Illimité n°275 mars 2018
Illimité n°275 mars 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de mars 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 123 Mo

  • Dans ce numéro : la Grande Guerre selon Jean Becker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 34 - 35  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
34 35
34 – Le grand papier ▶ ▶ Un million d’entrées avec Belmondo en 61 ? Vous étiez viré de l’industrie. pour mon père (Jacques Becker, réalisateur, entre autres, de Casque d’or, Goupi Mains rouges ou Le Trou,ndlr) qui venait tout juste de décéder. Et puis, il y avait mon frère aussi, Étienne, qui était chef opérateur. C’était assez familial finalement comme tournage. Pour vous dire, pendant la première saison, l’équipe technique c’était moi, mon frère, son assistant, un machino et un perchman ! Pas de pied pour poser la caméra, tout à la main et en plan séquence ! C’était bien ? — Magnifique ! Très mal payé, malgré le succès énorme, mais magnifique ! Alors après, je suis parti tourner des pubs pour gagner un peu mieux ma vie. La pub, ça vous a amené un hiatus long de 17 ans avec le cinéma tout de même. De 1966, après Tendre voyou, à 1983, avec L’Été meurtrier, vous ne tournez aucun long-métrage. — Je crois que j’ai eu deux carrières au fond, celle de mes quatre premiers films de 1961 à 1966. Et puis la suivante, qui débute effectivement en 1983. Ceci dit, ça aurait pu être beaucoup plus simple parce que j’ai failli ne plus tourner du tout après mon premier, Un Nommé La Rocca. Un bide. Euh, un bide à plus d’un million d’entrées quand même. — (Rires.) Oui, mais c’était un bide pour l’époque. Vraiment, c’était que dalle. Un million d’entrées avec Belmondo en 1961 ? Vous étiez viré de l’industrie. Deux ans de chômage pour moi. Et puis j’ai pu avoir à nouveau ma chance, grâce à Jean-Paul. Sauf que, sur mes quatre premiers films, j’en ai fait trois avec Belmondo et je me disais  : « Tu vas quand même pas passer ta vie à faire des films pour Belmondo ? » Je l’adore, hein. On se voit toujours, on s’aime beaucoup, mais je voulais autre chose, changer d’air. Alors Les Saintes chéries, puis la pub… J’ai fait presque 500 spots en quinze ans. Pas le temps de m’ennuyer. Et puis, étant ami avec Sébastien Japrisot, on a décidé de collaborer ensemble et c’est devenu L’Été meurtrier. À partir de là, mes films sont devenus plus personnels, mieux fabriqués, grâce à l’expérience de la pub notamment. Enfin, je dis ça, mais ça ne m’empêchait pas de tâtonner parfois. Sur le tournage de L’Été meurtrier, j’arrivais parfois sur le plateau en n’ayant aucune idée du découpage de la scène qu’on devait tourner. Du coup, je faisais construire un rail de travelling très long aux techniciens. Ça me laissait le temps de réfléchir. (Rires.) Je l’ai peut-être fait un peu trop souvent d’ailleurs, parce que, à la fin, ils avaient tous compris ma technique. Ce qui vient boucler la boucle entre L’Été meurtrier et Le Collier rouge, c’est la présence de François Cluzet… — L’Été meurtrier c’était son premier grand rôle, oui. Il m’avait fait de ces coups à l’époque… Il était jeune et il était en plein dans sa période Actors Studio, il voulait être Brando, il avait plein de tics. « Mais enfin François, sois toi, ça, c’est bien, ça me suffit », je lui disais. À cette époque, tous les jeunes acteurs français voulaient faire de l’Actors Studio sans avoir fait l’Actors Studio. Avant de dire une réplique, il fallait se gratter le crâne ou je ne sais quoi. Pour ne pas que ça se remarque, faut être doué, sinon ça sent l’artifice à plein nez. Et puis François a vite fini par devenir Cluzet… Cette manière qu’il a de s’effacer derrière les rôles, de faire exister ses personnages, c’est stupéfiant. Vous avez presque 85 ans, vous avez des envies de retraite ? — Le seul souci parfois, c’est ma condition physique. C’est un peu plus dur de courir dans tous les coins qu’à une époque. Sur Le Collier rouge, pour filmer les scènes de guerre, ce n’était pas toujours évident de ce point de vue-là, mais dans la tête tout va bien. Non, j’ai envie de continuer à réaliser. Ne me reste plus qu’à trouver un bon bouquin qui me donne envie d’y retourner…



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :