Illimité n°277 mai 2018
Illimité n°277 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de mai 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 99,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur les mères.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Spécial CANNES 2018 8 – Trombinoscope Par Romain Thoral & Alex Vandervorst Photos DR Cannes  : la compète 2018 Moins d’habitués, plus de nouvelles têtes, la Sélection 2018 renoue avec un certain sens de la radicalité. Revue d’effectif. « DOGMAN » de Matteo Garrone Le plus sanglant Avec Gomorra, Garrone avait révélé l’envers hallucinatoire de la mafia. Rien d’étonnant à ce qu’il renoue avec le crime sordide à l’italienne, mais cette fois-ci commis dans la banalité des HLM grisous, où le patron d’une animalerie se heurte à un caïd local encore plus féroce que ses rottweilers. La gueule béante de ces derniers le trahit  : il y aura des crocs, du sang et des aboiements. « SHOPLIFTERS » de Hirokazu Kore-Eda Le plus mimi Kore-Eda sur la Croisette, cela devient un rituel, notamment dû au nouveau rythme de tournage effréné du Japonais  : son Third Murder mature à peine dans nos esprits qu’il revient avec une héroïne va-nu-pieds recueillie par une famille de voleurs à l’étalage, dans ce qui s’annonce comme un conte de fées social à hauteur de gosse. « EN GUERRE » de Stéphane Brisé Le plus Internationale Il avait réveillé le naturalisme à tendance militante en 2015 avec La Loi du marché, déjà en lice à Cannes. Il n’y avait pas de raison que Brizé ne revienne pas avec En guerre, qui prolonge la croisade entamée sous Hollande par un Vincent Lindon aussi frondeur que moustachu, et dont le pas se règle sur celui des conflits sociaux de ce printemps. « LE LIVRE D’IMAGE » de Jean-Luc Godard Le plus agit-pop JLG et Cannes, ça a toujours été fort et compliqué  : agitateur de consciences en 68 (« Je vous parle solidarité avec les ouvriers et vous me parlez travelling, vous êtes des cons ! ») , spectre honoré mais absent, il est de la fête un an après le portrait grinçant du Redoutable et ce, en même temps que l’affiche de Cannes 2018 rend hommage à Pierrot le fou. Fort et compliqué, on vous dit. « LES FILLES DU SOLEIL » d’Éva Husson Le plus bang bang Surprise de retrouver Éva Husson, réalisatrice de Bang Gang en 2016, dans le grand bassin de la Sélection officielle. Les Filles du soleil marque un changement de braquet, on y suivra un groupe de soldates kurdes, tout en promettant le même genre d’iconoclasme, d’autant que le grand manitou cannois Thierry Frémaux a promis un « vrai film de femme » – en réponse au séisme #metoo ? « BURNING » de Lee Chang-Dong Le plus trouble La Corée revient en compète, mais avec un auteur qui n’est pas exactement du même sérail que Park Chan-Wook ou Bong Joon-Ho  : plus loin du genre mais tout aussi près de la grande forme, Chang-Dong (ex-ministre de la Culture chez lui) s’intéresse au triangle énigmatique (et amoureux ?) formé par deux hommes et une femme. « NETEMO SAMETEMO 1 ET 2 » de Ryusuke Hamaguchi Le plus vertige de l’amour Happy Hour avait ravi les cinéphiles (du moins, les cinéphiles japonisants  : il n’est jamais sorti ici), son Senses déboule dans les salles françaises ce mois-ci. Il y a donc de quoi miser une petite pièce sur le nouveau Hamaguchi, qui suit les traces d’une jeune femme troquant son amoureux mystérieusement disparu contre un sosie au tempérament opposé. Un remix de Vertigo, donc ? Encore un ? « CAPHARNAÜM » de Nadine Labaki Le plus rare Le pays du Cèdre a rarement mis les pieds en compétition, mais le nom de la réalisatrice Nadine Labaki sonne peut-être familier  : la Quinzaine et Un certain regard lui avaient déjà donné l’occasion de se distinguer, avec des préoccupations moins sensibles que celle de Capharnaüm  : « La voix d’un enfant qui réclame une vie digne au nom de tous les déshérités de la Terre. »
« PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE » de Christophe Honoré Le plus me, myself and aïe Le titre résume à lui tout seul la filmo de Christophe Honoré, maître des romances parisiennes chantonnantes ou embrasées. Mais gageons que ce film-là sera encore plus personnel  : Honoré organise une rencontre amoureuse, en 90, entre un écrivain parisien et un étudiant rennais joué par Vincent Lacoste, en qui on devine le parfait alter ego du cinéaste. « THREE FACES » de Jafar Panahi Le plus sous scellé Le dissident politique Panahi poursuit son œuvre contre vents et marées, et défie cette fois le régime iranien avec une fable qui résonne fort avec les classiques locaux de Kiarostami  : trois portraits de femmes s’imbriquent dans un road movie éthéré. Trois manières d’envoyer un soufflet féministe au visage des mollahs ? « LE POIRIER SAUVAGE » de Nuri Bilge Ceylan Le plus glam Seul cinéaste déjà palmé de cette compétition, le « Bergman turc » revient en Anatolie pour diagnostiquer les tourments d’un jeune écrivain en quête de publication. Les premières images dévoilées évoquent une nouvelle prouesse formelle de premier ordre. La passe de deux ? « BLACKKKLANSMAN » de Spike Lee Le plus venèrrrrrrre Spike Lee revient et il n’est pas content, surtout avec le climat trumpesque. Sale période qui l’incite à raconter le premier cas connu d’infiltration du Ku Klux Klan par un flic noir, comme l’annoncent les K en trop de ce titre impossible (qui rappelle aussi le Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de l’aïeul Melvin Van Peebles  : la boucle est bouclée). « COLD WAR » de Pawel Pawlikowski Le plus « coup de polish » Après l’engouement surprise pour Ida, Pawel Pawlikowski adopte une envergure plus grande encore et esquisse une fresque historique mâtinée de romance entre un musicien revenu de la Pologne stalinienne et une chanteuse parisienne. Deux forces contraires qui promettent une passion entre esthètes sous les auspices de la grande Histoire. « YOMEDDINE » d’Abu Bakr Shawky Le plus kickstarté Le cinéma égyptien ne s’était pas renouvelé depuis longtemps. Alors voir un cinéaste concourir pour la Caméra d’or est d’autant plus réjouissant. Surtout que Yomeddine est annoncé comme une comédie grinçante (et financée par micromécénat) à dos d’âne, quelque part entre un western postmoderne et une version moyen-orientale d’un Don Quichotte lépreux. « UNDER THE SILVER LAKE » de David Robert Mitchell Le plus grand sommeil Avec It Follows (à la Semaine de la critique en 2014), Mitchell redonnait espoir aux nostalgiques d’horreur zombiesque. Les fans de « néonoir » lové dans un Los Angeles suave et interlope (façon Chandler) peuvent, à leur tour, exulter  : Mitchell investit ce territoire-là, avec Andrew Garfield à la place de Bogart (et pourquoi pas ?). « LETO » de Kirill Serebrennikov Le plus sous-scellé (bis) 9 On attend Serebrennikov pour deux très bonnes raisons  : d’abord il est, comme Jafar Panahi, assigné à résidence par son gouvernement, et on espère que Cannes lui fera défier l’ordre établi aussi bien que les âmes revêches qui lui inspirent son film, ode à la rockstar Viktor Tsoi, chanteur du « Led Zeppelin russe » (ce qui constitue la deuxième bonne raison de l’attendre de pied ferme). « ASH IS PUREST WHITE » de Jia Zhang-Ke Le plus cendres et brigands Retour de la Chine carnassière et rongée par le crime, comme on ne l’avait pas vue à Cannes depuis, depuis… c’est bien ça, depuis le dernier Jia Zhang-Ke présenté en officielle, A Touch of Sin. Cette fois, le portraitiste à la dure de la plus grande nation d’Asie sort de l’actualité de son pays pour esquisser une romance située en 2001 – mais sur fond de gangstérisme. On ne se refait pas.



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