Illimité n°272 décembre 2017
Illimité n°272 décembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°272 de décembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 140 Mo

  • Dans ce numéro : des étoiles plein les yeux...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 – Rétro Par Romain Thoral Photos DR – De la suite et trop d’idées Les Derniers Jedi est-il l’épisode 8 de la saga Star Wars ? Ou le deuxième volet d’une trilogie ? À moins que ce soit juste le neuvième film à inspecter le même univers ? Avant de s’embrouiller définitivement avec la numérotation et les timelines, un petit tour d’horizon des franchises les plus chaotiques du cinéma s’imposait. Y a-t-il enfin un pilote dans l’avion de Ken Finkleman Déja scénariste l’année précédente de l’arnaque Grease 2 (se consacrant aux années lycée du cousin d’Olivia Newton John), Ken Finkleman réalise une suite-remakeplagiat du film des Zucker- Abrams-Zucker sorti tout juste 18 mois auparavant. TOUS les gags les plus marquants de l’original y sont refaits tels quels, transformant cette aberration cynique en objet conceptuel et quasi-dadaïste (une parodie de parodie ?). Un cas assez unique au fond, à ranger éventuellement dans le même tiroir que le remake plan par plan de Psychose par Gus van Sant. Une journée en Enfer de John McTiernan Un film que tout le monde appelle désormais Die Hard 3, ce qui doit énormément vexer son réalisateur John McTiernan (qui semble vraiment avoir un souci avec le concept de licence) puisque toute l’idée ici c’est de faire comme si Die Hard 2, signé par le rigolo-bourrin Renny Harlin, n’avait jamais existé. Thématiquement, esthétiquement, narrativement, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la brute et le truand de Sergio Leone Tout part à peu près de là, lorsque le western devint spaghetti et que Clint se trouva un poncho. Trois films conçus indépendamment par Leone, sans désir de continuité narrative, (même si dotés de plusieurs motifs récurrents), Le Syndicat du Crime 2 et 3 de John Woo et Tsui Hark 1986  : Le Syndicat du crime devient à la surprise de tous un méga hit du box office hong-kongais. Vite, une suite. Problème  : Mark, le personnage de la star Chow Yun-Fat, s’est pris plusieurs balles dans le bide à la fin du premier. Producteur du film, Tsui Hark conçoit un deuxième volet écrit à toute vitesse, imaginant un frère jumeau à Mark, délocalisant une partie du film à New York et enquillant les incohérences. Il parvient à convaincre Woo de le réaliser. Les deux se brouillent et Hark finit par réaliser en solo un troisième épisode en forme de prequel, qui n’entretient qu’un rapport très lointain avec la saga. Du grand n’importe quoi mercantile ? Parfaitement, sauf que les deux films sont absolument sensationnels. Et toc. et qui se virent re-packagés en « trilogie du dollar » ou, au choix, « trilogie de l’homme sans nom » au gré de leur différentes ressorties en salles – parce que trois tickets valent toujours mieux qu’un. Pas du tout une saga, pour le coup, mais une vraie licence, c’est-à-dire d’abord un concept marketing imaginé par des types dans des bureaux. Jeux de guerre et Danger immédiat de Phillip Noyce Alors c’est très simple  : Jeux de guerre fait suite dans la biblio de l’écrivain Tom Clancy à À la poursuite d’Octobre rouge. Il prend pour héros le même Jack Ryan, sauf que l’action se situe avant celle du précédent. Rayon adaptation ciné, même topo. Le génial McTiernan réalise le premier en 90, le tâcheron Phillip Noyce le deuxième en 92. Une licence bien huilée. En fait non, parce que Jack Ryan est interprété d’abord par Alec Baldwin avant qu’il ne soit remplacé par Harrison Ford, via un « reboot » en loucedé du studio. Et lorsqu’il s’agira d’offrir une suite à Jeux de guerre, pas question d’adapter le roman suivant de la saga Jack Ryan (Le Cardinal du Kremlin, suite directe d’Octobre Rouge) mais celui qui fait directement référence à Danger immédiat. Pourquoi donc ? Parce que l’idée, la seule, c’est que tout le monde oublie l’existence d’Alec Baldwin dans le rôle. Ainsi Danger immédiat c’est un peu Jeux de guerre 2. Mais surtout pas Jack Ryan 3, puisque c’est le quatrième volet et que Baldwin n’existe pas, combien de fois faudra t-il vous le répéter ? On vous avait bien dit que c’était simple, non ? le film ne daigne donc dialoguer qu’avec l’original et éjecte e l’autre de toute continuité. Pouf pouf, un coup d’ardoise magique, l’air de rien  : la seule suite de Die hard c’est évidemment le deuxième, donc le trois. D’ailleurs, même si elle finira par compter cinq volets, tout le monde sait très bien aujourd’hui que cette franchise ne compte en fait que deux épisodes.
