Illimité n°271 novembre 2017
Illimité n°271 novembre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°271 de novembre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 138 Mo

  • Dans ce numéro : Nawell Madani rafle sa mise.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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30 – Sur les docs Par Léontine Bob Photos DR – Les docus mènent l’enquête Deux documentaires replongent dans un passé trouble pour en révéler ses secrets. Chavela Vargas retrace la vie de la chanteuse rebelle éponyme et Carré 35 se lance sur les traces d’une sœur décédée et quasiment rayée de l’arbre généalogique. Suivons les indices. Chavela Vargas Sortie le 15 novembre. Qui es-tu, Chavela Vargas ? Révéler une vérité qui dérange Elle préférait les pantalons aux robes colorées à ruban et portait un flingue. Elle enchaînait des verres de tequila au milieu des hommes à en devenir alcoolique chronique. Elle séduisait les femmes, a vécu avec Frida Kahlo et aurait passé une nuit avec Ava Gardner. Aujourd’hui, de nombreuses questions planent encore autour de Chavela Vargas. En revenant sur la vie hors-norme de cette femme qui chantait l’amour, les réalisatrices Catherine Gund et Daresha Kyi actualisent son mythe. S’aventurer dans l’intimité Pour en savoir plus sur quelqu’un, quoi de mieux que de questionner ceux qui l’ont connue intimement ? Gund et Kyi se rendent tour à tour au Mexique puis en Espagne pour rencontrer les femmes et les hommes qui ont fréquenté Vargas mais surtout l’ont aimée – parmi lesquels PedroAlmodóvar. Pour la première fois, l’avocate avec qui Chavela Vargas a eu une liaison pendant plusieurs années accepte également de parler devant la caméra. Un instant stupéfiant. Mêler les sources et reconstruire une chronologie Si le documentaire s’ouvre sur une interview récente de Chavela Vargas en 1991 exhibant le dispositif filmique féminin, c’est pour une certaine chronologie que les documentaristes préfèrent opter par la suite. Au montage, les réalisatrices tissent les stock-shots, découvrant les villes via des archives officielles en noir et blanc et des vidéos en couleur tournées pour le film, naviguant dans des photos privées et offrant au spectateur des instants musicaux puissants, douloureux et passionnés. Le mystère du Carré 35 Révéler une vérité qui a été cachée Il y a des années, une enfant de 3 ans est morte dans sa famille. Elle s’appelait Christine, elle aurait été sa grande sœur. Le réalisateur, Éric Caravaca, n’en a jamais entendu parler clairement, pourtant son instinct le pousse à en savoir plus sur cette petite fille atteinte de la maladie bleue. Et il veut surtout savoir pourquoi. Pourquoi ses parents ne lui en ont pas parlé, pourquoi il n’y a plus d’images ? Il décide dès lors d’enquêter pour prouver l’existence de cette enfant qui a été effacée des mémoires. Collecter les indices et reconstituer le puzzle Comment mettre en image un film quand les photos ont été brûlées, que toutes les traces ont été effacées ? Le réalisateur fouille les archives et retourne sur les lieux pour actualiser les images du passé, bien sûr, mais il resitue aussi l’histoire dans son contexte, celui de la colonisation française au Maghreb. Des images de l’époque, donc, mais aussi d’autres, saisissantes, qui font écho à son film. Les premières sont celles des anciens abattoirs. Les secondes, celles des enfants « anormaux » rejetés par la propagande nazie. Pénétrer la vie privée Le documentaire est une affaire de temps. Interroger les personnes avant qu’elles ne partent mais aussi avant qu’elles oublient ou qu’elles décident de se taire à jamais. Poser des questions, c’est risquer de se frotter au silence voire au déni. Celui d’une mère qui refuse d’avouer la vérité et de raconter la maladie de sa fille. Pourtant les silences en disent long… Et en posant des questions frontalement, ce sont d’autres réponses qui viennent, la confession d’autres tabous et mensonges du passé qui ressurgissent. Carré 35 Sortie le 1er novembre.
– En marge L’École de la vie Sortie le 15 novembre. L’École de la vie suit le quotidien d’un groupe de trisomiques n’aspirant qu’à la norme. Bisous humides, labeurs quotidiens, murs institutionnels et grosse émotion au bout du compte. 31 À plus de 40 ans, ils aspirent à être propriétaires, à gagner plus d’argent, à emménager avec la personne qu’ils aiment, à se marier… Leur ambition ? Avoir la vie « normale » qu’ils n’ont jamais eue, comme tous les adultes de leur âge. Mais les obstacles sont nombreux pour ce groupe de trisomiques qui est encore à l’école et se confronte quotidiennement au refus de l’institution, de la loi et des familles. La sensation de mépris et l’incompréhension provoquent la colère et les pleurs car, même s’ils ont conscience des difficultés, ils se sentent capables d’assumer leurs perspectives d’avenir. Dans L’École de la vie, pas d’apitoiement  : aller de l’avant et faire ce que bon leur semble sont les mots d’ordre des amoureux Anita et Andrés, du travailleur Ricardo et de la gourmande Rita. Et la tendresse imbibe le film. Des bisous avec ou sans la langue, des discussions de groupe sur la sexualité où ils se livrent avec franchise  : dans « l’atelier de l’adulte conscient », chacun verbalise ses sentiments et ses pulsions. Dans cette école où on apprend à cuisiner et où on va vendre ses pâtisseries en faisant du porte à porte, la réalisatrice se fait discrète et capte pendant un an les moments d’intimité, les coups de gueule et les déclarations d’amour. En filigrane, elle interroge ainsi la place qui est réservée aux adultes trisomiques dans la société, questionne le regard de l’autre et dénonce une certaine injustice législative qui empêche les adultes trisomiques de décider par et pour eux-mêmes, d’accéder à une autonomie et de vivre comme ils le désirent.



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