Illimité n°274 février 2018
Illimité n°274 février 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°274 de février 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 56,5 Mo

  • Dans ce numéro : le mois des tous les émois...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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24 – Rencontre Par Romain Thoral Photos RC & DR – Il était une foi Xavier Giannoli, l'auteur de L'Apparition, enquête mystique et journalistique menée avec une parfaite élégance, nous cause ciné et illumination(s). Tout simplement. Xavier Giannoli, L’Apparition est un film très touffu, rempli de mystères, de sousintrigues et de personnages secondaires. On sent que tout l’enjeu, de votre côté, c’est d’avoir su élaguer là-dedans. — Oui, parce que ça a toujours été un film conçu comme une enquête. Sauf que, en l’occurrence, c’est une enquête à propos d’une jeune fille qui aurait eu une apparition donc, en fin de compte, c’est une enquête sur l’existence de Dieu. À partir de ça, je voulais tendre une ligne qui soit la plus pure, la plus simple et la plus directe possible  : quelque chose de très factuel et très documenté sur un sujet qui relève du mystère. Je rêvais d’un film dense mais qui file. C’était là dès l’écriture du scénario, et finalement j’ai eu très peu à élaguer lors du montage. Néanmoins, face à cette idée, celle d’un journaliste qui vient enquêter sur une apparition dans une petite ville remplie de personnages mystérieux, on se dit qu’il y avait matière à faire une série qui pourrait s’étaler sur 10 heures. Vous y avez pensé ? — Beaucoup, oui. Des producteurs me l’ont même proposé. Pourquoi pas dans le futur, d’ailleurs ? Il y a de quoi dire, de quoi montrer, de quoi tenir sur la durée. J’avais déjà ressenti ça à l’époque d’À l’origine, d’ailleurs. On pénètre un univers assez romanesque et on a envie d’y rester Alors qu’est-ce qui a fait que vous avez opté pour le medium ciné plutôt que pour le medium télé ? — Déjà parce que je voulais de la tension du début à la fin. Je voulais qu‘on ne perde jamais des yeux cette rencontre entre la documentation, les faits, la recherche pointilleuse et le mystère. Ça, c’est quelque chose de très cinématographique, je trouve. Il y a de ça dans L’Exorciste  : toute cette première partie très réaliste, presque docu, où s’installe progressivement la possibilité de surnaturel. Il y a dans le film des éléments de polar, de western, de fantastique, et en même temps votre mise en scène fait très attention de ne pas aller vers le cinéma de genre. — Oui, il y a quelques plans qui paraissent un peu oniriques mais très vite, on se rend compte qu’ils appartiennent au réel. De la même façon, à l’intérieur de son enquête, le personnage de Vincent Lindon se retrouve parfois face à des coïncidences dont il se demande si elles ne seraient pas des signes. Et ça, le film fait très attention de ne jamais y répondre. — Ah oui, c’est très important de le laisser en suspens. Aussi cartésien qu’on puisse être, ça nous est tous arrivé de nous demander s’il n’y avait pas un sens dans certains hasards de la vie. C’est « J’aime l’idée qu’on puisse s’ouvrir à la possibilité du surnaturel. »
très troublant, donc quelque part très cinématographique. J’aime l’idée qu’on puisse s’ouvrir à la possibilité du surnaturel, mais j’aime aussi qu’on le fasse de manière concrète, ordonnée, comme mon personnage principal. Il n’y a aucun prosélytisme dans L’Apparition, ni dans le sens de la croyance, ni dans le sens inverse. J’offre des éléments au regard du spectateur et il doit se faire son opinion selon sa sensibilité. Est-ce qu’il n’y a pas quelque chose d’écrasant à s’emparer de ce sujet-là, qui est celui de la foi ? Est-ce que ça ne signifie pas qu’on se sent très mature dans sa démarche d’artiste ? — Déjà, je ne suis pas un universitaire et encore moins un intellectuel. Je ne me dis jamais  : « Mon sujet, ça va être la foi. » Ça ne me traverse même pas l’esprit. Je me dis simplement  : « Je L'Apparition Sortie le 14 février. 25 vais raconter l’histoire d’une enquête. » Vraiment. Moi, je suis comme mon héros. J’ai besoin de concret. On ne fait pas du cinéma en se disant qu’on va traiter un sujet – en tout cas pas moi. Bien sûr les histoires qu’on raconte sont traversées par certains sujets. Là, effectivement, ça parle de croyance, de foi, d’un sentiment universel, mais presque malgré moi. Je ne suis pas du tout un cinéaste à thèses ni à sujets. Oui, c’est assez visible, dans votre filmo, votre envie d’évoluer toujours dans des univers, des genres et des registres différents. C’est presque votre griffe, cette diversité. — J’ai besoin de nouveaux paysages, oui. J’ai envie de choses qui n’ont pas été racontées mille fois aux spectateurs. C’est ça qui me stimule. Bon… après, il y a quand même eu cette histoire avec Marguerite et le film de Stephen Frears qui m’a un peu chiffonné… Vous parlez de Florence Foster Jenkins ? — Oui… Le film qui s’inspirait de la même histoire que Marguerite et qui est sorti en salles quelques mois après ? — Tout à fait. Et dans le cas présent, ce n’est pas vraiment une coïncidence ni un signe du destin… J’avais proposé l’histoire de Marguerite aux mêmes gens qui ont produit le film de Frears… Mais bon, peu importe, c’est loin. Pour en revenir à votre question précédente  : je crois que, dans le fond, mon travail consiste essentiellement à trouver des situations originales… … Et ensuite à vous entourer de stars du cinéma français pour les interpréter. Les stars, c’est l’autre constante de votre filmo. — J’ai vraiment écrit L’Apparition pour Vincent Lindon. C’était lui et personne d’autre. Lindon incarne le genre de personne qui ne peut pas être dupe. Et c’était très important, pour l’implication du spectateur dans le récit. Lindon incarne immédiatement ça dans l’inconscient collectif  : le type en quête de vérité. L’Apparition, c’est exactement ça  : la trajectoire d’un sceptique qui s’éveille à ses émotions.



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