X-Men  : Days of Future Past de Bryan Singer Là, ça risque de faire un peu mal à la tête. Cet objet arrivait après une trilogie « classique », c’est-à-dire des films bien numérotés comme il faut, qui avaient la politesse de raconter une même histoire dans l’ordre  : soit X-Men 1, 2 et 3. Il arrivait aussi, et surtout, après un prequel – qu’on pourrait aussi considérer comme un reboot, oui, oui – qui se déroulait dans les 60’s (X-Men 2  : Le Commencement). Bref il arrivait d’un endroit pas très clair et a donc misé sur des paradoxes temporels pour bien nous embrouiller la tête pour de bon. Days of Future Past débute ainsi dans le futur (25 ans après le 3) avant de repartir dans les 70’s (dix ans après le précédent) et d’organiser un méga yoyo temporel qui, tadaam, parvient à réunir le casting du « prequel-reboot » et de la « trilogie classique ». Même ceux qui mourraient dans le 3 sont d’ailleurs invités à cette grande fiesta gloubiboulga dans les couloirs du temps. Hourra ! Creed de Ryan Coogler Sur le papier, c’est très simple  : Creed est un spin-off, une histoire dérivée, de la saga Rocky, où Stallone ne serait cette fois ni la star (c’est Michael B Jordan) ni l’auteur (c’est Ryan Coogler) mais un simple second rôle, un mentor qui passe le témoin. Un joli geste sympa et modeste. Sauf que Creed 2 vient d’être annoncé, et que Sly n’a pas pu s’empêcher cette fois de l’écrire, de le réaliser, de l’interpréter et d’y inviter aussi son copain Dolph Lundgren en Ivan Drago (le méchant russe de Rocky 3). Pas de doute  : Creed 2 ne sera ni plus ni moins que Rocky 8 – enfin, à condition qu’on envisage Creed 1 comme Rocky 7. Une opinion à ce sujet ? Star Wars  : Les Derniers Jedi Sortie le 13 décembre. 19 Captain America  : Civil War de Anthony & Joe Russo Bienvenue dans la grande mélasse du continuum Marvel Cinematic Universe. Civil War ne s’appelle pas, comme vous l’avez remarqué, Captain America 3 – puisqu’il a été visiblement décidé dans un bureau des studios Disney que seul Iron Man avait le droit d’avoir un numéro accolé à son nom. En revanche, il aurait pu éventuellement être baptisé Avengers  : Civil War puisque c’est aussi la suite directe de Avengers  : L’Ère d’Ultron, bien plus que la suite de Captain America  : Le Soldat de l’hiver d’ailleurs. Une autre proposition pour la route ? Oui. Marvel désignant ses chapitres ciné comme des « phases », on avouerait un faible pour un titre minimalisto-arty tel que Phase 3  : Episode 1. Qui possède par ailleurs le mérite de bien désigner toute l’ambition du projet. Star Wars  : Les Derniers Jedi de Rian Johnson À une époque, disons jusqu’en 1999, les choses étaient claires  : Luke Skywalker était le seul héros de la saga Star Wars. Et puis la prélogie a retourné cette évidence comme une crêpe  : les six films mis bout à bout ne racontaient que la trajectoire tragique dun d’un seul homme (double d’ailleurs)  : Anakin Skywalker/Dark Vador. Pas simple à avaler, mais cohérent, oui. Tout du moins jusqu’à ce que Disney rachète la marque Star Wars, laisse George Lucas se reposer dans son ranch, mette gentiment de côté la prélogie honnie et décide d’inaugurer une nouvelle trilogie dont Luke serait l’épicentre. Il était le grand absent fantasmatique de La Force se réveille, il sera la méga attraction des Derniers Jedi et probablement de l’épisode 9. C’est donc désormais à une épopée sans véritable héros que l’on a affaire. La multiplication des spin-of (Rogue One il y a peu, Solo  : A Star Wars Story bientôt) ainsi que l’annonce récente d’une toute nouvelle trilogie l’énonce sans détour  : Star Wars n’est plus une histoire, c’est une galaxie.



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