Illimité n°273 janvier 2018
Illimité n°273 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 142 Mo

  • Dans ce numéro : demandez le journal !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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20 – Décryptage Par Léontine Bob Photo DR – Oh Lucy ! Si tu savais… De l’Orient à l’Occident, Oh Lucy ! reprend le grand thème du « poisson hors de l’eau » en déplaçant ses protagonistes dans des univers étrangers. Vous avez l’impression de connaître ça par cœur ? Eh ben pas là. Un comte et son fidèle écuyer transportés au XX e siècle, des Jamaïcains déboulant sous la neige pour une compète de bobsleigh, des banlieusards qui atterrissent en bord de mer ou, plus récemment, le Père Noël qui débarque à Paris  : le décalage du personnage avec son environnement est le moteur conceptuel de tout un tas de comédies plus ou moins poilantes, plus ou moins célèbres, plus ou moins originales. Dans son premier long-métrage Oh Lucy !, Atsuko Hirayanagi reprend texto ce principe du « fish out of the water », comme l’appellent les Anglo-Saxons. Petite originalité, elle va l’appliquer, elle, en deux temps  : ce sera d’abord le Ricain au pays du soleil levant, puis les petites Japonaises au pays de l’Oncle Sam. Sauf que, loin de la comédie à gros sabots, cette fable douce-amère plonge « le poisson hors de l’eau » dans un grand bain mélodramatique. Et si le procédé fonctionnait aussi bien comme ça ? Setsuko (Shinobu Terajima), quarantenaire non épanouie dans son travail, traîne sa vie de Tokyoïte solitaire comme un boulet. Quand elle se voit proposer des cours particuliers d’anglais par sa nièce Mika, la rencontre avec le prof aux méthodes pédagogiques radicales (Josh Hartnett) va tout bouleverser. Le rituel hug de salutation entre le prof et l’élève, hérité des codes de la culture US, sera par exemple une révélation voire une libération pour la très prude nippone. Ça y est, elle l’aime. Stupéfaction  : quinze ans après 40 jours 40 nuits, Josh Oh Lucy ! Sortie le 31 janvier. Et si, ce qui caractérisait un poisson hors de l’eau, c’était son infinie solitude ? Hartnett n’a pas perdu grand-chose de son aura de séducteur malgré lui. Alors, quand il retourne aux États-Unis accompagné de la petite Mika, qui s’en est fatalement amourachée, Setsuko prend un vol direct pour la Californie. Un choc des cultures d’autant moins évident à appréhender lorsque va venir s’ajouter une attirance irraisonnée pour l’étranger… C’est à cet instant que le film va faire feu de tout bois. Les changements de décors, les contrastes sociaux, les différences de mœurs sont autant d’éléments qui vont faire rugir le petit moteur comique du récit. Sauf que, peu à peu, la douleur et une certaine crise existentielle vont poindre. L’exotisme intrigue, mais le choc culturel reste violent surtout lorsqu’on l’applique à des relations sentimentales. Face à une certaine pruderie japonaise, cette étreinte américaine est une porte ouverte pour Setsuko – qui ne se sent plus adaptée à son univers, où le respect collectif prime sur le plaisir individuel. Comment ce poisson hors de l’eau, donc au bord de l’asphyxie, va alors pouvoir trouver les mots pour déclarer sa flamme au beau Josh ? Comment se connecter pour de bon lorsque les regards et les gestes peuvent être mal interprétés ? De ce décalage naît une incompréhension qui débouchera sur la souffrance d’un désir à sens unique. Et si ce qui caractérisait avant tout un poisson hors de l’eau, c’était son infinie solitude ? C’est la belle idée, à la fois sensible et théorique, de Oh Lucy !
L'Insulte Sortie le 31 janvier. – Doueiri Important Person Avec L’Insulte, le cinéaste libanais et globe-trotter Ziad Doueiri signe le grand film politique de ce début d’année. Il a quitté son Liban natal au début des années 80 pour aller faire son cinéma du côté d’Hollywood. Il y a bossé notamment comme homme à tout faire pour le producteur fauché Roger Corman et devint assistant caméra pour un jeune inconnu alors, dénommé Quentin Tarantino. Assez naturellement, Ziad Doueiri s’est mis en tête de passer à l’échelon supérieur, c’est-à-dire à la mise en scène, tout en réalisant que l’industrie US ne veut pas miser un kopeck sur ses scripts, jugés trop abrasifs. West Beyrouth et Lila dit ça étaient pensés comme des films américains, ils seront respectivement libanais et français. Son quatrième long, L’Insulte, lui, a en revanche les deux pieds biens vissés dans la culture libanaise. C’est un huis clos sous tension, où s’opposent, en plein Beyrouth, les visions d’un chrétien et d’un Palestinien, après que le premier a lourdement invectivé le second. Profondément dialectique dans son approche du sujet, le film inspecte les souffrances des deux camps, rêve de réconciliation et refuse toute idée de schématisation. Idéaliste ? Nécessaire. Portrait fissa Par Romain Thoral Photo RC – 21



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