Illimité n°270 octobre 2017
Illimité n°270 octobre 2017
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°270 de octobre 2017

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : UGC Ciné Cité

  • Format : (200 x 285) mm

  • Nombre de pages : 44

  • Taille du fichier PDF : 134 Mo

  • Dans ce numéro : Dupontel, tout en haut...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 – Histoire sans fin Par Marc Ponceau Photos DR – Quand on a que l’émeute Entre documentaire et fiction, Kathryn Bigelow et le scénariste Mark Boal s’appuient sur des témoignages pour reconstituer dans Detroit un épisode obscur de l'histoire américaine. L’affaire date d’il y a un demi-siècle, mais elle est méconnue. Été 1967, Detroit est au bord de l’explosion. Capitale de l’automobile et de la soul music, la ville est peuplée à 40% de Noirs, tandis que la police est blanche à 98% ! Plus encore qu’ailleurs, la tension monte jusqu’à l’incident qui provoque des émeutes et une réaction brutale des autorités. Le couvre-feu est instauré et la garde républicaine est envoyée en renfort. Pendant quelques heures, le droit n’existe plus, le chaos règne. Kathryn Bigelow, qui aime les situations extrêmes, a choisi d’illustrer cette période pendant laquelle tout est possible en reconstituant la nuit de cauchemar vécue par les occupants d’un motel soudainement pris d’assaut par quelques policiers racistes en roue libre. Pour retracer l’incident, le scénariste Mark Boal, déjà auteur de The Hurt Locker et Zero Dark Thirty pour Kathryn Bigelow, a chargé une équipe d’enquêteurs de recueillir un maximum de renseignements sous formes de documents d’archives, de minutes de tribunaux, de rapports de police. Surtout, ils ont recueilli des dizaines de témoignages auprès de divers participants aux événements  : émeutiers, policiers, soldats ou simples habitants. De cette somme d’informations, Boal et Bigelow ont mis en avant trois témoins de l’incident du motel Algiers, choisis autant pour la teneur dramatique de leur mésaventure que pour l’exemplarité de leur histoire. [voir encadré.] Si les victimes ne pouvaient ni tout voir ni tout entendre, ce qu’elles ont rapporté concorde pour décrire avec précision un cas extrême d’abus d’autorité dans un contexte chaotique. Leur témoignage forme le socle d’un récit dont le réalisme est renforcé par l’utilisation de documents d’archive. Le film retrace une partie des événements tels qu’ils ont pu être vécus mais il reconstitue aussi les zones d’ombre, c’est-à-dire ce qui se passe derrière les portes, hors du champ de vision des témoins. On entre alors dans la fiction. Laquelle aboutit toujours au réel  : au bout du compte, trois occupants du motel sont morts sous les balles de la police. Et lorsqu’il s’est agi, une fois l’ordre revenu, de juger les protagonistes, le résultat a beau être purement factuel et irréfutable, puisque dûment enregistré par les tribunaux, il est ce que le film possède de plus fort par l’indignation qu’il suscite. Cette histoire, il fallait la raconter. C’est désormais chose faite, et de façon magistrale, même si elle nous rappelle une vérité dérangeante  : cinquante ans après, rien n’a changé. « Au bout du compte, trois occupants du motel sont morts sous les balles de la police. » Detroit Sortie le 11 Octobre. LA BANDE DETROIT TROIS TÉMOINS, TROIS POINTS DE VUE SUR UNE NUIT QUI A CHANGÉ LEUR VIE Larry Reed (Algee Smith) est un musicien noir réfugié au motel Algiers pour s’abriter du chaos. Cette nuit-là, il a non seulement perdu l’occasion, avec son groupe The Dramatics, de décrocher un premier contrat en major, mais l’expérience fera s’effondrer toutes ses illusions. Des décennies plus tard, la tragédie de sa trajectoire trouve peut-être là sa raison d’être. Melvin Dismukes (John Boyega) travaillait comme gardien de nuit à proximité lorsqu’il a été attiré par l'agitation autour du motel. Une fois sur place, et vu la tournure des événements, il a décidé de rester pour limiter les dégâts. Typiquement, il s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Sa vie a été brisée par les retombées de l'incident. Originaire de Colombus dans l’Ohio, Julie Hysell (Hannah Murray) était venue passer quelques jours à Detroit avec une copine pour assister à un concert et faire la fête. Elles avaient choisi le motel Algiers pour ses tarifs avantageux. Le fait qu’elles soient blanches dans un endroit majoritairement fréquenté par des Noirs leur a valu l’hostilité des policiers racistes et, plus tard, des juges.



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