IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
IGN Magazine n°97 jan/fév/mar 2020
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°97 de jan/fév/mar 2020

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 3,8 Mo

  • Dans ce numéro : un IGN en trois dimensions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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L E DOSSIER Cette appli contribue à la sécurité des motards La préfecture du Calvados expérimente un dispositif pour signaler les portions de routes à risque pour les deux-roues. L’initiative va se généraliser dans toute la France. S ur 3 248 personnes tuées dans un accident de la route en France métropolitaine en 2018, 627 circulaient à motocyclette et, dans la grande majorité des cas, sur des routes secondaires hors agglomération. En cause  : la vitesse, la conduite sous stupéfiants, la fatigue, la distraction… Mais quid des routes en elles-mêmes ? Selon les études 1, si elles sont très rarement à l’origine d’accidents, les infrastructures routières peuvent constituer des facteurs aggravants ou favorisants. Ainsi des barrières peuvent générer des blessures supplémentaires, surtout si le motocycliste est insuffisamment équipé, tandis qu’un panneau masquant la visibilité ou un tracé peu lisible favoriseront les risques de collision en cas de manque d’anticipation. La bonne nouvelle est que ces anomalies peuvent parfois être corrigées. Encore faut-il que les points potentiellement dangereux soient identifiés ! C’est tout l’enjeu de MR2RM (Ma route en deux-roues motorisées), une application informatique développée et expérimentée par la préfecture du Calvados avec le soutien de la Délégation à la sécurité routière. S’appuyer sur les outils de l’IGN Comme bon nombre de solutions innovantes, l’aventure de MR2RM commence par la rencontre entre une idée et l’outil pour la réaliser simplement. « L’idée vient du référent deux-roues motorisées du département. Il était convaincu de la possibilité de faire appel aux motards pour qu’ils signalent eux-mêmes les éléments dangereux sur les routes qu’ils empruntent, se souvient Philippe Saunier, délégué régional Normandie et Centre-Val de Loire de l’IGN. En 2017, ce référent a participé à une réunion organisée par l’IGN pour faire découvrir nos géoservices et en particulier la plateforme collaborative Mon guichet [voir encadré ci-contre]. Et dans la foulée il nous a contactés pour que nous l’aidions à développer sa solution. » Quelques mois plus tard, le prototype de l’application MR2RM était prêt, fruit d’une 10/IGN MAGAZINE/HIVER 2020 M O N G U I C H E T Une application personnalisable Développée par l’IGN, la plateforme Mon guichet permet à un groupe d’utilisateurs de constituer et gérer une base de données « métier » qui regroupe des informations géolocalisées. Les données collectées sont stockées dans un système d’information géographique centralisé et peuvent être exportées, consultées et réutilisées dans tout logiciel d’information géographique fixe ou mobile. Mon guichet a déjà donné naissance à plusieurs outils, portant par exemple sur l’emplacement d’hydrants pour un service départemental d’incendie et de secours, sur les lieux de collision avec des animaux pour une fédération de chasse ou encore sur les itinéraires « bois ronds » pour les professionnels de la filière forêt-bois. démarche partenariale associant l’ensemble des gestionnaires de voiries, la préfecture, la Direction départementale des territoires et de la mer, les forces de l’ordre, les écoles de conduite et bien sûr les motards eux-mêmes… Le principe de l’outil est simple  : la remontée des signalements est réalisée par un groupe fermé de motocyclistes de vigie (MdV) préalablement formés et désignés au sein des structures partenaires. Ces MdV, ainsi que les structures dont relèvent les gestionnaires de voirie, sont identifiés sur l’application. j
