Illimité n°271 novembre 2017
Illimité n°271 novembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°271 de novembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 138 Mo

  • Dans ce numéro : Nawell Madani rafle sa mise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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En France, on est comme ça  : à chaque rentrée littéraire, on accueille à bras ouverts les écrivains qui disent « je », dont les journaux intimes déferlent en librairie façon tsunami. On trouve aussi très normal que le cinéma d’auteur soit constellé d’intrigues autocentrées et d’historiettes plutôt calibrées pour le divan de Marc-O que pour l’évasion vers l’imaginaire. En revanche, côté cinéma populaire, on mise sur l’esprit d’équipe. Un peu comme si notre ADN de spectateurs se confondait avec nos âmes de supporters de foot  : du Splendid au Sens de la fête, des Charlots à La Famille Bélier en passant par Les Choristes, on aime que les récits la jouent collectif. Ce qui laisse penser que l’autofiction dramatique et le grand show du dimanche soir forment deux sphères irréconciliables. Sans doute parce qu’elle vient du standup, un art plutôt anglo-saxon qui consiste à faire rire les foules en racontant sa petite journée au turbin ou ses méditations du métro, Nawell Madani a décidé d’abattre cette frontière. On ne l’a presque jamais vue au cinéma, mais peu lui importe  : elle déboule avec une autobiographie qui assume son « je », et qui raconte son ascension vers les planches après des années de galère entre Bruxelles et Paris. Le grand papier Par Alex Vandervorst Photos DR & Fifou – 33 Adoubée par les dieux du stand-up, Nawell Madani raconte dans C’est tout pour moi son parcours de la combattante pour truster le haut de l’affiche. Elle invente la comédie française croisée avec une success story aussi pugnace qu’un film de boxe hollywoodien. Mais alors qu’est-ce qu’on raconte, qu’est-ce qu’on apporte dans les salles quand on débute et qu’on n’a que la trentaine ? C’est justement la question qu’une comique comme Nawell se pose avant d’écrire ou de taper une impro. Et la réponse, elle l’a trouvée avec C’est tout pour moi  : une comédie rythmée comme un set de stand-up, dont le modèle se trouve dans les grands hits hollywoodiens bâtis sur des trajectoires individuelles épiques. Le créneau du Rocky féminin, rieur et francophone restait à prendre  : il est pour elle. La première chose frappante dans C’est tout pour moi, c’est l’affirmation du titre  : il annonce l’histoire d’une fille pleine de niaque qui va tout casser sur son passage. Sauf que l’histoire est un peu plus complexe que ça… — Haha, c’est amusant la confusion qui existe autour de ce titre. En fait, « C’est tout pour moi » est le gimmick qu’on emploie à la fin d’un set de stand-up pour dire  : « Je vous ai tout donné, c’était mon histoire. » Beaucoup de gens ont pensé que ça signifiait  : « Je vais tout péter sur mon passage. » Mais ce serait trop prétentieux ! Le film, c’est tout l’inverse  : il raconte les baffes que je me suis prises pour arriver à mes fins… ▶ ▶



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