Illimité n°275 mars 2018
Illimité n°275 mars 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de mars 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 123 Mo

  • Dans ce numéro : la Grande Guerre selon Jean Becker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 – Rencontre Par François Rieux Photos DR – La force tranquille Dans La Finale, Thierry Lhermitte incarne un grand-père à la mémoire qui flanche et qui prend la tangente avec son petit-fils pour l'amener à un match de basket. À 65 ans, l'éternel Popeye continue de dribbler la comédie française en toute décontraction. Vous avez coaché Rayane Bensetti sur le plateau comme votre personnage le fait dans le film ? Absolument pas. Je trouve qu’il n’y a rien de pire que cette posture de professeur. Vous vous imaginez, vous, être surveillé par un vieux quand on est un jeune acteur ? Ce serait une grosse erreur, car cela ne met pas vraiment à l’aise. Rayane n’a rien à envier à personne. Sur le tournage, nous étions sur un pied d’égalité. On s’est tout de suite bien entendus et il a fait du très bon travail. Il y a une tonalité dramatique dans le film qui va crescendo, à l’image de gros succès récents comme La Famille Bélier ou Demain tout commence… Injecter du drame dans une comédie ce n’est pas vraiment nouveau. S’il n’y a pas de drame, il n’y a pas de comédie. Il faut qu’il y ait une raison de rire et le rire est une façon comme une autre de parler de choses qui bouleversent. La mutation de la comédie française, aujourd’hui, tiendrait peut-être au fait de prendre un sujet dramatique à la base puis d’essayer d’en rire. Forcément, avant, il était plus compliqué de parler de thématiques préoccupantes alors qu’à l’heure actuelle, on détourne de façon comique des sujets difficiles qui sont également d’actualité. Dans la comédie italienne des années 60, ce n’était que ça. Par ailleurs, je ris plus dans les films où il y a de l’émotion que dans ceux où les gags s’enchaînent. Même si La Finale a été un succès à l’Alpe d’Huez (où il a glané les trophées de meilleur film et meilleur acteur pour Lhermitte,ndlr), dans le cinéma on ne peut rien prédire, et surtout pas les succès. On a d’ailleurs eu de vraies difficultés à trouver des financements. Le sujet a rendu frileux les investisseurs. Ce n’est pas aussi le fait de vous voir dans un tel rôle, à la fois plus intérieur et plus dramatique ? Sûrement… Après, je n’ai pas décidé de changer de style comme ça. C’est surtout parce que le rôle me plaisait que je l’ai fait. Tout comme celui de La Nouvelle Vie de Paul Sneijder que j’ai tourné il y a deux ans qui était aussi dans une veine plus
La Finale Sortie le 21 mars. RAYANE BENSETTI, MODE D’EMPLOI 1m78 pour 70 kg, plus d’un million d’abonnés sur Twitter, presque autant sur Instagram et surtout entre 5 et 8 millions de téléspectateurs à la télévision… Rayane Bensetti, 24 ans, belle gueule, sourire charmeur et muscles saillants, est à l’heure actuelle l’équivalent de Johnny Deppépoque 21 Jump Street  : un beau gosse dont le haussement de sourcils suffit à faire chavirer n’importe quelle adolescente. Ancien mannequin, l’acteur s’est fait les dents dans la mini-série Pep’s et le feuilleton Clem sur TF1, avant de faire la moue au cinéma dans l’adaptation de la BD rose bonbon Tamara en 2016. Dans La Finale, Rayane foule définitivement du pied la cour des grands  : il est JB, un basketteur qui rêve de passer pro, mais surtout le petit-fils de Thierry Lhermitte à l’écran. Plus qu’un second rôle au côté du vétéran du Splendid, il roule des mécaniques en mauvais garçon au grand cœur et marque directement un trois points. Oubliez le marcel blanc de Brando, la veste en satin blanc de Gosling  : maintenant il y a Rayane Bensetti en maillot des Bulls. « S'il n'y a pas de drame, il n'y a pas de comédie. » dramatique. Sans ce film-là, je ne pense pas que l’on m’aurait proposé de faire La Finale. Il y a cette réplique au début du film où votre personnage dit « La retraite ? Plutôt crever ! » Est-ce que l’on peut voir ça comme votre mantra ? Non, c’était écrit comme ça dans le scénario. (Rires.) Vous savez, je ne me soucie pas vraiment de mon image et des cases dans lesquelles on peut me mettre. C’est malgré soi que l’on donne une image au public. Si d’autres peuvent jouer sur ça, tant mieux pour eux mais ce n’est pas mon cas. Certains acteurs ne veulent pas incarner un rôle vieillissant. Moi, cela ne me dérange pas. On sait qu’il est compliqué de vieillir dans le cinéma. Le personnage de Roland ou 25 celui de Paul Sneijder ne sont-ils pas des moyens d’exorciser le temps qui passe ? Dans la vie, on n’a pas forcément envie de se voir vieux, moche, diminué, avec des rides ou des taches sur le visage, c’est sûr. Mais au cinéma c’est différent. Avoir un rôle de séducteur ça a pu me préoccuper quand j’étais plus jeune mais j’ai très vite laissé tomber. Aujourd’hui, je trouve naturel que l’on me propose des rôles en adéquation avec mon âge. Le reste, je m’en fous complètement. Le séducteur de la bande, c’était pourtant votre marque de fabrique… (Il coupe.) Ah non ! Jamais ! J’ai peut-être incarné des hommes qui ont pu être séduisants mais pas du tout des séducteurs. C’est Popeye dans Les Bronzés qui m’a donné cette image, ce côté dragueur un peu ringard. Dans La Totale, je jouais un espion et je n’étais pas du tout dans la séduction, juste en train d’essayer de récupérer ma femme. Dans Le Dîner de cons, c’est pareil  : j’ai beau avoir une femme et une maîtresse, au bout du compte, je ne séduis personne car je suis trop dans la panade. Vraiment, la séduction au cinéma, ça n’a jamais été mon truc.



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