IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : un IGN en trois dimensions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L E DOSSIER Ariane 6  : à la recherche de la verticale absolue Le vol inaugural d’Ariane 6 se rapproche et, en coulisse, les différents acteurs s’affairent pour que la mise en orbite des satellites qu’elle transportera soit la plus précise possible. Cela implique que la centrale de navigation inertielle qui guide la trajectoire du lanceur soit parfaitement calibrée. « Et c’est là qu’intervient l’IGN, indique Laurent Cros, membre de l’équipe Ariane 6 Launch System Architect au sein de l’ESA (Agence spatiale européenne). Nous avions en effet besoin de l’expertise de l’IGN pour améliorer les performances de l’alignement de la centrale et corriger ses biais, en fonction des caractéristiques très locales du pas de tir Ariane 6. » En octobre dernier, deux géomètres de l’unité des services spéciaux du service de géodésie et de métrologie de l’IGN ont donc pris l’avion pour Kourou. Damien Pesce a fait partie de cette aventure qui a duré trois semaines. « Dans un premier temps, nous avons cherché à déterminer la valeur du champ La métrologie se met au sport Camera légère IGN La caméra légère IGN est une caméra photogrammétrique facilement embarquable qui prend des images 20 mégapixels à une résolution subcentimétrique et qui date les images avec une précision de 50 microsecondes. iStock 14/IGN MAGAZINE/HIVER 2020 de pesanteur à l’emplacement exact qu’occupera la centrale inertielle sur le pas de tir. Nous avons utilisé un gravimètre relatif pour déterminer une différence de pesanteur entre des points connus et le pas de tir. » L’autre volet de la prestation a porté sur la mesure de la déviation de la verticale qui se définit par l’écart, pour un même point, entre la perpendiculaire à l’ellipsoïde et la perpendiculaire au géoïde terrestre selon la direction locale de la pesanteur. « Nous avons mesuré le temps de passage des étoiles à un angle zénithal fixe à l’aide d’un théodolite astronomique afin d’obtenir la latitude et la longitude physiques de l’emplacement de la future centrale. Puis nous avons comparé ces relevés avec les coordonnées géographiques du même point, obtenues par mesures GNSS. Enfin, nous avons réalisé des mesures de nivellement sur toute la zone du pas de tir pour élaborer un modèle de géoïde local qui sera utilisé pour une autre méthode d’estimation de la déviation », indique Damien Pesce en conclusion. Apremière vue, le rapport entre la métrologie – la science de la mesure – et un sport nautique comme l’aviron n’est pas des plus intuitifs. Et pourtant, la première pourrait bien aider le second. C’est en effet l’objet d’une initiative menée par un groupe d’élèves de l’ENSG encadrés par François L’Ecu, du service de Géodésie et de métrologie, et Serge Botton, responsable du Centre de compétences en géodésie de l’ENSG. « L’aviron est une discipline où la technique du coup de rame joue un rôle essentiel dans la performance, explique ce dernier. Avironniste moi-même, j’ai voulu voir si on pouvait se servir des outils de la métrologie pour mieux comprendre ce qui se passe au cours d’un coup de rame, en particulier dans le rapport entre le geste du L E X I Q U E Ellipsoïde Modèle mathématique de représentation de la Terre. Géoïde Modèle de représentation de la Terre à l’aide d’une surface sur laquelle tous les points sont soumis à une même force de gravitation. IGN rameur et la vitesse du bateau. » Dans cette perspective, les étudiants ont placé de petits récepteurs GNSS géodésiques dans un « quatre sans barreur » prêté par le club nautique de Meaux. L’enjeu  : tracer l’évolution de la vitesse planimétrique de l’embarcation. Dans le même temps, les mouvements des rameurs étaient captés par une caméra légère développée par l’IGN. « En rapprochant les deux flux de données, on a pu décomposer le geste des rameurs en séquences «vitesse» distinctes, indique Serge Botton. En poussant l’exercice plus loin, on pourrait imaginer utiliser ce type de dispositif pour aider les rameurs à optimiser chaque phase de leurs mouvements et leur faire gagner ainsi quelques précieux centièmes. » Des contacts avec l’Insep (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance) ont d’ailleurs d’ores et déjà été pris en ce sens.
