Illimité n°277 mai 2018
Illimité n°277 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de mai 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 99,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur les mères.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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26 – Décryptage Par Alex Vandevorst Photos DR En théorie, Deadpool, c’était l’histoire d’un kamikaze avec le sens de l’humour. L’histoire d’un type qui, n’ayant plus rien à perdre (on lui avait diagnostiqué un mauvais crabe), se transformait un beau matin en super-héros. Pas pour rendre la justice héroïquement, mais pour balancer une bonne volée de napalm sarcastique sur le régiment des vengeurs qui n’en finissent plus de sauver le monde. Une mouche dans le lait, un troll dans l’écurie Marvel qui avait conscience, lui, de vivre dans un univers codifié. Il se gaussait de cette piteuse condition en nous asticotant aussi, nous, public naïf et accro à ces histoires d’apocalypses évitées grâce aux prouesses d’une bande de gus en carapaces bioniques. Rien à faire de rien  : de toute manière, après avoir répandu son fiel narquois, il devait tirer sa révérence dans un grand éclat de rire suicidaire. Mais voilà que le public en redemande, des tartes à la crème. Le carton surprise du premier volet marque un record de rentabilité et Deadpool s’offre donc un retour aux affaires. On a le droit de s’en étonner  : lancé dans une logique de franchise, le bateleur déglingo de Ryan Reynolds ne s’expose-t-il pas à un paradoxe ? Une licence super-héroïque, voilà qui suppose d’assumer son omniprésence, d’offrir de petits rituels à ses fans, Deadpool 2 Sortie le 16 mai. – À qui profite le rire ? Alors qu’il devait dynamiter la galaxie Marvel puis disparaître, le plus goguenard des vengeurs masqués vient en remettre une couche dans Deadpool 2. L’occasion de dissiper un doute  : ricane-t-il contre nous ou avec nous ? de développer les arcs narratifs des personnages, de doter le moindre super-méchant de sérieux antécédents psychologiques… Tout ce contre quoi Deadpool partait en guerre. Avec l’introduction de nouvelles têtes comme celle de Josh Brolin dans le rôle de Cable, parodie de super-soldat patibulaire, il semble que le petit impertinent soit bien en train de s’inventer une mythologie, aussi nihiliste soit-elle. Alors, quoi ? Va-t-il vanner ses propres vannes ? Se moquer de nous parce qu’on retrouve avec plaisir un super-héros qui nous disait qu’il fallait en finir avec les super-héros ? La solution est peut-être plus simple que ça. Si Deadpool a envie de revenir, c’est qu’il se sait désiré  : cette suite a envie de rempiler sans viser une niche (le public blasé et ironique), mais en riant aussi avec ceux qui regardent les adaptations de comics au premier degré. Paradoxal, donc ? Pas tant que ça  : c’est justement parce que les super-héros sont devenus une joyeuse addiction que la présence régulière du trublion est nécessaire. On va se recueillir dans les grands-messes des autres héros Marvel, puis on décompresse avec le rire sous cape de Deadpool. Lequel a donc trouvé une parade de génie pour se rendre indispensable, et pourrait faire sienne la maxime d’un autre ricaneur de la crémerie adverse  : « Pourquoi cet air si sérieux ? »
Léo et les extra-terrestres Sortie le 9 mai. – Aliens aliénés Tous les films de petits martiens racontés du point de vue des enfants sont-ils de gentillets remakes d’E.T. ? Léo et les extraterrestres apporte la preuve que non. C’est un phénomène au moins vieux comme E.T.  : laissez entrer une bande d’aliens dans la chambre des gosses et vous donnez le top départ à une jolie fable sur l’amitié. À l’inverse, quand les visiteurs s’invitent dans le salon des parents, c’est le drame. Le choc des cultures est rude, maman et papa s’affolent et attrapent les fusils de chasse, avant que d’immenses bestiaux ne saccagent le voisinage et, si possible, la Terre entière, façon La Guerre des mondes ou Independence Day. Le film capable de dépasser ce clivage entre candeur enfantine et névroses adultes se faisait attendre. Léo et les extra-terrestres vient régler ça, en imposant un jeune héros marginal acoquiné avec un trio de zigues fluo descendus du ciel. Comme d’habitude, son regard vierge permet de les regarder comme ce qu’ils sont  : des bras cassés expressifs (qu’ils aient trois yeux ou un seul), qui aimeraient juste goûter aux joies de la société de consommation humaine. Alors, plutôt que de raconter une fois de plus la ligue des enfants et des monstres contre le monde des grands, Léo et les extra-terrestres a l’idée singulière d’attribuer les tares adultes non pas aux méchants scientifiques, mais aux visiteurs eux-mêmes, très vite acclimatés au téléachat et à la vulgarité d’ici-bas. Moyen d’éviter le remake sirupeux d’E.T. et de transformer le conte annoncé sur l’altérité et la différence en farce rigolarde où les extraterrestres sont des crétins d’humains comme les autres.



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