Illimité n°272 décembre 2017
Illimité n°272 décembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de décembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 140 Mo

  • Dans ce numéro : des étoiles plein les yeux...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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28 – Interview Par François Rieux Photos Pascal Tournaire – Jusqu’au sommet Propulsé idole des jeunes au début des années 2010 avec sa série Soda, Kev Adams a enchaîné les succès sur grand écran avec une fulgurance inédite. Dans Tout là-haut, il incarne un jeune snowboarder aux rêves démesurés qui veut s’attaquer au toit du monde, l’Everest. Un rôle taillé sur mesure qui fait forcément écho à son parcours de slalomeur médaillé du cinéma français. On a dévalé un bout de piste à ses côtés. Kev, la décision d’emmener ta filmo sur un versant plus sérieux depuis quelques films vient-elle de toi, de ta sensibilité, ou des conseils stratégiques de ton entourage ? — C’est très rare que je prenne des décisions en solo. Ma famille et mes amis sont là depuis le début… Mais c’est marrant parce que tout le monde me parle de « tournant sérieux » alors que je trouve simplement que je suis de plus en plus moi. Dans la vie je ne suis pas forcément ce mec qui déconne tout le temps, à la recherche de la bonne blague. J’adore faire rire, hein, mais je prends surtout du plaisir à raconter des histoires qui sont portées par des personnages forts. Je ne me suis pas dit un matin en me levant  : « Allez hop, c’est l’heure de passer aux choses sérieuses ! » Rien à voir avec une lassitude de cette image d’ado rigolard avec sa casquette à l’envers qui te colle aux basques, donc ? — Déjà, je ne pense pas que c’est avec un seul film que l’on peut changer son image. Tout là-haut ne va pas faire oublier mes rôles précédents, il faut plusieurs films et du temps pour que le public passe à autre chose. Je n’ai pas fait le film de Serge pour qu’on oublie Les Profs et j’aime beaucoup cette image que les gens ont de moi. J’assume ça pleinement… Il y a une dimension physique dans Tout là-haut, dans les scènes de snowboard, qui était complètement absente de ton cinéma jusque-là… — Oui, enfin pour les situations les plus périlleuses j’ai eu la chance d’avoir un double champion du monde de snowboard comme doublure. Mais, sur les autres scènes, c’est bien moi qui ride, même si je n’en avais jamais fait avant le film. J’ai eu six semaines de préparation avec des riders à Chamonix. Ce sont eux les vrais Scott (son personnage,ndlr) et c’était important pour moi de comprendre leur mode de vie, de voir ce qui les fait vibrer et de me caler sur leurs habitudes. Dans le film, tu as un jeu beaucoup plus émotionnel, plus intérieur  : « Parfois j’ai très envie de faire rire, parfois j’ai envie de raconter autre chose. »
y a-t-il un désir d’aller chercher une reconnaissance plus large ? (Il marque un temps pour réfléchir.) Si c’est l’effet que ça donne, tant mieux, je vais pas m’en plaindre. Si ça « casse mon image », comme on dit, ou que ça touche une audience plus large, très bien. Parfois j’ai très envie de faire rire, donc je fais Les Profs ou je travaille avec Romain Lévy, parfois j’ai envie de raconter autre chose, à l’image de Tout là-haut. C’est une œuvre plus profonde, oui, mais qui reste fidèle à moi-même. Tu as une base de fans très dévouée qui te suit depuis tes débuts. As-tu l’impression que les derniers choix que tu as faits ont pu les laisser sur le bord de la route ? — Pas du tout. J’ai aussi envie de leur montrer que l’on peut raconter des histoires sans passer par le rire. Il faut toujours aller là où l’on ne t’attend pas. Sinon tout le monde se lasse, toi comme ton public. Aujourd’hui j’ai 26 ans. Quand j’ai commencé Soda, j’en avais 18  : ça n’a plus rien à voir. Il faut vivre avec son temps et grandir. Il existe un parallèle intéressant entre la carrière de Scott et la tienne  : la célébrité fulgurante, le fait de s’accrocher à ses rêves, d’être déterminé même si les autres ont du mal à croire en ton entreprise. — Il y a beaucoup de points communs entre Scott et moi parce que Serge (Hazanavicius, le metteur en scène du film qui était aussi celui de ses one man shows,ndlr) s’est vraiment calqué sur ma personnalité pour écrire le personnage. Il sait que j’aime aller toujours plus vite et toujours plus loin et lui aime me faire redescendre pour que je profite de l’instant présent et que j’arrête de me focaliser sur l’après. La relation entre le personnage de Vincent Elbaz et le mien dans le film est très inspirée de celle que j’entretiens avec Serge dans la vie. Il y a d’ailleurs cette scène où Vincent me dit de laisser tomber le téléphone, les selfies et les vidéos pour admirer la montagne. C’est l’illustration parfaite de ma relation avec Serge qui est une sorte de père spirituel avec qui je travaille depuis dix ans. Dans une scène, ton personnage pète les plombs sous la pression. C’est quelque chose que tu as pu ressentir à un moment donné ? — Oui mais très différemment de Scott, qui devient le meilleur snowboarder du monde en deux ans. (Rires.) De mon côté, je n’en suis qu’au début de ma carrière que je trouve encore très jeune et très fragile. Je n’ai pas l’impression d’être arrivé à un point où je me dis que tout est acquis, que tout le monde m’adore et que, du coup, je peux me bourrer la gueule et faire n’importe quoi. Je ne pète pas de câble non plus car je ne peux pas me le permettre. Je ne m’en sens pas la légitimité d’ailleurs. C’est peutêtre une question de personnalité parce que je ne suis pas un gars qui va se réfugier dans la célébration. Je vise toujours à passer en classe supérieure, à ne pas redoubler. 29 Cette classe supérieure ce serait quoi ? Un grand rôle dans un film d’auteur ? — Je pense que je ne serai jamais une icône pour auteurs, mais je serais ravi d’endosser un rôle dramatique un jour. Après, je ne me suis jamais dit que je voulais m’inscrire dans des catégories. Quand on me dit que je suis « l’acteur le plus populaire du cinéma populaire », je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire. Ça m’agace, les étiquettes. Ce que j’aime faire, avant tout, ce sont des films. J’ai eu la chance de participer au drame Un sac de billes de Christian Duguay. J’y apparais cinq minutes à l’écran. J'y parle peu. C’est un rôle relativement sobre, mais je me suis éclaté à le faire. La maturité artistique ne rime pas obligatoirement avec un changement de registre. Que ce soit dans Amis publics ou Tout là-haut, je n’ai pas cherché à faire mon Tchao Pantin. J’ai juste voulu continuer à faire mon métier. Tout là-haut Sortie le 20 décembre.



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