Illimité n°273 janvier 2018
Illimité n°273 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 142 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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30 – Le grand papier Comme La Couleur pourpre, Munich ou Lincoln, Pentagon Papers appartient à la veine « adulte » du cinéma de Steven Spielberg, une catégorie qu’on peut aussi appeler celle des « films à Oscars » et qui implique budget moindre, casting royal et #ENTENDUALARÉDAC DES FILMS SUR LE JOURNALISME, IL Y EN A EU PLEIN, MAIS DES FILMS COMME PENTAGON PAPERS, CLAQUEMURÉS DANS L’ENFER D’UNE RÉDACTION, IL Y EN A EU MOINS. TOP 6. grand sujet historique. Les deux dénominations sont évidemment très réductrices. Elles ont le simple mérite de tracer une frontière on ne peut plus nette avec le versant entertainer du réalisateur ; celui qui est le plus fortement inscrit dans l’inconscient collectif. Il y a donc chez Spielberg deux filmographies parallèles et souvent hermétiques, « les films pour adultes » et « les films pour mômes », « les œuvres à Oscars » et « les pelloches pour le box-office », et à l’intérieur de ces deux « Violences à Park Row » DE SAMUEL FULLER (1952) Les « violences » du titre font référence à la guerre impitoyable que se livraient les premiers grands quotidiens US à la fin du XIXe. Journaliste de formation, Sam Fuller était très fier de ce film, l’un de ses plus grands bides d’ailleurs, qui observe la naissance de la presse moderne comme d’autres ont regardé la conquête de l’Ouest. Un grand western d’intérieur. Un film joyeux, alerte, véloce, qui vise à l’éveil des consciences et à la vigilance de TOUS les citoyens. tiroirs-là se logent de nombreux classiques intouchables – ce qui tendrait à prouver que oui, cet homme sait absolument tout faire, tout réussir, ne s’aliéner aucun type de public et que, comme le dit la légende, son nom est bel et bien synonyme de pur cinéma. Une fois cet hommage vibrant rendu, il faut regarder Pentagon Papers dans le blanc des yeux pour constater que ce film « pour adultes » cherche aussi (surtout ?) à s’adresser aux plus jeunes. Ça se voit à sa rythmique infernale de thriller journalistique qui cloue au fauteuil, à l’incursion inopinée de gags très « enfantins » (la représentation de Nixon façon Docteur Gang dans L’Inspecteur Gadget, par exemple) et à ses renvois perpétuels à l’actualité la plus chaude de 2017. C’est un film loin, très loin de l’humanisme rétro et laid-back du Pont des espions, du cours magistral un peu ronronnant façon Lincoln ou de la complexité géopolitique et du pessimisme déchirant qui guidaient Munich. Pentagon Papers est au contraire un film joyeux, alerte, véloce, qui vise à l’éveil des consciences et à la vigilance de TOUS les citoyens. Un film « pour adultes » peut-être, mais pour les adultes de plus de 12 ans alors. Pentagon Papers se conclut pile là où commencent Les Hommes du président, un film que les moins de 20 ans ne connaissent pas et que Spielberg invite à (re)découvrir fissa dès le retour à la maison. Il débute aussi en « Bas les masques » DE RICHARD BROOKS (1952) La même année que Park Row, le déjà très engagé Richard Brooks signait cet immense classique, un exposé d’une efficacité stupéfiante te sur la liberté de la presse porté par le groove et les punchlines pugnaces de Humphrey Bogart (« That’s the press, baby ! »). Derrière la (petite) lourdeur du film à thèse se cache le plus grand rédac chef de l’histoire du cinéma.
pleine guerre du Vietnam, là où le réalisateur du Soldat Ryan n’avait encore jamais placé sa caméra – étonnamment d’ailleurs pour un cinéaste US de sa génération. Entre cette ouverture et cet épilogue placés tous deux sous l’angle de la découverte – pour son auteur, pour son public – se déroule l’histoire plus routinière d’un scoop abrasif qu’il va falloir choisir de publier ou de remiser à l’intérieur du placard à archives. Nous sommes en 1971 et la rédaction du Washington Post, dirigée par un Tom Hanks en pleine montée de testostérone (lire p.33), met la main sur un paquet de documents officiels dévoilant les responsabilités lourdes du gouvernement US dans la guerre du Vietnam, baptisés « Pentagon Papers ». En gros  : à une époque où l’administration américaine avait promis de tempérer le conflit, elle ne faisait en fait que l’intensifier. Voilà pour la bombe qui pourrait faire sauter le président en place, Richard Nixon. Problème  : la publication de ces documents évidemment classés top- secret serait pénalement répréhensible. C’est là que va entrer en scène la big boss du Pentagon Papers Sortie le 24 janvier. 31 journal, incarnée par une Meryl Streep qui prend soudainement la main sur le film, pour devenir in fine la véritable héroïne. Héritière d’un grand quotidien, elle va devoir prendre le train de la modernité pour survivre (c’està-dire  : quitter son statut d’entrepreneuse familiale et ouvrir son capital aux investisseurs des grands groupes). Elle affrontera aussi une crise personnelle liée à ses accointances, de plus en plus problématiques dans l’exercice de ses fonctions, avec les puissants du pays. Par-dessus tout, sa légitimité sera questionnée de toutes parts, pour la simple et bonne « Les Hommes du président » D’ALAN J. PAKULA (1976) « Numéros Zéro » DE RAYMOND DEPARDON (1977) Les aventures de Pétère et Stéveune au pays du Depardon enregistre la naissance d’un journal, Watergate. Aujourd’hui les millenials français Le Matin de Paris, à travers l’élaboration de son connaissent plus La Classe américaine (sa numéro zéro – un exemplaire test avant la parodie re-doublée par Hazanavicius et sortie du numéro un. Rempli de grands pros Mézerette) que ce sommet inoxydable des de la presse française en chemises Brooks 70’s qui synthétise mieux que tous les autres Brothers (celles des Hommes du président), le le rapport que l’Amérique entretient au film se regarde aujourd’hui comme le souvenir journalisme. Là-bas, c’est encore une d’une époque défunte où l’indépendance et la vocation. Ici, la ouiche lorraine a vaincu. déontologie ne se négociaient pas. ▶ ▶



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