Illimité n°270 octobre 2017
Illimité n°270 octobre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de octobre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 134 Mo

  • Dans ce numéro : Dupontel, tout en haut...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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28 – S.A.S. Par Perrine Quenesson Photo DR – Au creux des reines Confident royal Sortie le 4 octobre. En jouant pour la troisième fois à la reine d’Angleterre dans Confident royal, Judi Dench continue de refiler une image tragique et charnelle à une royauté britannique obstinément sèche et flegmatique. Malgré son côté « mal arrangé », selon un réal anglais des 60’s, le visage de Judi Dench est devenu aujourd’hui celui de la monarchie britannique au cinéma. Car c’est bien à ses traits impassibles, son port de tête majestueux, ses yeux bleu pâle et son regard froid comme un dimanche à Londres que l’actrice doit cette récurrence royale. S’il devait n’y avoir qu’un stéréotype physique de l’imperturbabilité souveraine, ce serait le sien. Pourtant, Dame Judi, de formation shakespearienne pointue, est celle qui a su insuffler un air de tragédie flamboyante à ces portraits de femmes imperturbables et contenues. Qu’elle incarne la rousse à fraise Elizabeth I re dans Shakespeare in Love ou l’austère Reine Victoria dans La Dame de Windsor et Confident royal, Judi Dench les joue toutes avec la même rigidité tranchante. Celle qu’on assimile au devoir monarchique. Son corps est engoncé dans des mètres de tissus, étouffé par des corsets, exagéré par des crinolines ou des vertugadins mais son visage impénétrable ne saurait trahir cet inconfort. Les reines qu’elle interprète sont mûres, habituées aux épreuves du pouvoir et ont transformé leurs visages en masques d’apparat. Vous ne verrez rien d’autre s’y dessiner que leur mépris et leur douleur. « Je n’imagine rien de pire »  : c’est ce que répondait il y a peu Judi Dench lorsqu’un journaliste tabloïd lui demandait si elle avait un jour rêvé de la couronne d’Angleterre. On le savait déjà  : cette crainte est contenue tout entière dans sa façon d’interpréter ses queens. Nul besoin pour elle d’entrer dans des laïus interminables sur le poids de la fonction royale ou de courir tous jupons dehors pour exprimer d’intenables frustrations. Il ne lui suffit par exemple que d’un sourire rapide mais sincère à Ali Fazal (dans Confident royal), d’un furtif geste tendre à Billy Connolly (dans La Dame de Windsor) ou d’une réplique cinglante à Colin Firth (dans Shakespeare in Love) pour traduire les intenables bouillonnements intérieurs de ces monarques anesthésiées depuis leur royale naissance. Des femmes brisées par leur destin doré. Les impossibles tentatives de liberté trouveront toujours un écho dans la voix cassée de Dame Judi. CHAUDES CONFIDENCES AMOUR ET LIBIDO CHEZ JUDI ET VICTORIA Judi Dench ne se contente pas de prêter son visage à la reine Victoria, elle partage également ses goûts en matière de relation, d’attraction et d’érotisme. Les deux ont connu LE grand amour  : pendant vingt-deux ans avec Albert pour la régente, durant trente ans avec Michael Williams pour la comédienne. Les disparitions de leurs bien-aimés n’ont pourtant pas signé celle de leur désir. Un sujet qu’elles n’ont jamais eu peur d’aborder, l’une dans ses lettres et journaux intimes en contant ses séances de galipettes avec son domestique écossais, l’autre en interview, plaidant pour son besoin toujours impérieux de lingerie fine et vantant sa sexualité épanouie à plus de 80 ans. Et si Victoria avait su remarquer les qualités physiques non négligeables d’Abdul Karim, son secrétaire indien dont le charme a foutu une pagaille pas possible dans la monarchie anglaise, Judi, elle, ne tarit pas d’éloges sur les atours d’Ali Fazal, qui l’incarne dans Confident royal. Comme elle le précise  : « Je n’ai vraiment pas eu besoin de simuler l’alchimie entre nos deux personnages. » Chaud.
Épouse-moi mon pote Sortie le 25 octobre. Jusque-là, Tarek Boudali était le grand échalas un peu neurasthénique qui servait de catalyseur à son copain Philippe Lacheau, le petit blondinet jamais loin de la surchauffe, dans les films conçus par leur clique (les deux Babysitting et Alibi.com). La clique en question s’étant baptisée en toute simplicité, et il y a déjà quelques années, « La bande à Fifi », il était facile de deviner l’identité du leader tout en mesurant les désirs d’émancipation inévitables auxquels allaient un jour se confronter les lieutenants. Comment exister dans l’ombre de Fifi, bon sang ? Ils ont dû tous en faire des nuits blanches. Écrit et réalisé en solo, Épouse-moi mon pote permet à Tarek Boudali de dessiner les contours d’une petite galaxie où l’astre doré « Fifi » deviendrait enfin un satellite assoupi. En s’offrant également le rôle du héros qui emballe la jolie meuf à la finfin, Tarek pourrait même avoir l’air d’un garçon qui prend une revanche cinglante sur son destin de second couteau. Aucune amertume ne pointe néanmoins à l’horizon. Le coup de génie ici  : refiler au flavescent Lacheau le rôle du potetitre, en faire cette fois un second rôle aussi périphérique qu’amoureusement dessiné. Boudali peut goûter ainsi à la lumière tout en scellant pour de bon son amitié avec le leader autoproclamé de son crew. Vaudeville cryptogay pour millenials, Épouse-moi mon pote raconte en creux cette bromance indéfectible et probablement inavouable entre deux garçons plus sensibles qu’ils n’en ont l’air. En d’autres termes  : Tata et Fifi, c’est pour la vie. – Rêve de queer Portrait Par Romain Thoral Photo RC – 29 Dans Épouse-moi mon pote, Tarek Boudali ose enfin voler la vedette à la tornade Philippe Lacheau. Et si c’était surtout une preuve d’amour ?



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