Illimité n°274 février 2018
Illimité n°274 février 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de février 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 56,5 Mo

  • Dans ce numéro : le mois des tous les émois...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 – Portrait Par Romain Thoral Photos DR Moi, Tonya Sortie le 21 février. – Margot Robbie veut-elle rafler toutes les médailles ? Stupéfiante en patineuse redneck dans Moi, Tonya, biopic de la sulfureuse Tonya Harding, Margot Robbie force d’un coup la porte du grand manoir des Oscars. Et compte bien y sous-louer une aile jusqu’à la retraite. OUI, ELLE EST PROGRAMMÉE POUR DEPUIS SON ARRIVÉE SUR LA PISTE Avec Le Loup de Wall Street, Scorsese avait relu son Casino en mode sitcom hystérique. Inconnue de tous les services à l’époque, Margot Robbie y remplaçait Sharon Stone dans le rôle de la femme trophée peroxydée, sensible et asphyxiée. Une figure de bimbo suprême mais avec des tripes et de l’audace. Le monde retient son souffle en la découvrant, un sex symbol est né, une actrice aussi. Ça faisait beaucoup. Peutêtre même un peu trop pour le pacemaker des votants de l’Académie des Oscars, qui la snobent effrontément. OUI, ELLE EST DEVENUE SA PROPRE COACH Après le Scorsese, Margot surfe sur sa petite vague naissante, devient évidemment l’égérie d’une grande marque de mode et enquille trois bidules hollywoodiens qui ne plaisent à personne (Suicide Squad, le Tarzan de David Yates et Diversion avec Will Smith). Plutot que de devenir une énième star US sans rôle ni film, elle préfère mettre les mains dans le cambouis et monter sa petite structure de prod à tout juste 26 ans. Elle compte désormais une dizaine de films dans les tuyaux, dont elle sera à la fois la tête d’affiche et la coproductrice  : le premier artisan de sa filmo c’est elle, désormais. Baptême du feu, ce mois-ci avec Moi, Tonya de Craig Gillespie OUI, ELLE ENCHAÎNE LES TRIPLE AXEL DANS MOI, TONYA Le destin cabossé de la patineuse Tonya Harding relève à la fois du mythe de Rocky (une athlète prolo qui se construit à la force du poignet, envers et contre tous) et du fait divers tabloïd pas croyable (son boyfriend engagea des hommes de main pour briser les genoux de sa grande rivale). Du pain béni pour un biopic donc, et surtout pour une Margot prothésée, légèrement enlaidie et de tous les plans. Tout le film est organisé autour de sa performance, sa manière de serrer fort les mâchoires, d’exploser devant les juges qui la saquent et de se prendre à pleine vitesse le mur du rêve américain. OUI, SAUF QUE LA COMPÉT’EST UN PEU TROP RELEVÉE CETTE ANNÉE Calibré pour que sa star rafle une première statuette, Moi, Tonya tombe pile l’année où la catégorie meilleure actrice semble complètement embouteillée. Derrière Frances Mc Dormand, méga favorite pour son rôle dans 3 Billboards, se tiennent en embuscade Sally Hawkins dans La Forme de l’eau (film chouchou de l’Académie avec 13 nominations au compteur) et la jamais rassasiée Meryl Streep pour Pentagon Papers. Margot ira-t-elle jusqu'à péter les genoux de ses adversaires pour s’offrir la gagne ?
UNE AMÉRICAINE MODÈLE AVEC MOI, TONYA, CRAIG GILLESPIE PRÉFÈRE SE FOCALISER SUR L’ENVERS DU RÊVE AMÉRICAIN PLUTÔT QUE SUR LE DESTIN DE SA PATINEUSE. UN CHOIX PAYANT. Tonya Harding possédait toutes les qualités nécessaires pour devenir une grande patineuse artistique, sauf une  : la grâce. Trop vulgos, trop franche du collier, trop redneck, trop épaules carrées, pas assez « petite princesse » et « sourire ultra bright », elle mettait en exergue l’esthétique conservatrice et désuète de son domaine de prédilection. Et c’est précisément pour ça que sa carrière n’a jamais atteint les sommets que sa technicité et sa puissance physique lui promettaient. Et c’est aussi pour ça que son petit copain a brisé les genoux de Nancy Kerrigan, comme un réflexe vengeur visà-vis d’une caste à qui tout réussit. Il y avait un vrai sujet de cinéma derrière ce fait divers mais Craig Gillespie, le réalisateur de Moi, Tonya, ne choisit jamais de le traiter, à peine de l’évoquer. Ce qui l’intéresse ici, c’est la mise en boîte du rêve américain, la satire speedée et scorsesienne d’un pays observé sous l’angle des laissés-pour-compte (de fait, le film ressemble à un néga- tif du Loup de Wall Street, dont il serait un parfait complément de programme). L’angle de Gillespie, ce n’est donc pas d’ausculter les spécificités de son héroïne, mais au contraire de l’évo- quer clairement comme une métaphore des États- Unis, un pays aux épaules trop carrées et au phrasé un peu trop redneck pour ne pas être pris de haut par les garants du bon goût.



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