Illimité n°277 mai 2018
Illimité n°277 mai 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°277 de mai 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 99,6 Mo

  • Dans ce numéro : tout sur les mères.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Spécial CANNES 2018 16 – Story fissa Par Perrine Quennesson Photo DR Vingt ans de fabrication. Des problèmes financiers, des intempéries, des blessures et des procès. Six tentatives douloureuses, dont l’une s’est terminée en documentaire crève-cœur sur l’échec et l’abandon (Lost in La Mancha) pour qu’enfin Terry Gilliam amène son Don Quichotte en salles. Qu’est-ce qui a bien pu pousser cet homme à s’acharner ainsi ? Une obstination de forçat ou le besoin irrépressible de réaliser son autoportrait. Que sont finalement deux petites décennies traversées par l’équivalent des dix plaies d’Égypte, quand il s’agit de réaliser l’œuvre d’une vie ? Mieux  : une œuvre sur sa propre vie. Parce que, entre le personnage de Miguel de Cervantès et le seul Monty Python américain, la ressemblance ne s’arrête pas au simple combat contre des moulins à vent. – Don qui shoote Et si, en réalité, le véritable nom de Don Quichotte n’était pas Alonso Quichano mais Terry Gilliam ? Alors nous serions tous ses Sancho Panza. La preuve, ce mois-ci, sur les écrans. À l’image du héros du XVII e siècle, passionné par les livres de chevaleries au point de contaminer son esprit, l’univers de Terry Gilliam est parsemé de chevaliers, de princesses et de mythes qu’il a disséminés et reformulés à longueur de films. De sa revisite loufoque de la Table ronde dans Sacré Graal à l’épopée du baron de Münchhausen en passant par les rêves de la petite Jeliza-Rose de Tideland, les ornements des contes interfèrent en permanence avec la réalité des personnages, au point de ne plus savoir où se trouve la frontière entre imaginaire et tangible. Tel Qu’est-ce qui a bien pu pousser cet homme à s’acharner ainsi ? L’Homme qui tua Don Quichotte Sortie le 19 mai. Don Quichotte confondant un troupeau de brebis avec deux armées prêtes au combat, le réel est distordu chez Gilliam. Ses personnages, des bouffons shakespeariens, souvent marginaux et illuminés, se racontent des histoires barrées, par idéalisme comme Brad Pitt dans L’Armée des 12 singes, par naïveté comme Heath Ledger dans Les Frères Grimm ou par l’absorption de drogues hallucinogènes comme dans Las Vegas Parano. Le chevalier errant et le cinéaste parviennent donc à partager leur vision du monde. La réalité alternative de Don Quichotte n’est perceptible qu’à travers ses propres yeux mais il parvient toujours à convaincre ceux qui l’entourent de son existence. Gilliam, lui, utilise notamment des focales grand angles, entraînant ainsi certaines distorsions et déformations de l’image, pour nous raconter ses visions. Il agrémente aussi parfois celles-ci d’animations en carton et de machines rétrofuturistes. Et, tels des Sancho Panza, les spectateurs mangent leur pop-corn et suspendent leur incrédulité pour mieux se conformer à cette conception du monde. Mais une différence majeure sépare les deux héros  : le réalisateur, lui, n’a jamais renoncé à la mission qu’il s’était fixée. Et, en parachevant enfin L’Homme qui tua Don Quichotte, Gilliam avoue son crime.



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