Illimité n°278 juin 2018
Illimité n°278 juin 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de juin 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : notre cousine préférée...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 – Duo de gamme Par Perrine Quennesson Photo DR – Mariages mixtes Troisième collaboration entre la scénariste Diablo Cody et Jason Reitman, Tully apparaît comme la nouvelle entrée d’un journal intime écrit à quatre mains. Juno. Mavis. Marlo. Trois femmes en crise à la réplique cinglante et au look plus confortable que particulièrement étudié. Caractères de chien, peu concernées par la bienséance et fragiles. De Juno à Tully en passant par Young Adult, elles sont les héroïnes du duo Jason Reitman, réalisateur, et Diablo Cody, scénariste. Avec ces trois films, depuis 2008, le tandem paraît déployer un même univers dont on prendrait des nouvelles tous les quatre-cinq ans. Si les personnages sont différents, de par leur nom, leur situation ou leur âge, elles semblent jouer la même partition. Une partition organisée autour d’un seul et même thème  : la difficulté de grandir. Dans Juno, Ellen Page incarnait cette adolescente confrontée un peu trop vite à un choix d’adulte  : garder ou non un bébé qui n’était pas désiré. Dans Young Adult, Charlize Theron prenait le relais en jouant cette femme coincée psychologiquement dans une époque phare de sa vie, le lycée, refusant catégoriquement de prendre conscience de son environnement et d’aller de l’avant. Dans Tully, l’actrice blonde revient avec quelques kilos en plus pour être cette maman qui doit soudain accepter que l’espace qu’elle occupait doit désormais être laissé libre pour le bébé qui vient d’arriver. Ces transitions ne se font pas dans la douceur, la paire Cody/Reitman ne nous épargnant rien Tully Sortie le 27 juin. Le tandem paraît déployer un même univers dont on prendrait des nouvelles tous les cinq ans. de leurs doutes, de leurs colères et de leurs faiblesses. Comme me des animaux piégés, Juno, Mavis et Marlo réagissent avec violence à la situation dans laquelle elles se trouvent. La première rejette les autres et en particulier ceux qui souhaitent l’aider, la seconde toise le reste du monde et bat des records d’égoïsme et d’égocentrisme quand la troisième semble s’éteindre à petit feu, paraissant se laisser mourir un peu plus à chaque image. Portrait de femmes au bout du rouleau ? Récit en plusieurs épisodes d’une petite agonie ? Ce serait un peu simpliste de résumer ainsi le travail de Jason Reitman et Diablo Cody. Ce qui fait que les trois œuvres sont liées, hormis une fascination pour le détail et le gros plan sur des visages défaits, c’est avant tout leur ton. Sur une petite musique de la scène indé américaine, le duo ne se permet jamais de juger ses héroïnes modernes. Leur regard est toujoursurs bienveillant. Dans Tully, le personnage de Mackenzie Davis dit  : « Les filles se remettent de tout. » Ce à quoi celui de Charlize Theron lui répond  : « Non, on donne juste l’impression que tout va bien mais nous sommes toutes recouvertes d’anticernes. » Les films de Reitman et Cody tiennent tout entier dans cet aphorisme. Ils ne visent que ça  : savoir ce qui se cache derrière le maquillage des filles.
Avec Love, Simon, premier film de studio ouvertement pro-LGBTQ, Hollywood vire officiellement sa cuti. Enfin. Par Anouk Féral Photo DR Décryptage – 17 Love, Simon Sortie le 27 juin. – Ados majeurs En mars dernier, Xavier Dolan lui déclarait sa flamme sur Instagram, tandis que Kristen Bell et Neil Patrick Harris lui envoyaient gratis des spectateurs en achetant la totalité des places de certaines séances dans les cinémas de petites villes américaines pour les offrir au plus grand nombre. Love, Simon, l’émoi du mois, n’est même pas sorti ici qu’il est déjà un phénomène partout. Question ton, rien de nouveau sous le soleil (deL.A). Love, Simon est un parfait teen movie à la John Hughes (The Breakfast Club), maître pop du genre dans les années 80. Tous les ingrédients sont là  : le lycée d’une banlieue aisée, une bande de copains rigolos, une famille très présente avec, au milieu, un ado tourmenté par la question rituelle de l’émancipation  : qui suis-je ? Sauf que, contrairement à ses prédécesseurs, le film de Greg Berlanti loge la différence au cœur de la norme, dépose la marge au centre et attend qu’elle explose. Voici donc Simon, l’archétype du blondinet bon teint qui compte parmi les « cool » du lycée, et qui, quand il ne passe pas ses soirées à chiller avec ses potes bien dans leur peau, se prélasse avec sa famille aimante et ouverte d’esprit. Mais Simon a un secret  : il est gay, le sait et rêve d’aimer. Adapté du roman Moi, Simon, 16 ans, Homo Sapiens de Le film a embrasé le boxoffice US et déclenché le coming out de bon nombre de jeunes Américains. Becky Albertalli, le film pulvérise les clichés souvent accolés à l’homosexualité. Simon danse mal en cours de comédie musicale, n’est ni une folle maniérée enroulée dans un boa, ni un poète blafard et solitaire à qui on jette des cailloux. Non, bien dans ses Vans et ses sweats à capuche, Simon (joliment incarné par Nick Robinson, vu dans Jurassic World et La 5 e Vague) est juste un ado ordinaire qui aime les garçons mais n’ose pas l’avouer à ses proches. Acculé par un maître chanteur, il va devoir sortir du bois. Cette brèche dans la représentation des gays, Hollywood l’a voulue et façonnée à son image, frontale et enlevée. Consciente de son influence sur les masses, la Mecque du divertissement mondialisé s’est emparée de la question de l’identité sexuelle et de la porosité des genres, bousculant les standards. Ciblant spécifiquement son sujet, le scénario entoure Simon de figures symbolisant traditionnellement les « à-côtés » du mâle blanc dominant (les filles, les replets, les gens de couleur, les gays efféminés, les farfelus) qui, eux, s’assument pleinement, contrairement à Simon. Le normé devient le marginal et Love, Simon le premier film de studio (la Fox) entièrement consacré à une romance adolescente gay et ouvertement en faveur de la cause LGBTQ. Doté d’un budget moyen, le film a embrasé le box-office US, déclenché le coming out de bon nombre de jeunes Américains, mis d’accord spectateurs et critiques et devrait logiquement venir se ranger dans la catégorie des films générationnels. C’est que, au-delà de son fond révolutionnaire, Love, Simon est un bonbon touchant et sensible, porté par des seconds rôles pétulants et un humour délicieuse- ment abrasif. Car, si Hollywood ne comprend pas toujours vite, il com- prend bien, très bien.



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