IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : un IGN en trois dimensions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Marie Ballère e L E DOSSIER Guyane  : un œil sur la déforestation Une chercheuse du LaSTIG 1 a participé à la mise au point d’une méthode de détection de la déforestation basée sur l’analyse des images satellitaires radar. Les principales causes de la déforestation en Guyane sont  : l’orpaillage légal et illégal, l’agriculture de subsistance et l’exploitation forestière. Les forêts, en particulier en milieu tropical, sont des réservoirs de biodiversité incomparables et des puits de carbone pour la régulation climatique de la planète. Avec sa couverture forestière qui représente 98% de son territoire, la Guyane dispose d’un patrimoine unique mais qui n’est pas exempt de menaces. Ces dernières décennies, le développement de l’orpaillage légal et illégal et l’exploitation forestière et agricole ont en effet engendré de nombreuses dégradations et un début de déforestation. Pour endiguer ce phénomène et protéger les 8 millions d’hectares de la forêt guyanaise, il apparaît indispensable de pouvoir suivre les atteintes à la forêt en quasi-temps réel. Mais avec quels outils ? « Pour l’heure, les systèmes de détection de la déforestation produits à large échelle de manière opérationnelle sont principalement basés sur les images satellitaires optiques, indique Marie Ballère, doctorante au CNES, sous la responsabilité de l’équipe de recherche ACTE (Acquisition et traitement des données) du LaSTIG, l’unité mixte de recherche créée en janvier 2019 sous la tutelle de l’IGN, de l’Université Paris-Est Marne-la- Vallée, et de l’École des ingénieurs de la ville de Paris. Facilement interprétables, ces images sont ce- 12/IGN MAGAZINE/HIVER 2020 pendant lourdement dépendantes de la couverture nuageuse qui «obstrue la vue» des satellites. » C’est pour contourner cet obstacle que l’équipe du Cesbio (Centre d’études spatiales de la biosphère) a élaboré une méthode de détection de la déforestation basée sur l’analyse des images satellitaires radar, relativement indépendantes des nuages et disponibles jour et nuit, ce qui les rend plus propices à un usage en temps réel. Dans le cadre de ses travaux, Marie Ballère a cherché à affiner et à valider cette méthode. Elle s’est particulièrement intéressée à la Guyane, en s’appuyant sur une série temporelle d’images Sentinel-1 couvrant la période de janvier 2016 à décembre 2018. « L’instrument de Sentinel-1 est un radar imageur, dont la fréquence (5,4GHz) n’est pas la mieux adaptée pour détecter la forêt sur une seule image ; mais en utilisant des séries temporelles nous pouvons détecter les changements, explique Marie Ballère. Dans le cas d’une forêt, les coupes se manifestent par l’apparition d’une ombre sur l’image liée à la géométrie d’acquisition du radar. Parallèlement, les surfaces déforestées entraînent aussi une légère perte de signal. En couplant les deux informations, on obtient une délimitation précise des zones dégradées. » Une fois ce travail accompli, restait à valider la pertinence de cette nouvelle méthode en rapprochant les résultats de l’étude et des données de référence transmises par des organismes locaux. La chercheuse a ensuite comparé sa technique avec les performances de GLAD Forest Alerts, application mise à jour toutes les semaines et basée sur l’exploitation des images optiques de satellites Landsat. « Et la comparaison a été à notre avantage, tant sur le plan spatial – résolution de 10 m pour Sentinel-1 contre 30 m pour Landsat que sur le plan temporel, indique Marie Ballère. En effet si, sur les deux mois de saison sèche, les deux approches offrent des résultats temporels comparables, il n’en va pas de même le reste de l’année, où la couverture nuageuse handicape nettement GLAD Forest Alerts alors que les images radar ne sont pas impactées. » Forte de ces résultats encourageants, la doctorante du LaSTIG s’attache désormais à perfectionner l’outil afin de pouvoir identifier les causes de la déforestation sur les zones détectées par Sentinel-1, cette fois-ci en conjuguant des données topographiques et des images optiques de Sentinel-2. 1. Laboratoire des sciences et technologies de l’information géographique. Sentinel-1 Sentinel-2 Sentinel-1 est une série de satellites d’observation de la Terre développés par l’Agence spatiale européenne équipés d’un radar à synthèse d’ouverture fournissant des vues avec une résolution qui peut atteindre 5 mètres. Les satellites de la série Sentinel-2 fournissent quant à eux une imagerie optique moyenne résolution, avec une précision comprise entre 10 et 60 mètres.
Yéti, et la montagne est plus sûre… Diminuer l’accidentologie des sports de neige en croisant géomatique et conditions nivologiques. Chaque année, les avalanches tuent en moyenne une trentaine de personnes en France, principalement parmi les pratiquants du ski hors piste ou du ski de randonnée. À la suite d’un hiver 2014-2015 particulièrement noir, la Fondation Petzl s’est tournée vers l’IGN pour solliciter la mise en ligne d’une cartographie des pentes sur le Géoportail. « Avec les conditions météorologiques et la composition du groupe de skieurs, l’inclinaison de la pente est en effet l’un des principaux facteurs à prendre en compte pour l’évaluation du risque d’avalanche, indique Olivier Moret, secrétaire général de la Fondation Petzl. On estime que les pentes à plus de 30° sont propices à un départ d’avalanche en période d’instabilité ; c’est pourquoi il est important de pouvoir les identifier lors de la préparation de la course. » Une demande rapidement entendue par l’IGN et plus particulièrement par Jacques Beilin, aujourd’hui responsable du pôle L’outil a été imaginé par une équipe d’enseignants de l’ENSG. enseignement du Centre de compétences en géodésie et métrologie dimensionnelle de l’ENSG et par ailleurs… instructeur skialpinisme à la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM). Disponible cet hiver Élaborée par des étudiants de l’ENSG, la carte des pentes tant attendue est mise en ligne par le pôle technique du Géoportail en novembre 2016. Mais ce n’était qu’une première étape  : « En utilisant cette carte, je me suis rendu compte qu’elle était trop riche en L E DOSSIER a informations pour être facilement utilisable, poursuit Jacques Beilin. J’ai alors mobilisé une nouvelle équipe d’étudiants pour imaginer un outil qui offrirait une visualisation plus intuitive du risque d’avalanche. » L’année suivante, un troisième groupe a développé ce qui est devenu l’outil Yéti de préparation de course, toujours en collaboration étroite avec la Fondation Petzl, rejointe par un chercheur suisse qui travaille sur le même sujet, puis par l’équipe de Camptocamp, le site de référence de la communauté montagne. En s’appuyant sur une méthode d’analyse des risques – dite 3 x 3 – bien connue des skieurs de randonnée, Yéti croise cartographie des pentes et bulletins d’estimation du risque d’avalanche de Météo-France pour proposer une visualisation des zones à risque, déclinée en trois niveaux, débutant, élémentaire et expert. « Dans un premier temps l’application a été testée par 80 personnes l’hiver dernier, poursuit Olivier Moret. Et leurs retours nous ont convaincus… Depuis le 3 décembre, elle est désormais accessible gratuitement en ligne sur le site de Camptocamp. » À temps pour que les skieurs préparent leurs premières sorties sereinement ! Pour en savoir plus https://www.camptocamp.org/yeti HIVER 2020/IGN MAGAZINE/13 Henry Faup



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