Illimité n°275 mars 2018
Illimité n°275 mars 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°275 de mars 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 123 Mo

  • Dans ce numéro : la Grande Guerre selon Jean Becker.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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10 – Rencontre Par Romain Thoral Photos RC & DR Souvent les acteurs racontent qu’ils passent par la mise en scène pour s’offrir des rôles que les réalisateurs ne leur proposent jamais. Dans Tout le monde debout vous interprétez à nouveau votre éternel personnage du dragueur un peu goujat, un peu rigolo. Pourquoi rester dans cette tradition, du coup ? — C’était d’abord une façon pour le public qui me suit de trouver ses marques. La tonalité de Tout le monde debout est assez singulière en fait dans ma carrière, donc je ne voulais pas non plus que les gens soient complètement déboussolés. C’était une manière de tendre la main pour les emmener ailleurs, dans un univers peut-être plus personnel, vraiment différent des autres films que j’ai pu faire en tant qu’acteur. Où la situez-vous justement, cette « différence » dont vous me parlez ? — Il y a un désir d’aller chercher l’émotion – Ça roule pour lui Avec Tout le monde debout, l’éternel dragueur lose du cinéma français, Franck Dubosc, gratte sa corde sensible et donne naissance à une jolie comédie romantique en fauteuil roulant. qui n’est pas forcément habituelle dans ma filmographie et qui est plus propre à mes spectacles. C’était ça, la balance que je cherchais, cette fameuse balance entre les rires et les larmes. J’entends souvent dire ces tempsci qu’il faut absolument mettre de l’émotion dans les comédies. Oui, très bien, mais souvent on cloisonne trop  : il y a la séquence grave et puis après il a la séquence où on rigole. Pour mon film je cherchais à mettre de l’émotion dans le rire et vice-versa, que les deux soient inextricables. C’était ça, l’ambition. « Je cherche à mettre de l’émotion dans le rire et vice-versa, que les deux soient inextricables. » Toutes proportions gardées, cette ambition, qu’on perçoit vraiment dans votre film, m’a fait penser à celle des frères Farrelly  : ne refuser ni le rire ni la comédie trash, mais les mettre toujours au service des personnages et de leurs sentiments. — Ah bah vous imaginez bien que je prends le compliment. Je les adore, eux. Ce sont des maîtres pour ça  : mettre la comédie au service des personnages. J’ai coupé énormément de gags, que je trouvais très efficaces dans mon film, je suis sûr que si je vous les racontais tels quels, vous rigoleriez mais ils desservaient le projet, l’intrigue et les héros. Ça ne collait pas, le film devenait une « pignolade », il fallait les sacrifier. C’est une belle leçon que j’ai apprise pour la suite. Le film étant une comédie romantique, il exigeait aussi que le spectateur tombe amoureux de ses protagonistes. Et je dois avouer que c’est la première fois que je tombe amoureux d’Alexandra Lamy dans un film. — Elle est extraordinaire, non ? On a fait très attention à elle parce qu’interprétant une personne invalide, elle ne pouvait jouer qu’avec le haut de son corps. Donc il fallait être très méticuleux et très précis, pour la rendre charmante et séduisante. On ne pouvait pas jouer avec les codes habituels du cinéma. Là, elle est séduisante même quand elle se retourne avec son fauteuil. On a travaillé ensemble ses « retournements » comme si elle portait une grande robe à la Scarlett O’Hara. Et puis, pour une fois, elle n’a pas besoin d’être drôle dans ce film  : souvent pour faire rire, elle joue sur un côté très affirmé, grande gueule, presque un peu « cowboy », dont elle a pu complètement se délester ici.
On sent en permanence que le film est conçu avec l’envie de « faire bien », alors que souvent, dans la comédie française, on sent surtout l’envie de « faire vite ». — J’avais envie d’un film élégant, pas esthétisant hein, mais je voulais que ça ait un peu d’allure, que ce soit joliment taillé. Oui mais au-delà de ça, vous nous évitez par exemple l’éternel monologue où le héros avoue son mensonge à la fille, en général ça dure trois minutes, c’est toujours lénifiant, insoutenable, inutile… — Ah oui mais figurez-vous que je l’avais écrit, ce monologue-là. Et puis j’en avais écrit plein d’autres aussi. Mais soit je ne les ai pas tournés soit je les ai éjectés du montage. J’avais besoin de les écrire pour me mettre au clair vis-à-vis des états d’âme de mes personnages, et plus on fabrique le film, plus on se rend compte qu’ils sont redondants, qu’ils illustrent des choses qui ont déjà été, non pas dites, mais montrées dans le film. C’est une des grandes stupéfactions du métier de cinéaste. Est-ce que ce souci d’exigence, de soin, d’élégance dont vous me parlez, vous a fait envisager les choses autrement pour la suite de votre carrière ? — Oui, oui ça m’a fait changer, c’est sûr – en tant qu’acteur mais aussi en tant qu’auteur. Après, je ne suis pas du genre à expliquer à un réalisateur comment faire son travail parce que j’ai moi-même mis en scène un film. Je me demandais surtout si la conception de Tout le monde debout allait vous rendre plus exigeant dans vos choix de film, parce que vous avez joué dans quelques petits nanars tout de même… — Ahaha, je ne sais pas, ça. On ne sait jamais quand un film va être un nanar, croyez-moi. Et puis c’est assez amusant à tourner les grosses comédies, et elles ne sont pas toutes des nanars, heureusement. Mais peut-être que j’en ferai de moins en moins, déjà parce que j’ai très envie de faire mon second film, je ne pense qu’à ça en ce moment, je suis en train de l’écrire avec Fabien Onteniente. Et puis aussi parce que je me réserve le droit de devenir un peu plus exigeant et regardant dans mes choix. Tout le monde debout Sortie le 14 mars. 11



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