Illimité n°275 mars 2018
Illimité n°275 mars 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de mars 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 123 Mo

  • Dans ce numéro : la Grande Guerre selon Jean Becker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 – Interview Par Romain Thoral Photo DR Mme Mills, une voisine si parfairte Sortie le 7 mars. – Les mondes de Sophie Après un mélo choral (Parlez-moi d’amour, en 2002) et un thriller retors (La Disparue de Deauville, en 2007), Sophie Marceau continue sa carrière de réalisatrice versatile avec Mme Mills, une voisine si parfaite, comédie colorée avec un Pierre Richard travesti en bourgeoise anglaise. Le film suit la trajectoire d’une héroïne célibataire et sans enfant qui a dépassé la quarantaine. En général, ce type de personnage cherche forcément le grand amour. Mais pas ici. C’est très conscient, non ? — Ah oui, je ne voulais pas m’embarrasser d’une histoire d’amour. Je voulais une intrigue qui fonctionne sur une mécanique de duo, dans le sens « partenaires » pas « couple ». Il fallait qu’ils apprennent à faire équipe ensemble oui, mais sans tomber amoureux. Parce que le sujet de cette comédie, au fond, c’est la solitude ? — Oui, voilà. Il y a cet homme assez âgé, incarné par Pierre Richard, qui a décidé d’être seul parce qu’il vit « en marge » de la société. Et puis il y a mon personnage  : pas d’enfant, pas de famille, habitée par son métier d’éditrice de romans fleur bleue. Pour tromper la solitude, elle rêve, elle s’imagine dans des fictions. J’ai l’impression que c’est vraiment le portrait d’une femme d’aujourd’hui. Oui mais en même temps, l’idée de ce refuge permanent qu’elle se crée à travers le rêve et la fiction, laisse penser que c’est quand même très autobiographique comme personnage, non ? — Je fais des films depuis que j’ai 13 ans. Je n’étais pas « terminée » à l’époque, vous imaginez bien. Quelque part, j’ai intégré le cinéma et la fiction comme une composante « Un réalisateur ne peut pas faire un film qui ne parle pas de lui, vous le savez bien, non ? » de ma vie. Donc oui, à force de me projeter et d’incarner des personnages, ils deviennent partie intégrante de mon imaginaire. Ma vie c’est un peu du cinéma, effectivement. Mais il faut trouver la limite entre se raconter des histoires et faire en sorte qu’elles puissent se réaliser. C’est ce que raconte Madame Mills. Se perdre dans la fiction  : c’était aussi le sujet de votre précédent film en tant que réalisatrice, La Disparue de Deauville, qui se situait dans un genre aux antipodes, puisque c’était une sorte de thriller à twists. — Oui, vous savez je suis actrice donc c’est le type de sujet autour duquel j’aime tourner. Après, peu importe le genre ou l’habillage. Un réalisateur ne peut pas faire un film qui ne parle pas de lui, vous le savez bien, non ? Ce qui est amusant, c’est que c’est toujours assez inconscient, on finit par s’en rendre compte après-coup. Choisir Pierre Richard en tant qu’illusionniste-transformiste sur lequel le temps ne laisse aucune trace, c’est aussi un commentaire sur sa carrière d’acteur, non ? — Il me fallait quelqu’un d’à la fois volubile, agile et en même temps d’assez âgé. Je ne voulais pas de quelqu’un de ma génération sinon ça aurait créé une ambiguïté sur les rapports du duo – et comme je vous l’ai dit je ne voulais pas m’embarrasser d’une histoire d’amour, ce n’était pas l’esprit du film. Mais de fait, j’échouais un peu à trouver mon acteur jusqu’à ce que je tombe à la télévision sur un reportage à propos de Pierre Richard qui fêtait ses 80 ans à l’Olympia. Et là, je le regarde, toujours aussi agile, gamin, capable de sauter dans tous les coins. C’était le seul à pouvoir faire ça, ici, c’était une évidence et je suis directement allée lui proposer le rôle. Pas une ligne à réécrire, rien à adapter, c’est comme si on avait écrit depuis le début le film pour lui sans qu’on s’en soit rendu compte. L’inconscient, encore…



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