IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : un IGN en trois dimensions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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(RL -/eA)ifiz-/à3U1W ? MIK -\j-/-/E-1iffiy-eVW oe 5X ex& 7- F O R Ê T S Dans la comptabilité de nos émissions de gaz à effet de serre, la forêt occupe une place à part. C’est en effet – et de très loin – notre plus important puits de carbone, le seul à compenser de manière significative les émissions « positives » des autres secteurs. Sur le territoire national, elle a absorbé en 2017 53 millions de tonnes de CO 2, ramenant le solde net des émissions à 433 millions de tonnes. Ce rôle d’atténuation est majeur dans la Stratégie nationale bas carbone (SNBC) mise en œuvre par le gouvernement pour atteindre l’objectif d’une neutralité carbone, en application de l’accord de Paris. Un niveau de référence Encore faut-il mesurer précisément la contribution de la forêt française au bilan de gaz à effet de serre. Chargé de l’inventaire forestier national, l’IGN fournit chaque année les données nécessaires au Citepa 1, qui tient pour l’État la comptabilité carbone de la France. « Nous nous appuyons sur le travail de terrain de nos techniciens, qui visitent ou revisitent chaque année près de 14 000 placettes-témoins disséminées sur le territoire métropolitain, explique Claire Bastick, ingénieure d’études forestières. Ils mesurent par carottage la croissance des arbres, constatent leur mort ou leur coupe… Nos algorithmes de calcul convertissent ensuite ces données en carbone capturé ou libéré par les arbres, additionnent ces chiffres puis les extrapolent à l’échelle de la forêt française. Nous ne cessons de les améliorer par de nouveaux travaux de recherche. » Partie prenante dans l’accord de Paris, l’Union européenne a récemment demandé à ses États membres de se livrer à un nouvel exercice  : évaluer le bilan carbone de leur domaine forestier d’ici à 2030, en faisant comme s’il était géré de la même façon qu’entre 2000 et 2009. À partir de ce niveau de référence théorique sera calculé par soustraction un « débit » ou un « crédit » sanctionnant l’évolution des pratiques forestières. Les experts de l’IGN ont donc modélisé et projeté l’évolution de la forêt et de son puits de carbone jusqu’en 2030 18/IGN MAGAZINE/HIVER 2020 en partant de l’état observé en 2010. Ils ont rendu leurs premières estimations en décembre 2018 et leurs chiffres définitifs en novembre 2019. Développer le bois-construction « Dans notre scénario visant la neutralité carbone, le puits de la filière forêt-bois reste quasiment constant entre aujourd’hui et 2030, précise Élisabeth Pagnac-Farbiaz, chargée de mission agriculture, forêt et biomasse au ministère de la Transition écologique et solidaire. Et ce alors même que nous visons une récolte croissante afin de développer le bois-matériau. » Il en résulte un puits forestier en légère diminution puisque la forêt séquestrerait 45 millions de tonnes en 2030 en raison d’un accroissement des prélèvements afin que d’autres secteurs, particulièrement la construction, utilisent davantage de bois en remplacement de matériaux dont la production est plus émissive. Le puits des « produits bois », en revanche,
0(f/0Malgré une récolte croissante du bois-matériau, la forêt française conservera un bilan carbone constant. « En 2017, la forêt française a absorbé 53 millions de tonnes de CO 2. » f ir Istock Florian Claeys F O R Ê T S 3 Q U E S T I O N S À Chargé de mission sur le changement climatique et les forêts au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation Quel est l’intérêt de ce bilan de référence ? C’est d’abord une obligation réglementaire envers l’Union européenne, qui s’est engagée à réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% en 2030. Et nous nous dotons au passage d’une base robuste et fiable pour piloter le bilan carbone de notre stratégie forestière. Pourquoi ne porte-t-il que sur la forêt ? Les autres catégories de terres ont leurs propres systèmes de comptabilité. Elles ne sont pas oubliées comme levier d’action pour le climat, puisque nous projetons qu’elles capturent environ 10 millions de tonnes de CO 2 par an, alors qu’elles émettent environ 20 millions de tonnes aujourd’hui. Quels pourraient être ses développements futurs ? Une clause de revue est prévue en 2027 en cas de nouveaux engagements internationaux. Ce dispositif peut aussi inspirer d’autres pays forestiers, comme la Chine ou le Brésil. C’est une brique supplémentaire dans la construction de cadres de comptabilité robustes pour suivre les engagements des États contre le réchauffement climatique. passerait de 2 millions de tonnes aujourd’hui à près de 20 en 2050. Ce qui donnerait un puits quasi constant sur l’ensemble. « Outre le pilotage de notre stratégie bas carbone, l’exercice demandé par Bruxelles a conduit l’IGN et le Citepa à rapprocher leurs dispositifs de comptabilisation, conclut-elle. C’est un acquis précieux pour évaluer plus précisément toutes nos actions futures. » 1. Centre technique de référence en matière de pollution atmosphérique et de changement climatique. HIVER 2020/IGN MAGAZINE/19 1/1,



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