Illimité n°278 juin 2018
Illimité n°278 juin 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de juin 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : notre cousine préférée...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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12 – Interview Par Anouk Féral Photos DR SEBASTIÁN LELIO – L’homme qui filmait les femmes C’est surprenant de vous retrouver là. Un film avec deux stars internationales, dans la communauté juive de Londres, très pratiquante et austère… — Après Gloria, j’ai eu des propositions de script en anglais. Je n’ai flashé sur aucun, jusqu’à Désobéissance. Que Rachel Weisz soit à l’origine du projet, qu’elle produit, a été déterminant. Et cette histoire de triangle amoureux – un couple et leur amie d’enfance, ex-amante de l’épouse – sur fond de rigorisme religieux m’a touché. Oui, on retrouve une thématique qui vous est chère, la famille de cœur qui va à l’encontre de celle de sang et, souvent, de la bien-pensance… — La famille, en tant qu’unité à explorer, m’obsède. La réinventer en fonction de son identité profonde, ça peut être la lutte, l’affaire d’une vie. Et donc d’un film. Que reste-t-il de « vous » dans ce projet qu’on vous a apporté, tiré du roman de Naomi Alderman et initié par une des actrices ? — Mon identité de cinéaste, je crois. Ma soif Surprise  : Sebastián Lelio, le réalisateur chilien d’Une femme fantastique, film fougueux et sans vedette, revient avec Désobéissance, un drame à double tête d’affiche hollywoodienne, Rachel Weisz et Rachel McAdams. Et pourtant, un fil invisible continue de relier ses œuvres. Tête à tête. de personnages complexes, je dirais même de personnes, plus que de personnages. Au fond, un registre assez brut, auquel on voit peu de stars de cette envergure se frotter. Vous pensez notamment à la scène très sensuelle entre les deux femmes ? — Je fais toujours un storyboard avant de tourner. Cette scène était très succincte dans le script. Je n’ai pas su la dessiner. J’ai laissé les actrices improviser et c’était parfait. Mais c’est une histoire d’amour tout court, pas une histoire de lesbiennes, un film avec une « cause ». Ceci dit Une femme fantastique n’était pas un plaidoyer transgenre mais, au Chili, le film a tout de même permis le vote de lois en faveur des transsexuels. Tant mieux ! Cette communauté juive là est mystérieuse et fascinante à observer. La religion, c’est sexy à filmer ? — Oh oui… Prohibition et désir vont toujours de pair. L’interdit érotise tout. Vos précédents films vous ont rangé dans la case « réalisateur à femmes », mais ici la trajectoire du mari est Désobéissance Sortie le 13 juin. aussi captivante que celle des femmes. Il est ébranlé dans sa foi religieuse, dans sa spiritualité intime… — Merci de me dire ça. Je viens de réaliser le remake américain de Gloria avec Julianne Moore, ça ne va pas m’aider à décoller cette étiquette. (Rires.) Même si je ne lutte pas contre. Une des raisons pour lesquelles j’ai dit oui à Désobéissance est le mari. Il incarne une masculinité peu représentée au cinéma. Il déjoue les clichés du mari jaloux, il laisse agir sa part « féminine ». Désobéissance est un film à trois héros qui se répondent comme une partition de Bach, pas un film à deux héroïnes. Vous avez « remaké » vous-même Gloria car vous aviez peur que les Américains ne sachent pas faire ? — Non, haha. Au début je ne voulais pas faire de remake et puis Julianne est entrée dans la boucle et ça m’a convaincu. C’était risqué et beau d’essayer de donner une nouvelle vie à ce film dans un contexte différent. Depuis le premier Gloria, il y a eu le Brexit, Trump, la montée des extrêmes droites… Filmer une femme qui n’aime rien d’autre que danser, rire et boire est devenu une nécessité.
Tsugouharu Foujita, peintre français d’origine japonaise, Paris, 1926. Fondation Foujita/Adagp, Paris, 2017. Photo  : Madame D’Ora/Ullstein Bild/Roger-Viollet #ExpoFoujita 2O18 1886-1968 FOUJITA 5OANS



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