DR Doris, le « géomètre de l’espace » a 30 ans ! Jérôme Saunier, responsable du réseau Doris au sein du service de géodésie et de métrologie (SGM) de l’IGN Doris, c’est quoi ? Jérôme Saunier  : Le système Doris (pour Détermination d’orbite et radiopositionnement intégrés par satellite), a été conçu et déve loppé par le Cnes, conjointement avec l’IGN dans les années 1980 pour servir les satellites d’observation de la Terre. Grâce à une soixantaine de stations émettrices réparties de façon homogène sur toute la planète, on détermine avec une précision centimétrique la position des satellites équipés d’un récepteur Doris. Quelles sont ses applications ? J. S.  : Doris sert principalement l’altimétrie spatiale. Depuis la mission franco-américaine Topex-Poséidon de 1992, elle a mis en évidence la montée du niveau moyen des mers de plus de 3 mm par an. Mais Doris offre bien d’autres applications, car c’est aussi une technique de géodésie spatiale comme le GNSS. Le système Doris nous aide à mieux comprendre la dérive des continents ou des phénomènes géologiques ou géophysiques locaux (séismes, éruptions volcaniques), il contribue aussi à la détermination du repère international de référence terrestre (ITRF), ou encore participe à l’amélioration des modèles climatiques (contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère). Quelle est la nature du partenariat entre le Cnes et l’IGN sur Doris ? J. S.  : Nos rôles sont très complémentaires  : le Cnes est bien sûr le spécialiste du segment spatial, et nous apportons notre expertise en géodésie et notre expérience du terrain pour l’implantation et la maintenance du réseau au sol. Le système est en perpétuelle évolution et nous travaillons ensemble pour améliorer ses performances. Il faut aussi souligner nos efforts conjoints pour la création en 2003 du Service international Doris (IDS) et notre forte implication dans ce service qui promeut les activités de recherche basées sur les données et produits Doris. Ce partenariat est avant tout une aventure partagée qui se poursuit « main dans la main » depuis presque 35 ans, ce qui est assez remarquable ! Au quotidien, quel est votre rôle ? J. S.  : Mon rôle est de piloter une bonne partie des activités dans lesquelles l’IGN s’est engagé  : suivi des projets d’évolution du réseau depuis la recherche de nouveaux partenaires jusqu’à l’installation des stations et la détermination des rattachements géodésiques, participation à des groupes de travail pour améliorer les performances du système, gestion du centre de données IDS, représentation dans des instances internationales (IDS, IERS, IAG- GGOS) et coordination avec les équipes au Cnes, à l’IDS et les organismes hôtes du monde entier. Je voyage donc beaucoup, c’est l’une des facettes agréables de mon métier ! Cette année, je suis allé en Islande pour rechercher un nouveau site mieux adapté aux exigences système puis aux Galápagos pour resserrer L’E X P E R T International Doris Service Né en 2003, le Service international Doris (ou International Doris Service, IDS) est un service de l’association internationale de géodésie qui recueille, archive et distribue les observations collectées par Doris à partir desquelles il élabore de nombreux produits à destination des communautés scientifiques. En savoir plus  : ids-doris.org 00 0 les liens avec la Fondation Charles Darwin après une très longue interruption de service de notre station. L’avenir de Doris en quelques mots ? J. S.  : Doris présente déjà une longévité exceptionnelle dans le domaine spatial… et la bonne nouvelle, c’est que ça va continuer. En effet des missions satellitaires embarquant Doris sont programmées jusqu’en 2032. Du côté du réseau, nous avons engagé depuis juin 2019 le déploiement de la quatrième génération de balises visant à améliorer la robustesse et la performance du réseau. Enfin, l’IDS vient de redéfinir ses objectifs scientifiques pour les dix ans à venir pour lesquels le SGM et le centre de compétences en géodésie et métrologie dimensionnelle de l’IGN auront des rôles importants à jouer. D A T E S C L É S 1986 Début du déploiement du réseau. 1990 Démarrage du système. 1992 1 re mission d’altimétrie avec Topex-Poséidon. 2000 Début de la rénovation du réseau. 2003 Création de l’IDS. 2008 3 e génération de récepteurs à bord. 2019 4 e génération de balises au sol. HIVER 2020/IGN MAGAZINE/15



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