing. Elle devra cependant cohabiter avec Ocean's 8 et avec son casting (lui aussi) monstre. De Sandra Bullock à Anne Hathaway, en passant par Cate Blanchett et Rihanna, cette association de malfaitrices haut de gamme Ocean’s 8 Sortie le 13 juin. Cette association de malfaitrices haut de gamme n’en a pas fini de braquer le box-office. n’en a, gageons-le, pas fini de braquer le box-office. Actrice oscarisée, icône hollywoodienne ou reine de l'entertainment… Le monde leur appartient. Cate Blanchett et Rihanna, chacune à sa façon et dans sa catégorie, sont les fers de lance d'un nouveau féminisme décomplexé et inspirent toute une génération. Des poids lourds dont l’influence déborde du cadre des réseaux sociaux et des salles obscures. Et on imagine bien cette équipée sauvage en mode furie mettre à mal des légions de mâles alpha en les étalant tantôt de leurs gros calibres, tantôt d'un simple regard ou d’une punchline acérée. Et à voir Cate Blanchett tordre son image chic avec une désinvolture à faire passer George Clooney pour un acteur tarkovskien, on pressent qu'Ocean's 8 frappe dans le mille et se déleste du patriarcal poids des précédents épisodes en évitant la décalque facile.
BANDE DE FILLES ELLES SONT DIVINES ET DANGEREUSES, NE CRAIGNENT PERSONNE ET S’ATTAQUENT À UN DIAMANT DE PLUS DE 150 MILLIONS DE DOLLARS… REVUE DE TROUPES. DEBBIE OCEAN, LA MENEUSE (Sandra Bullock) Il fut un temps où Sandra Bullock cassait la baraque en acolyte de Keanu Reeves dans un film que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître  : Speed, en 1994. Déjà, à l’époque, elle esquivait le cliché de la potiche, démontrant son goût pour l’action, la sueur et les contusions. Dans Ocean’s 8, elle est la chef du gang, tête pensante d’un braquage mirobolant pas près de se ranger des voitures. LOU MILLER, LA CONSIGLIERE (Cate Blanchett) Qu'elle incarne la grande Katharine Hepburn, la reine Elisabeth ou même Bob Dylan, Cate Blanchett trace sa route toujours nimbée d’une aura impériale. Peu importent les costumes qu’elle endosse, les masques qui se succèdent. Ici, elle est la partenaire en crime de Bullock, sorte de pendant féminin de Brad Pitt dans la trilogie originale. Avec son allure de bourgeoise qui n’a pas l’air d’y toucher, elle est peut-être la plus redoutable, une roublarde chevronnée aux grands yeux de biches. DAPHNE KLUGER, L’ÉLECTRON LIBRE (Anne Hathaway) Elle pourrait être l’ingénue du groupe. C’est du moins ce qu’elle laisse croire pour duper ses adversaires. Avec son joli minois, elle fait chavirer les hommes comme la Reine sur un échiquier. Elle, c’est Daphne, ou Anne Hathaway, c’est selon. Actrice un temps hypée dont on n’avait pas vraiment eu de nouvelles depuis l’Interstellar de Christopher Nolan, elle est la calculatrice hors pair dont il faut se méfier. NINE BALL, LA BAD GIRL (Rihanna) Rihanna et le cinéma, ça commence à être une histoire qui date. Une histoire ponctuée de seconds rôles dispensables et d’actes manqués aussi. Loin du rôle de troisième zone dans Battleship et de sa petite apparition dans Valérian, il se pourrait qu’Ocean’s 8 soit enfin le film qui la propulse dans l’industrie. Peut-être parce que son rôle n’est pas si éloigné de ce qu’elle dégage par ailleurs  : un miracle de sensualité insaisissable à la Foxy Brown, à la fois charmante et désarmante. Et une reine de la vanne. 21



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