Illimité n°273 janvier 2018
Illimité n°273 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 142 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 – Portrait Par Perrine Quennesson Photos DR Les Heures sombres Sortie le 3 janvier. – L’homme des ombres Très discret depuis 2011, Gary Oldman regagne le haut de l’affiche en Winston Churchill pour Les Heures sombres. Son credo  : un acteur doit savoir maîtriser ses sorties. En incarnant pour la dernière fois Sirius Black au cinéma dans le dernier volet des Harry Potter et en reprenant le rôle de George Smiley, autrefois joué par Alec Guinness, dans La Taupe de Tomas Alfredson, Gary Oldman clôturait 2011 avec une première nomination aux Oscars et deux rôles de personnages emblématiques de la culture britannique à son palmarès. Une forme de consécration. Depuis ? Presque rien  : des seconds rôles dans, en vrac, le deuxième opus de La Planète des singes, le troisième volet du Dark Knight, le reboot de RoboCop… Oldman devenait un bruit de fond dans le star-system. Jusqu’à ce début d’année 2018 où, méconnaissable, engoncé dans un costume victorien et un double menton proéminent, il interprète Winston Churchill pour Joe Wright dans Les Heures sombres. La ressemblance physique n’est pas forcément évidente mais une caractéristique profonde lie bien les deux hommes, davantage que n’importe quel miroir  : leur capacité à se fondre dans leur propre cliché pour mieux surprendre leur auditoire. « Les Heures sombres » Dans le film de Joe Wright, Churchill (Gary Oldman) prend la tête d’un Parlement divisé et craintif alors que l’Europe est en train de tomber aux mains des nazis. Il va insuffler un vent de résistance et démontrer la souveraineté absolue de l’île tout en défendant une idée européenne de nations unies. Le message est clair. Gary Oldman était devenu un bruit de fond dans le star-system. Jusqu’à ce que… « The Crown » La série explore les relations du Premier ministre (joué par John Lithgow) lors de son deuxième mandat de Premier ministre, juste après la guerre, avec la jeune reine Elizabeth II. Il personnifie un Empire britannique un peu désuet mais fier, capable de tenir la dragée haute à ses institutions. Le message est très clair. Dans la première scène des Heures sombres, Neville Chamberlain se fait démettre de ses fonctions de Premier ministre avec pertes et fracas devant un Parlement enragé. Churchill n’est pas présent. Il est chez lui, cigare à la main, champagne pas loin, occupé à hurler sur la nouvelle dactylo. Inconséquent, le Churchill ? Pas vraiment  : l’homme a beau ne pas être sur le terrain, c’est lui qui tire les ficelles, toujours, même quand on l’imagine ronronnant au loin (c’était aussi la manière dont il était traité dans le récent Dunkerque de Nolan, jamais visible à l’écran mais toujours aux manettes). Gary Oldman est de la même trempe. Sa rareté ces dernières années n’a jamais ressemblé à une traversée du désert  : elle ne renvoyait que de la maîtrise, de la temporisation, une forme de stratégie. Tâter le terrain, occuper discrètement l’espace avant un prochain coup d’éclat destiné à marquer très fort les esprits. À la vue de tous, il se fait discret, crée l’habitude pour mieux se faire remarquer. Une vraie manœuvre de politicien qui, comme par hasard, devrait lui offrir sa deuxième nomination aux Oscars. VOTEZ CHURCHILL ! HYPER PRÉSENT À LA TÉLÉ ET AU CINÉ CES DERNIERS MOIS, L’ICÔNE BRITISH OPÈRE UN RETOUR DE HYPE DANS UN CONTEXTE POST-BREXIT. UNE COÏNCIDENCE, VRAIMENT ? « Churchill » Le film de Jonathan Teplitzky se déroule entre Les Heures sombres et The Crown. En 1944, Churchill (Brian Cox) est affaibli et craint un débarquement qui lui rappelle le douloureux souvenir des Dardanelles en 1915. Il incarne l’idée que la vraie autorité naît aussi de la complexité et du compromis. Difficile de faire plus clair.



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