Illimité n°276 avril 2018
Illimité n°276 avril 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°276 de avril 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 129 Mo

  • Dans ce numéro : attention, Lagaffe crève l'écran.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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16 – Rencontre Par Marc Ponceau Photo RC « Je fais toujours attention à trois axes  : l’observation, la mémoire et l’imagination. » The Third Murder Sortie le 11 avril. – Faites entrer l’accusé Avec The Third Murder, enquête procédurale sur un homme inculpé de meurtre, Kore-Eda s’éloigne des drames Cajoline qui l’ont rendu fameux. Mais c’est pour mieux y revenir. On a toujours senti une part d’expérience personnelle dans les histoires que vous écrivez. Est-ce encore le cas dans The Third Murder ? — Généralement, quand je réalise des films sur des histoires familiales, je vais chercher dans mes propres souvenirs. C’était le cas dans Après la tempête, notamment. Au moment de l’écriture, je fais toujours attention à trois axes principaux  : l’observation, la mémoire et l’imagination. Pour The Third Murder, cette fois, c’est l’observation qui a occupé la part la plus importante. J’ai fait beaucoup de recherches préparatoires avant le tournage. Un cabinet d’avocats m’a autorisé à les suivre, j’ai pu filmer des procès publics et je me suis servi de ces éléments dans le scénario. Récemment vous avez accéléré votre rythme de production. Cela s’est-il ressenti dans votre écriture et le choix de vos sujets ? — Quand j’ai démarré, je tournais un film tous les trois ans. Au bout de 20 ans, je suis passé à un tous les deux ans, et aujourd’hui j’arrive à en tourner un par an. La raison en est que j’ai réussi à m’assurer un socle de financeurs stables. Je passe donc beaucoup moins de temps à chercher des fonds et, surtout, j’ai le privilège de pouvoir tourner des films basés sur des idées originales plutôt que sur des adaptations. Concernant le choix des sujets, ce n’est pas tant moi qui décide, c’est le film qui s’impose à moi, soit pour des raisons de disponibilité des comédiens, soit pour des raisons financières. J’ai toujours trois ou quatre projets sur le feu. Certains existent depuis dix ans et ne se font toujours pas, d’autres démarrent dans l’année de leur conception. C’est très variable, mais c’est ma méthode. The Third Murder surprend par sa forme  : l’enquête procédurale. C’est une sorte de rupture, non ? — La rupture est dans le genre abordé, mais elle se situe aussi à un niveau technique, puisque c’est la première fois que je tourne au format cinémascope. À l’origine, c’est une proposition du chef opérateur. Nous nous sommes rendu compte que tout se jouait dans les scènes de parloir plutôt qu’au tribunal, où la caméra est plutôt fixe. Et en faisant des essais de caméras et d’objectifs, il est apparu que le meilleur moyen de maintenir la tension de ces séquences était de filmer des visages en gros plan dans un format large. J’ai aussi tourné en numérique, pour la première fois. Là encore, pour des raisons techniques. Si j’avais utilisé de la pellicule, la première séquence de nuit aurait nécessité une logistique énorme pour éclairer la scène. D’autre part, il fallait garder une cohérence visuelle avec certaines scènes tournées avec des drones. Mais ce n’est pas définitif. Mon prochain film, Shoplifters, a été tourné en 35 mm. Qu’est-ce qu’il raconte ? — C’est l’histoire d’une famille recomposée dont les membres, des voleurs à la tire, sont soudés par leur activité délictueuse. La famille, on y revient toujours.
– L’espionne qu’on aimait Red Sparrow Sortie le 4 avril. Dans Red Sparrow, Jennifer Lawrence incarne une agent du KGB qui joue de ses charmes et de sa libido pour mieux s’exfiltrer vers le pays de l’Oncle Sam et son puritanisme coutumier. C’est l’histoire d’une jeune fille que son pays force à se déshabiller pour extirper quelques secrets d’État à ses cibles. C’est l’éternel fixette anticommuniste du cinéma hollywoodien mais cette fois envisagée sous l’angle du puritanisme. Dans Red Sparrow, Jennifer Lawrence, ex-danseuse du Bolchoï, devient agent secret à la solde du KGB. Elle évolue dans une section parallèle composée d’employés sublimes et outrageusement sexy, tous programmés pour séduire leur cible et leur soutirer un max de renseignements sur l’oreiller. Son entraînement d’élite repose là-dessus  : apprendre à se faire violemment désirer, à caresser amoureusement la chair de vieux messieurs ventripotents, à envisager l’espionnage sous l’angle de la prostitution. Red Sparrow fait mine de s’offusquer de ces méthodes-là, tout en s’amusant à les détailler le plus précisément possible. C’est de là qu’il tire sa singularité, son petit parfum provocateur et probablement ses scènes les plus mémorables – d’autant que ses leçons de sexe sur commande sont administrées par une Charlotte Rampling déchaînée. Et la morale, là-dedans ? Bien évidemment elle est incarnée par un agent yankee, Joel Edgerton et sa mâchoire carrée, qui va tomber fou amoureux de notre blondinette dépravée par la mère-patrie. Son vœu suprême ? Rhabiller pour de bon sa jouvencelle. Red Sparrow raconte finalement cela, la naissance d’un désir farouchement puritain. Par Romain Thoral Photos DR Décryptage – 17 CINÉMA D’AUTEUIL DEVANT COMME DERRIÈRE LA CAMÉRA, DANIEL AUTEUIL DEMEURE UN PERFECTIONNISTE HORS-NORME. Daniel Auteuil mesure très bien ce qu’il doit à Marcel Pagnol. Avant que sa route ne croise les textes du génie d’Aubagne, il était avant tout le petit gars rigolo des Sous-Doués et le jeune homme en perfecto des polars à la mode de chez nous. Un acteur populaire, oui, mais pas complètement consacré. C’est avec le diptyque Jean de Florette/Manon des sources qu’il est devenu Daniel Auteuil, c’est-à-dire une certaine idée de l’acteur qui performe juste et bien – idée appuyée notamment par ses 13 (!) nominations aux César, ce qui pourrait en faire une sorte de Meryl Streep local. Tout a donc commencé au milieu des garrigues asséchées, dans les frusques d’Ugolin et le regard azur d’Emmanuelle Béart. Vraisemblablement, tout devrait s’arrêter aussi dans ces environs-là. C’est en tout cas ce que raconte la troisième vie d’Auteuil, celle de metteur en scène, entamée en 2011 avec La Fille du puisatier et qui fixait déjà l’imaginaire pagnolesque comme la grande obsession de son auteur. S’ensuivra une adaptation de Marius, puis de Fanny, histoire que les choses soient bien claires pour tout le monde avant qu’arrive enfin Amoureux de ma femme, inspiré d’une pièce signée... Florian Zeller. Auteuil aurait-il enfin réglé ses comptes à la figure vampirique de Pagnol ? En fait, non. En imaginant ici un canevas où Auteuil s’amourache de la petite amie de Gérard Depardieu, c’est le face-à-face mythologique de Jean de Florette (et de Manon des sources) qui se rejoue ici dans un cadre plus contemporain. Dans le premier film, Auteuil piquait la terre de Gégé le bossu. Dans le second, il profitait de son absence pour lui « piquer » sa fille. La boucle pagnolesque est-elle enfin bouclée ? Amoureux de ma femme Sortie le 25 avril.



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