iStock f in La saisie des signalements, appelés infrastructures aggravantes ou favorisantes (IAF) se fait de façon intuitive. Pour chaque IAF, le référent deux-roues motorisées reçoit une alerte géolocalisée et la transmet au gestionnaire de voirie concerné, qui décide de la suite à donner. En avril 2018, la préfecture du Calvados, à la demande du délégué interministériel à la sécurité routière, lance une expérimentation destinée à valider l’intérêt de l’application. Facile à utiliser L’application est disponible sur PC ou sur smartphone. Les motards de vigie repèrent les anomalies susceptibles de générer de la dangerosité, les géolocalisent, les décrivent, éventuellement en ajoutant une photo. La fiche est ensuite transmise au référent deux-roues motorisées. Membre de la Fédération française des motards en colère du Calvados, Lucas Adam a fait partie des 21 motards de vigie qui ont pu tester l’outil. « Elle s’est révélée facile à utiliser, décrit-il. L’application donne également une visibilité sur la réponse du gestionnaire. C’est important de savoir ce que l’on fait de nos remarques ! Aujourd’hui, je suis pleinement convaincu de l’intérêt d’un tel outil. En circulant sur les routes du département j’ai pu constater les améliorations apportées  : des haies ont été raccourcies et des miroirs ont été ajoutés pour améliorer la visibilité, des enrobés ont été refaits au niveau des carrefours et des panneaux ont été ajoutés pour alerter les motards comme les automobilistes. Avec MR2RM, j’ai vraiment l’impression de contribuer à sécuriser mes trajets ! » Lucas Adam n’est pas un cas isolé  : les retours d’expérience de l’ensemble des acteurs impliqués sont en effet unanimement positifs. Et cet enthousiasme n’est pas resté lettre morte puisque la Délégation à la sécurité routière a décidé d’organiser le déploiement de l’outil sur l’ensemble du territoire français. 1. Notamment l’étude européenne MAIDS « Avec MR2RM, j’ai vraiment l’impression de contribuer à sécuriser mes trajets ! » L E DOSSIER 3 Q U E S T I O N S À Bruno Berthet Sous-préfet du Calvados Qu’est-ce qui a poussé la préfecture du Calvados à engager l’expérimentation MR2RM ? Notre préfecture est très engagée dans la sécurité des motards, un public fragile qui paie un lourd tribut sur les routes. Nous avons déjà mis en œuvre plusieurs actions en concertation avec les associations d’usagers et les auto-écoles, en particulier au niveau de la formation. Mais nous avions envie d’aller plus loin en créant une interface entre les usagers de deux-roues motorisées et les gestionnaires d’infrastructures dans l’optique d’améliorer la qualité des réseaux routiers. Avec la plateforme IGN, nous avons trouvé le bon outil ! Quel est le bilan de l’expérimentation dans votre département ? Il est très encourageant ! En 2018, nous avons connu un très fort taux de signalements de la part de nos 21 motards de vigie. 81 anomalies ont été remontées et 67 d’entre elles ont été traitées en moins de deux mois par les gestionnaires responsables  : réparation de chaussée, rejointoiement, nettoyage, aménagement des bas-côtés… Sur l’année 2019, nous avons enregistré une quarantaine de signalements supplémentaires. Cela ne signifie pas que le soufflé est retombé, mais bien que les plus gros problèmes ont été résolus ! Les délais de traitement ont raccourci, passant à moins d’un mois en moyenne. Au total, 80% des dossiers ouverts sont aujourd’hui clos ou intégrés dans les programmes d’investissement des gestionnaires. Quelles perspectives pour l’avenir ? Nous continuons à travailler sur l’outil pour le rendre plus ergonomique et lui ajouter de nouvelles fonctionnalités. Nous avons aussi engagé une réflexion pour l’intégrer dans les téléphones professionnels des forces de l’ordre. Et MR2RM va continuer à grandir, au-delà des limites du Calvados, puisque notre référent deux-roues motorisées a d’ores et déjà formé les représentants de 26 départements à la demande du délégué à la sécurité routière en vue du déploiement de l’application à l’échelle nationale. a HIVER 2020/IGN MAGAZINE/11



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