IGN Magazine n°96 oct/nov/déc 2019
IGN Magazine n°96 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la Géodesie, les pieds sur terre...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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F O R Ê T S « Nous allons pouvoir enrichir l’inventaire forestier jusqu’à atteindre le niveau des biomolécules. » Mesure de la circonférence. E t si la forêt française cachait un trésor ? On sait depuis longtemps que certaines parties des arbres – les nœuds, l’écorce et les branches – sont particulièrement riches en biomolécules extractibles aux propriétés recherchées par de nombreuses industries. Exploités depuis la haute antiquité dans le travail du cuir, les tanins ont ainsi des effets antioxydants et antibactériens intéressants pour la pharmacie et la cosmétique. Tout comme les lignanes, déjà extraits de l’épicéa en Scandinavie pour être commercialisés comme compléments alimentaires. Face à la raréfaction des ressources fossiles et à la défiance croissante qu’elles soulèvent pour leurs effets sur la santé et l’environnement, ces biomolécules, renouvelables et biodégradables, pourraient porter le développement d’une chimie verte, plus vertueuse. Celle-ci aurait en outre l’intérêt d’affermir l’équilibre économique de la filière forêt-bois dont les connexes, aujourd’hui brûlés ou transformés en panneaux, seraient mieux valorisés. Lauréat 2017 de l’appel à projets « Innovation et investissements pour l’amont forestier » du ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, le projet ExtraFor_Est a précisément pour but d’évaluer la quantité et 18/IGN MAGAZINE/AUTOMNE 2019 l’intérêt de ces composés chimiques présents dans les principales essences des régions Grand Est et Bourgogne- Franche-Comté afin de vérifier leur capacité à approvisionner ces nouveaux marchés. Initié par l’INRA, il associe six laboratoires 1 et l’IGN. Ils vont travailler ensemble jusqu’à fin décembre 2021. Enrichir l’inventaire forestier « L’INRA nous a demandé de faire partie de ce consortium de recherche parce que nous réalisons l’inventaire forestier national, explique Antoine Colin, responsable de l’équipe des cinq ingénieurs spécialisés dans l’évaluation des ressources forestières de l’Institut. Pour l’instant, l’inventaire fournit le volume de bois par essence, par grand territoire. Grâce aux travaux de nos partenaires, nous allons pouvoir l’enrichir, jusqu’à atteindre le niveau des biomolécules. » Pour évaluer la ressource en bois de la forêt française, les modèles de calcul de l’inventaire extrapolent les données collectées chaque année par la soixantaine de spécialistes de l’Institut sur les 7 000 placettes témoins disséminées sur tout le territoire. Il s’agit essentiellement des essences, des hauteurs et des circonférences des arbres, à 1,30 m du
Agent forestier plaçant une mire et une tarière. Guillaume Le Berre IGN F O R Ê T S 3 Q U E S T I O N S À Francis Colin Directeur de recherche en botanique et sciences du bois à l’INRA, coordinateur du projet ExtraFor_Est ExtraFor_Est comprend un important volet de recherche fondamentale sur la richesse des arbres en biomolécules  : n’était-elle pas déjà connue ? Pas suffisamment. Par exemple, concernant l’écorce, les concentrations et les compositions varient selon la hauteur et l’âge des arbres. Il y a aussi, évidemment, de fortes différences d’une essence à une autre. Une connaissance précise de cette biodiversité est indispensable pour proposer aux industriels des produits « premium », de qualité exploitable. Sera-t-il facile de passer du laboratoire à l’usine ? C’était une autre raison de reprendre les recherches, jusqu’ici réalisées avec des procédés d’extraction éloignés de ceux de l’industrie. L’université de Lorraine utilise un solvant composé d’eau chaude et d’éthanol, considéré comme « solvant vert ». Cela ne semble pas nuire à la quantité de molécules récupérées  : près de 15% de la masse sèche sur le sapin, l’épicéa et le douglas. Bien sûr, le passage par un pilote d’extraction régional devra absolument être envisagé. Des industriels se sont-ils déjà manifestés ? C’est nous qui comptons les informer et les démarcher ! Le Feder 1 de Lorraine nous a apporté une aide supplémentaire pour réaliser une étude de marché, réalisée par le bureau d’études du pôle de compétitivité Industries agro-ressources. Au premier semestre 2020, nous aurons une liste de marchés potentiels et d’entreprises susceptibles de valoriser ce type de molécules. Nous diffuserons ces informations auprès de tous nos adhérents. 1. Fonds européen de développement régional. AUTOMNE 2019/IGN MAGAZINE/19



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