Illimité n°278 juin 2018
Illimité n°278 juin 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°278 de juin 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 122 Mo

  • Dans ce numéro : notre cousine préférée...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 – Rencontre Par Romain Cole Photos DR & RC Il reste un vague souvenir de la première fois où l’on a vu Malik Bentalha. C’était il y a longtemps déjà. Quelque part au tournant de la décennie. Ça devait être à la télévision, Jamel Debbouze qui le présentait comme l’héritier naturel de son trône médiatique. « Après moi, c’est lui que vous allez aimer », semblait annoncer Jamel, donnant à ce moment de promo les accents prophétiques d’un parricide fantasmé par l’idole. « Jamel m’a mis en avant partout, sur scène, dans les médias… Ça m’embêterait d’entendre un jour  : « J’ai lancé Malik, mais il n’a pas su saisir sa chance » », nous dit l’intéressé sur le ton de la confidence, dans un bar à banquettes en velours turquoise. Car Malik s’applique très fort à tenir son agenda de devenir une grande, grande star. Et ce, avant même que Jamel l’ait désigné publiquement. « J’en ai toujours rêvé. Je viens d’une petite ville qui s’appelle Laudun dans le Gard et quand je disais à mes copains que je voulais travailler avec Jamel et faire des films, ils me riaient au nez. Quand je revenais pour les vacances et que ça ne marchait pas, on m’appelait le clown. Aujourd’hui, je rêve de faire une carrière aux États-Unis, de faire partie des 50 personnalités préférées des Français, d’avoir ma statue au musée Grévin, je rêve de gagner un César, un BAFTA, d’aller à la Mostra de Venise et de faire des films qui – Magic Malik Avec Le Doudou, Malik Bentalha enchaîne son troisième potentiel gros succès au cinéma, après Pattaya et Taxi 5. Une stratégie de conquête qu’il nous explique tranquillement car, oui, tout cela était prévu. titillent Les Ch’tis et Intouchables… Je me nourris de ces rêves-là. Et si un jour j’en accomplis un, je passe au rêve suivant. » Ainsi s’impose immédiatement Malik comme un freestyler doté d’un sacré flow incantatoire. Il déclame ses mantras avec la conviction d’une pub télé, vous décontenance de son enthousiasme explosif, vous fait rêver avec lui à son succès. Il doit d’ailleurs une partie de sa carrière à cette manière très directe de formuler ses désirs. Avec Jamel, donc, chez qui il est allé taper à la porte en arrivant à Paris. Avec Gad Elmaleh qu’il a abordé dans la rue et qui lui a filé sa première partie à Bercy, avec Frédéric Lopez auprès de qui il a insisté pour faire un Rendez-vous en terre inconnue, avec Luc Besson, auquel il a envoyé un message sur Instagram lui demandant de remaker Taxi avec son pote Franck Gastambide. Aujourd’hui, il s’apprête à sortir son troisième film en tant que rôle principal, Le Doudou. Un buddy movie rythmé et punchliné qui, sous-prétexte de partir avec Kad Merad à la recherche du doudou de la fille de ce dernier, enchaîne des tableaux pleins de personnages cramés et d’invités en roue libre. Une version 2018 de La Chèvre, où Malik fait étinceler son grand sourire blanc de retraité américain au côté d’un Kad qui joue le Droopy ronchon comme jamais. « C’est ce qui marche en France, les antagonismes. La Grande Vadrouille, Le Doudou Sortie le 20 juin. Intouchables, Bienvenue chez les Ch’tis… C’est toujours deux types qui n’ont rien à voir. Et puis cette formule-là me convient très bien, je m’y retrouve pendant le tournage. Ça permet de ne pas tout porter sur ses épaules, de se décharger d’une certaine pression. Jouer aux côtés de Franck Gastambide, Kad Merad ou Gilles Lellouche (à venir, dans le prochain film de MohamedHamidi qui sortira en 2019,ndlr), c’est une manière de m’imprégner de ce qu’ils font, de les observer et de grandir. » Son vestiaire semble tiré d’un clip de Dr. Dre  : vestes Carhartt oversized, pantalon large et Air Force blanches immaculées. Un style qui raconte autant ses playlists de motivation qu’une puissante discipline à garder ses fringues fraîches et craquantes. Sa tournée, baptisée Encore, reprend le titre d’un album d’Eminem, s’étend jusqu’en 2019 et promet un Olympia et plus de 50 dates. Absolument rien n’est laissé au hasard. Malik est ce genre de star 2.0 dont rêvent tous les producteurs. Il maille avec dextérité les réseaux sociaux, les plateaux télé et les moindres salles de la France profonde, comme s’il voulait être élu président en 2022. « On ne profite pas assez, parce qu’on prépare déjà l’étape suivante. On en vient à ne pas apprécier les moments, comme là avec Taxi… Le seul moment de sidération dont je me souviens, c’est quand on est allé voir Luc Besson à la Cité du Cinéma et qu’il nous a dit OK. On était surexcités. Après, on perd cette magie, parce qu’on est dans les chiffres, parce qu’on se met dans la comparaison. Il faut arriver à apprécier le moment présent mais, en même temps, on est tellement concentré sur nos carrières, on a tellement envie que ça continue. Qu’est-ce que le public va vouloir ? Qu’est-ce qu’il va aimer ? Ce sont des questions que je me pose tous les jours. Est-ce que je vais continuer à faire rire les gens ? » Le stakhanovisme pour oblitérer ses angoisses existentielles, c’est pas nouveau. Mais Magic Malik double son acharnement d’une candeur à la puissance séductrice imparable et, très vite, il devient inconcevable, pour lui comme pour nous, qu’il n’ait pas cette fichue statue au musée Grévin.
« Aujourd’hui, je rêve d’avoir ma statue au musée Grévin… »



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