Illimité n°277 mai 2018
Illimité n°277 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de mai 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 99,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur les mères.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 – Le grand papier ▶ ▶ Audrey, dans La Fête des mères, vous interprétez une présidente de la République qui est aussi une jeune maman, et c’est comme si les problé matiques de votre personnage rejaillissaient ensuite sur toutes les autres femmes du film. Marie-Castille, c’est ce rôle-là qui est le point de départ de La Fête des mères ? — Marie-Castille Mention-Schaar. Un peu, oui. Moi, ce qui m’intéressait à travers ce personnage, c’était de traiter une problématique classique  : une femme tombe enceinte. Mais de m’imaginer ce qui se passe lorsqu’il s’agit d’une chef d’État qui aurait un enfant au beau milieu de son mandat. Le personnage d’Audrey représente dans mon film le haut de le pyramide. On va ensuite inspecter tous les autres étages de cette pyramide à travers d’autres histoires sur des femmes plus anonymes. J’aurais pu faire un film sur chacune de ses femmes, mais j’ai choisi de les traiter plutôt à l’intérieur d’un film choral. Ça résonnait plus fort. — Audrey Fleurot. Le fait que mon personnage ait un enfant durant son mandat soulève des problématiques intéressantes pour chacun d’entre nous. Est-ce que, en tant que citoyen, je me sentirais trahi si j’étais confronté à ce cas de figure ? Et, si oui, pourquoi donc ? — M.-C. M.-S. À vrai dire, c’est un sentiment assez courant dans le monde du travail. J’ai des tas d’amies dont le patron s’est senti trahi quand elles leur ont annoncé qu’elles étaient tombées enceintes, alors que ce n’était pas forcément « planifié ». Ça crée un doute, parfois ça conduit même à des menaces. C’est un sentiment injuste sur lequel on doit tous travailler. Collectivement. — A.F. On est considérée comme « malade » quand on est enceinte. Moi, j’ai fait deux films durant ma grossesse et j’étais sur les planches trois semaines après mon accouchement. Souvent mes consœurs comédiennes le cachent le plus longtemps possible, c’est terrible. Audrey, c’est assez rare pour être souligné, c’est la deuxième fois que vous jouez une chef d’État… — A.F. (Rires.) J’étais la présidente des États- Unis dans Mais qui a re-tué pamela Rose. Cette fois, je suis descendu d’un cran, je suis « Souvent mes consœurs comédiennes cachent qu'elles sont enceintes le plus longtemps possible, c’est terrible. » simplement la présidente de la France. Je vais finir maire d’un village si ça continue… (Rires.) Ça dit quand même qu’on t’imagine comme quelqu’un qui en impose. — A.F. Alors que, dans la vie, pas du tout ! (Rires.) Je sais que ma voix et mon physique renvoient ça. C’est très difficile à expliquer pour moi. Mais je sais que, dès que je mets un tailleur, j’ai l’air tout d’un coup très sérieuse. Je m’en accommode bien. J’aime les rôles de femmes fortes. Même quand j’avais 20 ans, on me confiait les rôles de mère au Conservatoire, jamais les jeunes premières. — M.-C. M.-S. C’est vrai qu’Audrey impose cette image d’une femme forte. Et en plus, elle est rousse ! (M.-C. M.-S. est également rousse,ndlr) — A.F. Une espèce en voie de disparition. (Rires.) — M.-C. M.-S. Oui mais j’ai mis plein d’actrices rousses dans le film. Un acte militant ! — A.F. Je tiens quand même à dire que, un jour, à ma grande surprise, je suis arrivée sur le plateau costumée et coiffée EXACTEMENT comme Marie-Castille. Donc là, j’ai compris
que j’étais le personnage auquel elle s’identifiait. (Rires.) Le film, choral comme on l’a dit, fonctionne beaucoup sur des principes de rimes visuelles ou thématiques pour créer du liant entre chacune de ses histoires. Vous l’aviez écrit de cette manière à l’origine, ou ça s’est décidé au montage ? — M.-C. M.-S. Dans quelques mois, je crois que je vais m’amuser à relire le scénario pour voir tout ce qui a pu changer au final. Actuellement, j’en suis incapable… — A.F. En lisant le scénario, je sentais que le film allait « naître » au moment du montage. Il y avait beaucoup de matière, de quoi faire trois films différents. Je n’avais aucune idée du « produit fini », j’avais juste l’intuition que ça allait être super. Et la conviction qu’il fallait faire partie de cette aventure. — M.-C. M.-S. Il y a toujours de grandes différences entre mes scripts et mes films, les gens qui ont l’habitude de travailler avec moi le savent. Néanmoins là, oui, c’était un vrai challenge. Parce qu’on passe d’une histoire à l’autre, parce qu’il y a une dizaine de personnages principaux, parce qu’il faut faire en sorte que tout s’entremêle. Le sujet du film, c’est évidemment la maternité, mais il n’exclut jamais les hommes de l’équation. En fait, il suffit d’avoir une mère pour être touché par son propos. — M.-C. M.-S. Oui, je m’en rends compte ces temps-ci grâce aux avant-premières. Beaucoup d’hommes en sortent très émus. J’ai même vu un monsieur qui avait facilement dépassé la soixantaine se mettre à pleurer à la toute fin. C’était ça, le sens du projet, livrer un témoignage sur les mères. Au-delà de ça, j’ai surtout l’impression que c’est un film sur le temps qui s’écoule. Le moment où l’on passe d’enfant à parent. D’ailleurs le film débute à l’intérieur d’une horloge. Ce n’est pas un hasard, non ? — M.-C. M.-S. Ah oui, c’est assez conscient ça, l’horloge. C’est un sujet qui me passionne, ce qu’on laisse derrière nous, le passage du temps, la boucle de la vie. Il y a ces sujets à l’intérieur de tous mes films. La Fête des « La Fête des mères, c’est un film dont des motifs se sont retrouvés dans chacun de mes films précédents. » mères, c’est un film que j’ai en tête depuis très longtemps et dont des motifs se sont retrouvés dans chacun de mes films précédents. Pourquoi ne pas l’avoir réalisé plus tôt, alors ? — M.-C. M.-S. Le Ciel attendra traitait de l’endoctrinement djihadiste, et quand j’ai eu l’idée de ce projet, j’avais besoin de le traiter tout de suite, c’était urgent. La Fête des mères est un film plus intemporel. J’avais le droit de lui laisser du temps. On y revient toujours à cette idée du temps. (Rires.) En tant que femme, on a des rendez-vous avec notre horloge biologique qui sont infernaux. On n’a pas le temps de prendre le temps.



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