Illimité n°270 octobre 2017
Illimité n°270 octobre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de octobre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 134 Mo

  • Dans ce numéro : Dupontel, tout en haut...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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26 – Décryptage Par Léontine Bob Photos DR – L’animation pour adultes  : Encore plus perchée ? À notre gauche  : Téhéran Tabou interroge les paradoxes d’une société iranienne oppressive. À notre droite  : La passion Van Gogh enquête sur la mort du génie à l’oreille coupée. Au programme  : des transgressions en tout genre sur fond de trips animés. Du sexe ! Dans Téhéran Tabou, un juge fait des blagues cochonnes, une prostituée donne des chewinggums à son fils avant d’aller faire sa passe, un vieux diabétique se gave de clips aux danseuses dénudées en mangeant des sucreries… Dans la République islamique, où les interdits sont nombreux et où la censure fait rage, il aurait été inimaginable de tourner de telles séquences avec des prises de vues réelles. En choisissant l’animation, le réal Ali Soozandeh dévoile une esthétique ultra-réaliste et transgressive pour montrer frontalement la sexualité, les corps nus et les perversions les plus intimes en passant sans heurt de l’espace public à l’espace privé. Dans La Passion Van Gogh, si la sensualité des corps féminins est aussi dessinée par les courbes, les lèvres charnues et les pommettes rougies, le film livre surtout la vie dissolue du peintre à travers le témoignage de ceux qui se souviennent de lui et le racontent. Le spectateur est libre d’imaginer la sexualité de cet homme qui n’a pas vraiment eu le choix, empêché de fréquenter la femme qu’il désirait et côtoyant des prostituées pour combler sa solitude. Téhéran Tabou Sortie le 4 octobre. La Passion Van Gogh Sortie le 11 octobre. De la drogue ! Came en tout genre en Orient, alcool à profusion en Occident. En circulant dans les rues d’un Téhéran très animé, on croise un dealer en fonction sur le capot d’une voiture ou un homme qui offre un cachet à une jeune femme dans les toilettes d’une boîte de nuit. Dans celles d’Auvers-sur-Oise, on suit Armand Roulin, jeune agité à la descente facile qui n’hésite pas à profiter de son enquête sur Van Gogh pour boire jusqu’à plus soif les verres qui lui sont proposés. L’expérience sensorielle de ces animations est aussi excitante que la consommation de n’importe quelle forme de psychotrope. Le soleil devient une flaque et les couleurs vives (une écharpe, des cendres qui brûlent dans un narguilé, une capote à la fraise) laissent sur le carreau. Les visages se déforment, se raidissent pour virer à l’abstraction pure. Le voyage est hallucinant. Du rock’n’roll ! Figures à la marge, choix et modes de vie provocateurs, résistance face à l’ordre établi, les héros de Téhéran Tabou et La Passion Van Gogh sont tous irrigués d’une sève rock’n’roll. Symbole suprême  : l’oreille que s’est lui-même coupée le génie hollandais à la suite de sa dispute avec Gauguin et sa mystérieuse tentative de suicide d’un coup tiré à bout portant dans le ventre, font de lui une icône à mi-chemin entre Elliot Smith et Brian Jones. Dans Téhéran Tabou, ce sont les femmes qui se rebellent en balançant des grossièretés, en gravant des insultes sur le siège arrière d’un taxi ou en faisant des canulars téléphoniques autour d’un verre de vin. Dans une société où les aventures d’un soir débouchent sur des courses effrénées à l’hyménoplastie et où les pendaisons sur la place publique ont encore lieu, il ne subsiste pas d’autre choix que de cultiver secrètement son jardin contre culturel et ses désirs de transgression absolue.



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