Illimité n°273 janvier 2018
Illimité n°273 janvier 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°273 de janvier 2018

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 142 Mo

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  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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16 – Trajectoire Par Romain Thoral Photo DR Quinze ans de carrière, une filmo déjà longue comme le bras, des cartons comme des gadins, des auteurs chics et des pelloches brutales, du hollywoodien autant que du rural  : à 41 ans, Diane Kruger a tout écumé. Elle a côtoyé Brad Pitt comme Guillaume Gallienne, sera passée sans sourciller d’un Tarantino à un Jacquot et aura emballé Jared Leto avec la même facilité que Dany Boon. Une façon de se revendiquer de partout et de nulle part qui collait bien avec son statut d’actrice apatride  : une Allemande qui devient une vedette du cinéma français et ne crache pas sur quelques piges hollywoodiennes, on n’avait plus vu ça ici depuis Romy Schneider. Kruger ne faisait pas de vague, un véritable couteau suisse pour réals en recherche d’un quota glam. Sa notoriété aura été bâtie sur l’occupation du terrain, son charme se sera dessiné sur sa capacité d’adaptation à tous les postes. Revers de la médaille  : personne ne savait vraiment jusqu’à présent ce à quoi pouvait bien ressembler « un film avec Diane Kruger ». Et puis arrive In the Fade donc, un mélo shooté par le Germano-Turc Fatih Akın (auteur en 2004 du phénoménal Head On), où Kruger se démène pour retrouver les coupables d’un attentat dans lequel ont succombé son mari et son fils. À notre connaissance, le tout premier film de sa carrière tourné dans sa langue maternelle. Plus signifiant encore  : In the Fade est conçu intégralement comme un écrin pour la mettre en valeur, elle et rien qu’elle – et ça n’a pas In the Fade Sortie le 17 janvier. – Tout le monde aime Diane Kruger Une carrière au service des films et puis soudainement un film qui se met à son service. Avec In the Fade, Diane Kruger prend enfin sa revanche. Le deuxième étage de la fusée Kruger décolle donc ici. loupé, elle est repartie du dernier Festival de Cannes avec son prix d’interprétation sous le bras. Ça, c’est une autre première  : un objet qui lui serait enfin dévoué, qui ne reposerait sur rien d’autre que sur ses petites épaules. Dans In the Fade, tout le monde se met au service de Kruger alors qu’elle a passé sa carrière à se mettre au service de tout le monde. Au fond, la véritable révolution pour l’actrice se situe dans la nature du rôle qui lui est alloué, celui d’une mère. Entendons-nous bien  : Kruger a peut-être déja joué un personnage avec des enfants au fil de sa carrière, mais elle n’avait jamais interprété le rôle d’une mère, c’est-à-dire un personnage avant tout défini par le rapport qu’elle entretient avec la maternité. C’est généralement une étape clé dans la vie d’une actrice, le moment où, aux yeux du public, de l’industrie et des institutions, on devient « une grande », où l’on se met à vous parler de « rôle de la maturité » et à vous offrir des prix. C’est précisément ce qui se joue ici, et il arrive d’ailleurs précisément la même chose ce mois-ci à Frances McDormand dans 3 Billboards – où son rôle de maman-chagrin la propulse en ultra-favorite des prochains Oscars et enfin en grande dame du cinéma US. Le deuxième étage de la fusée Kruger décolle donc ici et maintenant dans la parure de la mère courage et dans l’idée que désormais les gens vont faire la queue pour l’observer, elle. Le message devra être entendu  : à partir d’ici, Diane Kruger devient l’auteur de sa propre filmo.



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