IGN Magazine n°96 oct/nov/déc 2019
IGN Magazine n°96 oct/nov/déc 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°96 de oct/nov/déc 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 7,9 Mo

  • Dans ce numéro : la Géodesie, les pieds sur terre...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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L E DOSSIER Des Antilles aux Alpes… L’entretien des réseaux matérialisés Une quinzaine de collaborateurs assurent la maintenance des infrastructures géodésiques françaises. En mars dernier un groupe de quatre géomètres a fait ses bagages pour sept semaines. Destination  : Saint-Martin et Saint-Barthélemy dans les Antilles françaises. « Le principal but de cette mission était de reconstituer les réseaux de nivellement des deux îles, explique Alain Coulomb, qui dirige le département Réseaux matérialisés. Le temps passant, une bonne partie des repères étaient devenus inutilisables, parce qu’endommagés, déplacés ou tout simplement enlevés. Et en septembre 2017, l’ouragan Irma avait porté un coup sévère aux réseaux des deux îles. » De fait, avant la mission, seuls une dizaine de points étaient utilisables sur chaque île, sur un patrimoine initial de 47 repères pour Saint-Martin et 35 pour Saint-Barthélemy. Au cours de leur séjour, les quatre agents de l’IGN ont remplacé tous les équipements qui avaient été détruits. « Concrètement, ils ont dû percer des murs, faire du béton, prendre d’innombrables mesures GNSS, faire des sauts de puce avec les niveaux, inscrire les coordonnées dans les bases de données… le tout en composant avec de nombreuses voitures roulant à vive allure sur de petites routes sinueuses et avec une chaleur qui perturbe les organismes et les mesures en raison de la réfraction sur les mires de nivellement (sorte de grande règle graduée), poursuit Alain Coulomb. L E X I Q U E Points gravimétriques Repères servant à mesurer et étudier les variations du champ de pesanteur. Voir aussi p.10. Marégraphe 12/IGN MAGAZINE/AUTOMNE 2019 IGN Instrument de mesure du niveau de la mer à un endroit donné sur une durée déterminée. Celui de Marseille marque le point zéro de l’altitude en France depuis la fin du XIX e siècle. Les équipes de l’IGN lors de la campagne de nivellement de la traverse Nice-Genève. Mais aujourd’hui, Saint-Martin comme Saint-Barthélemy disposent à nouveau de réseaux géodésiques exploitables, que nous avons également enrichis en créant deux points gravimétriques sur chacune des îles. » Nivellement de référence Retour en métropole pour une autre mission du département Réseaux matérialisés, destinée à finaliser la campagne de nivellement de la traverse NIREF Nice-Genève. « Le NIREF – pour nivellement de référence – est un réseau de nivellement de grande précision à vocation scientifique, explique Alain Coulomb. Il est composé de plusieurs traverses dont les extrémités sont des marégraphes essentiels ou des réseaux de nivellement des pays limitrophes. » La première d’entre elles a relié Marseille à Dunkerque en 1983, avec l’objectif de mesurer le dénivelé entre les deux marégraphes, ce qui a, par exemple, révélé que l’Atlantique est 15 cm plus haut que la Méditerranée et que le biais nord-sud du système NGF/IGN69, dont l’existence était soupçonnée depuis les années 1960, est d’environ 23 cm. La traverse Nice-Genève ferme la boucle du réseau NIREF et sera a priori la dernière de ce type. Engagée en 2017, elle a fait l’objet de trois campagnes de six ou sept semaines consécutives par an, menées par des équipes de quatre personnes. La mission 2019 – qui s’est déroulée de mars à juin – partait de Valloire (Savoie) pour rejoindre Genève, soit 140 km de relief chahuté, imposant de réduire parfois radicalement les distances entre les points de mesure. « Si le volet nivellement du réseau NIREF est aujourd’hui arrivé à son terme, le programme n’est pas achevé pour autant. Nous allons arpenter à nouveau la traverse Nice-Genève pour réaliser des mesures de gravimétrie tous les 10 km. Les résultats des observations de nivellement seront, quant à eux, connus l’an prochain et nous les attendons avec impatience car cela nous donnera enfin une vue d’ensemble du NIREF. »
Quand Stéréopolis prend l’autoroute… Depuis quelques mois, le véhicule d’acquisition d’imagerie 3D de l’IGN contribue à un projet d’envergure porté par la Région Île-de-France. Depuis une dizaine d’années, l’IGN dispose de véhicules de recherche dédiés à l’acquisition d’imagerie 3D géoréférencée qui sillonnent l’espace public français. Baptisé Stéréopolis III, la dernière génération est équipée de caméras panoramiques et stéréoscopiques, de capteurs Lidar 1, d’un système de positionnement par satellites (GNSS) secondé d’une centrale inertielle et d’une console de monitoring pour piloter l’ensemble des outils. Après avoir essentiellement circulé en ville au cours de différents projets de recherche partenariaux, Stéréopolis s’aventure désormais sur autoroute dans le cadre du programme Paris Région Road 5.0 lancé en octobre dernier par la Région Île de France. L’enjeu de cette initiative  : accompagner le développement de flottes de véhicules autonomes pour lutter contre la pollution de l’air, améliorer la qualité de vie des Franciliens et booster l’économie de la région. « Ce programme comprend plusieurs axes d’action, dont la création d’une base cartographique numérique haute définition (cartoHD), explique Cécile Haëck, chef de projet au service des Projets et des prestations. Et c’est ici que Stéréopolis intervient. » Sécurisation des routes Dans le cadre de ce projet, le véhicule d’acquisition a arpenté sept tronçons d’autoroutes et de routes nationales franciliennes (A1, A4, A6, A106, A86, A12 RN 12) totalisant une quarantaine de kilomètres. Le calage des données acquises a été assuré par des prises de mesures effectuées sur voies tous les 100 m sur des objets identifiables, Relevé Lidar acquis par le véhicule Stéréopolis III. principalement les bandes de signalisation horizontale, par des géomètres de l’IGN qui ont travaillé de nuit sur axes fermés pour travaux dans le cadre d’une coactivité avec la Direction des routes d’Île-de-France. Officiellement lancé le 13 mars, ce programme d’acquisitions et de traitement devrait se poursuivre jusqu’à la fin de l’année. « L’objectif de notre contribution est de fournir un environnement 3D géoréférencé en coordonnées absolues qui sera intégré à l’interface de navigation des véhicules autonomes et L E DOSSIER permettra à ces derniers de prendre tous les amers 2 dont ils ont besoin pour calculer leurs trajectoires. C’est une brique indispensable pour la sécurisation des routes et sur ce plan l’IGN se positionne comme garant de l’État », ajoute Cécile Haëck en conclusion. 1. La télédétection par laser ou Lidar (light detection and ranging) est une technique de mesure de distance fondée sur l’analyse des propriétés d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur. 2. Issu du domaine de la navigation maritime, le terme « amer » est également utilisé en robotique pour désigner les points de repère utilisés par un robot pour se repérer dans son environnement et calculer sa trajectoire. AUTOMNE 2019/IGN MAGAZINE/13 IGN IGN



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