Illimité n°272 décembre 2017
Illimité n°272 décembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de décembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 140 Mo

  • Dans ce numéro : des étoiles plein les yeux...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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24 – Interview Par Romain Thoral Photos RC & DR – Petit Chabat Noël Alain Chabat, cinq ans s’étaient écoulés entre Didier et Mission Cléopâtre, huit entre RRRRrrrr ! et le Marsupilami. Cette fois, il vous a encore fallu cinq ans pour accoucher de Santa & Cie. Pourquoi diable est-ce aussi long à chaque fois ? — Ça dépend comment vous voyez les choses. J’ai eu l’idée de Santa & Cie le 25 décembre 2015 et il sort le 6 décembre 2017, donc en fait c’est très rapide. Deux ans entre le début d’une idée et la livraison du produit fini, c’est difficile de faire plus vite pour ce genre de films. Après quelques années de congé chabatique, Alain Chabat, le grand Nul, revient en force et en barbe dans Santa & Cie, une christmas comedy où il interprète en toute simplicité le Père Noël. Ok, donc vous vous êtes accordé trois ans de repos, en fait ? — Ahaha, voilà, exactement. Je me suis rendu compte que je n’avais jamais arrêté de bosser de 1981 à 2012 et que j’avais vraiment besoin de faire un « reset ». Qui a effectivement duré trois ans. C’est marrant que vous utilisiez ce terme de « reset », parce que Santa et Cie ressemble à un film qui remet les choses à plat. Comme si vous aviez complètement reprogrammé votre machine. — Ah ? Dans quel sens ? C’est votre le film le plus « classique », disons le plus porté par l’histoire qu’il doit nous raconter. Le premier de votre filmo où vous semblez préférer le récit aux situations de comédie. — Peut-être qu’il y avait quelque chose que je ne voulais plus faire, des terrains que j’avais suffisamment labourés... Il y a plein de scènes très marrantes que j’ai virées du film parce que, tout d’un coup, elles ne servaient plus le récit. Donc, ouais, j’avais très envie de dérouler une histoire de manière plus classique. Disons que, pour une fois, j’arrivais dans un univers assez codifié – le « film de Noël ». La petite originalité, c’est
que c’est un genre qui n’existe pas vraiment en France. C’est le côté un peu laboratoire du projet, transposer un genre typiquement hollywoodien en plein Paris. Et puis, pour la première fois dans votre cinéma, on tombe sur des personnages qui sont vraiment inscrits dans le réel, comme ce jeune couple, interprété par Pio Marmaï et Golshifteh Farahani, qui galère avec les problèmes du quotidien et tombe nez à nez avec le Père Noël. — Oui. Ça aussi, c’était nouveau. Mais, vous savez, c’est la vie propre du projet qui vous impose d’aller ailleurs. Ce n’est pas un truc réfléchi du tout, du tout. Ok, mais vous auriez pu prendre deux valeurs officielles de la Comédie-Française pour interpréter ces deux personnages. Là, ça donne l’impression que vous vouliez mettre du sang neuf dans votre cinéma. — Je voulais surtout un couple de cinéma inédit. À la fois sexy et crédible, inattendu et évident. De fait, en faisant le choix de deux acteurs moins bankables pour vous entourer, c’est vous seul qui portez le film en termes de star power. — J’espère surtout que c’est le film qui est la star, mais bon ouais, c’est vrai, je suis la tête de gondole. Après, il y a quand même Audrey Tautou, Gégoire Ludig et David Marsais, Bruno Sanches… Y a du monde autour. Mais ils sont plus périphériques à l’intrigue... — Oui. Ce n’est pas un film choral, contrairement à mes habitudes. Là où Santa et Cie reste en revanche très raccord avec votre filmo, c’est qu’on reste dans l’univers du film pour mômes. — Oui, c’est un film sur le regard des enfants, presque de l’ordre du souvenir enfantin. D’ailleurs, ça devait commencer par un flashforward où les enfants, devenus adultes, racontent l’histoire... Là, je me dis que le prochain, je le ferais bien rien que pour les adultes. En revanche, je serais bien emmerdé si je devais vous expliquer pourquoi je n’ai fait jusque-là que des films pour enfants. On essaie quand même ? — Je crois que j’aime bien leur impolitesse. Quand ils n’aiment pas, ils se cassent. C’est à la fois les spectateurs les plus impitoyables et les plus bienveillants. Du coup, c’est très stimulant de dialoguer avec eux par l’entremise d’un film. N’y êtes-vous pas aussi contraint par votre vision de cinéma, qui nécessite beaucoup de décors, de costumes et d’effets spéciaux ? Faire des films aussi chers oblige à fédérer très fort. — Si, évidemment. C’est mon grand problème  : j’essaie d’imaginer un film plus petit en termes d’échelle et soudainement je me surprends à écrire  : « Et là, une armée de Vikings débarque. » Bon, je ne peux pas m’en empêcher. Mais cette réalité économique, je la trouve saine. Elle ne me donne pas envie de me taper la tête contre les murs. Et puis, le vrai challenge, c’est de réunir tout le monde, tout en restant toujours soi-même. C’est pour ça que j’adore des mecs comme Matt Groening, Goscinny ou André Franquin. Ne pas se fruster tout en plaisant à plein de couches, très éparpillées, c’est le luxe ultime. En fait, vous n’avez pas du tout envie de changer de registre. « J’aime bien l’impolitesse des enfants. Quand ils n’aiment pas un film, ils se cassent. » Santa & Cie Sortie le 6 décembre. 25 — Ah si, si, si. Il y a quand même des vannes et des registres plus violents qui me manquent. Mais j’ai du mal à mettre ça en forme. J’ai des bribes d’histoires qui me traînent dans la tête, des notes pour un film plus barré… Je veux pas le faire juste pour casser le jouet, mais je sens que j’ai besoin d’aller par là aussi. Pour rééquilibrer la balance ? — Mmmmh, c’est plus compliqué que ça. Disons que mon obsession pour Hara Kiri, j’ai pu l’assouvir pendant des années avec les Nuls, donc ça ne me torture pas vraiment le cerveau de m’en être éloigné... Mais, comme Franquin, j’aimerais bien savoir enchaîner un tome de Gaston Lagaffe ou du Marsupilami avec un tome des Idées noires. Surtout, surtout, j’ai envie d’être moins lent, d’enchaîner. Vous m’aviez déja dit ça à l’époque du Marsupilami. — Oui, c’est vrai. À dans huit ans, alors ?



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