Illimité n°273 janvier 2018
Illimité n°273 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 142 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 – Cartographie Par Marc Ponceau Photos DR – Dimensions parallèles Si Downsizing, le dernier film d'Alexander Payne, s'inscrit dans une tradition de cinéma classique, il porte aussi la marque de La Quatrième Dimension, série télé 50’s qui aura laissé son empreinte partout – et dont on vient d’apprendre qu’elle allait se faire remaker très vite par Jordan Pelle (Get Out). Retour sur quelques films directement infuencés par l’anthologie SF de Rod Serling. L’Opération diabolique de John Frankenheimer (1966) Un banquier insatisfait fait appel à une compagnie spécialisée pour changer d’identité et refaire sa vie en tant qu’artiste. Avec son noir et blanc typique, sa conclusion mémorable et son intrigue qui mélange thriller et science-fiction pour faire passer un commentaire politique et social, le méconnu L’Opération diabolique ressemble en tout point à un épisode de La Quatrième Dimension. Réalisé deux ans après la fin de la dernière saison originale, il témoigne de l’impact immédiat de l’anthologie sur le cinéma US. La Rose pourpre du Caire de Woody Allen (1985) Difficile d’associer un cinéaste aussi radicalement new-yorkais que Woody Allen aux genres généralement couverts par La Quatrième Dimension  : fantastique, science-fiction, suspens et thriller. Pourtant, on trouve des traces bien réelles dans ce film, où le personnage principal sort de son univers (celui du film) pour se confronter à la réalité. Peut-être que la situation relève moins de la science-fiction que du surréalisme, mais on ne va pas jouer avec les mots  : Allen, comme La Planète des singes de Franklin J. Schaffner (1968) C’est Rod Serling, le grand manitou derrière La Quatrieme Dimension, qui a cosigné l’adaptation du roman de Pierre Boulle. Un bouquin qui pouvait se lire comme une métaphore de l’Amérique blanche des années 60, terrifiée à l’idée de l’égalité des droits avec les Noirs. Et si un doute subsiste encore sur le véritable auteur de l’inoubliable twist final, tout porte à penser qu’il s’agit de Serling lui-même, tant il est raccord avec l’esprit de sa série. Poltergeist de Tobe Hooper (1968) L’intrigue (une petite fille prisonnière d’un monde parallèle) est empruntée à l’épisode « Little Girl Lost », écrit par Richard Matheson – grand écrivain US et l’un des auteurs majeurs de la série. Pas étonnant que Spielberg soit aux manettes en tant que coproducteur (certains diront même coréalisateur). Il a une dette envers Matheson  : non seulement l’écrivain lui a mis le pied à l’étrier en signant l’adaptation de Duel (d’après sa nouvelle) mais les épisodes qu’il a écrits pour le show TV sont aussi les préférés du cinéaste. Spielby n’a pas manqué l’occasion de rendre hommage à la série en produisant La Quatrième Dimension – le film, dont il a réalisé un sketch, aux côtés d’autres auteurs ayant aussi biberonné devant le show (Joe Dante ou Robert Zemeckis). beaucoup d’autres auteurs considérés comme « sérieux », connaît la valeur de toute bonne fiction. Il s’en souviendra dans Midnight in Paris, où un écrivain découvre qu'il peut se téléporter dans les années 20 tous les soirs à minuit. Un pitch qui aurait probablement donné un grand épisode de La Quatrième Dimension.
Truman show de Peter Weir (1998) Avec sa façon de nous cacher certaines informations cruciales avant de révéler une réalité choquante (le héros découvre que toute sa vie n’était qu’une mise en scène pour un spectacle de télé), Truman Show n’a rien à envier au TV show. Pas étonnant de la part de Peter Weir, qui a fréquemment exploré ce genre de territoire, depuis Les Voitures qui ont mangé Paris (1974) jusqu’à État second (1993), un film qui poussait très loin les limites d’un thème fréquemment décliné par Richard Matheson  : des personnages qui se croient vivants sont en fait morts. Ici, c’est Downsizing d’Alexander Payne Même s’il s’en défend, Alexander Payne ne peut pas nier que le cœur de son dernier film relève de la science-fiction pure et dure. Après tout, l’histoire de Paul Safranek (Matt Damon), qui accepte de se faire rétrécir pour pouvoir s’offrir la maison de ses rêves, est une variation de L’Homme qui rétrécit (écrit par le décidément inévitable Richard Matheson !). Sauf que chez Payne, la fiction, pleine de surprises, sert à montrer que dans un monde parallèle accueillant, on reproduit toujours les mêmes schémas qui divisent les hommes. Le cinéaste n’a rien perdu de sa causticité mais elle est tempérée par un humanisme étonnant, avec son héros typiquement ordinaire. Comme si Payne avait décidé ici d’organiser la rencontre entre Frank Capra et Rod Serling. encore plus troublant lorsque le survivant d’un crash aérien (Jeff Bridges) se demande s’il n’est pas mort, tellement il se sent étranger parmi les vivants. The Village de M. Night Shyamalyan (2004) Depuis Le Sixième Sens, qui exploitait le thème classique du personnage déjà mort, n’importe quel film du scénariste et metteur en scène M. Night Shyamalyan pourrait se recommander de la série, mais aucun autant que celui-ci. Il est d’ailleurs inspiré d’un épisode de la deuxième saison de la série, « A Hundred Yards Over the Rim », qui suit un pionnier du XIX e siècle, partant chercher des médicaments et se retrouvant dans le monde moderne. Il s’agit plus d’une affaire de voyage dans le temps, mais le procédé consistant à faire coexister simultanément deux mondes différents est similaire, même si l’approche de Shyamalyan est plus ouvertement lyrique. 19 Dans la peau de John Malkovich de Spike Jonze (1999) Même s’il ne le revendique pas, le scénariste Charlie Kaufman est encore un de ces auteurs dont quasiment tous les scripts sont des héritiers purs de La Quatrième Dimension. Ici, il imagine une porte d’entrée qui donne directement dans l’univers très particulier annoncé dans le titre. Pour Adaptation, du même Spike Jonze, il illustre littéralement ce qui se passerait si un indécis se dédoublait, histoire de comparer les différentes voies choisies. Utilisant la science-fiction en faisant très attention de s’en tenir le plus loin possible du genre, il cherche à confronter en permanence la réalité et l’illusion. Son prochain scénario sera réalisé par Doug Liman, auteur du très Quatrième Dimension, Edge of Tomorrow. Downsizing Sortie le 10 janvier.



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