IGN Magazine n°94 avr/mai/jun 2019
IGN Magazine n°94 avr/mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de avr/mai/jun 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 17,0 Mo

  • Dans ce numéro : la géographie au service du progrès.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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E N S E I G N E M E N T & I N N O V A T I O N Pour son travail, le chercheur s’est appuyé sur d’anciens plans de Paris. Ici, un plan Andriveau-Goujon de 1848. L A T H È S E D’U N C H E R C H E U R D E L’I G N P R I M É E Vers un référentiel géographique ancien Analyser des réseaux géo-historiques grâce à une méthode capable de détecter automatiquement des erreurs dans des plans, et participer ainsi à mettre au point un référentiel géographique ancien  : c’est le fruit du travail de Benoît Costes, enseignant-chercheur à l’IGN, dont la thèse a été primée récemment par le Conseil départemental du Val-de-Marne pour son aspect innovant. D écrire l’évolution des rues de Paris et expliquer comment les activités d’un quartier ont, au fil du temps, modifié sa structure… C’est, en substance, l’aboutissement de la thèse de Benoît Costes, enseignant-chercheur au sein de l’équipe Cartographie et géomatique (Cogit) de l’IGN. Il a cherché à élaborer une méthodologie pour parvenir à cette description, abordable pour tous les historiens, de l’évolution d’un quartier. « Notre objectif à terme est de croiser des données sociales, géographiques et démographiques pour étudier les interactions entre les pratiques des hommes et leur environnement », explique Benoît Costes. Un exemple  : s’installer dans un quartier plutôt que dans un autre, dans un bâtiment situé dans un 24/IGN MAGAZINE/PRINTEMPS 2019 lieu précis, peut favoriser le commerce et renforcer le statut social d’un groupe d’individus. « De nombreux plans anciens décrivent la ville de Paris à plusieurs temporalités. Il s’agissait d’étudier l’évolution des rues et d’analyser ainsi comment la ville, réduite à sa trame, s’est structurée et développée au cours du XIX e siècle », reprend le chercheur. En croisant et corrigeant les données extraites de ces plans, il est possible d’établir, au fur et à mesure, un support de référence sur l’espace parisien ancien. Croiser le plus de données possible La construction de ce référentiel constitue l’aspect innovant du travail de Benoît Costes. La méthode se dé- DR
roule en trois étapes. « D’abord, il s’agit d’étudier la qualité des données anciennes et de relever leurs imperfections, explique le chercheur. Puis nous corrigeons ces imperfections pour produire une donnée de référence sur la période, en intégrant éventuellement d’autres éléments. Enfin, en croisant ces différentes informations, nous pouvons décrire une évolution de plus en plus fiable de la zone observée. » Pour réaliser ce travail minutieux, Benoît Costes s’est appuyé sur cinq plans de Paris  : l’atlas Verniquet (1790), le plan Jacoubet (1830), le plan Andriveau (1849), le plan des travaux de voirie de 1871, et le plan Alphand-Poubelle de 1889 (fin des travaux haussmanniens). « Le plus difficile, au départ, a été de se procurer les données anciennes et de les vectoriser », relate le chercheur. En effet, pour intervenir et travailler de manière automatique sur un plan, une fois l’image numérisée à partir de la carte ancienne, il faut extraire tous les tracés qui vont composer l’image dans un format numérique par l’intermédiaire d’un logiciel. « Pour tous les plans étudiés, cela a constitué des milliers d’objets à saisir, mais cette étape était nécessaire  : il fallait croiser le plus de données possible pour que le référentiel soit pertinent. » E N S E I G N E M E N T & I N N O V A T I O N DR Détection automatique d’incohérences dans les plans anciens Mais comment faire ensuite pour qualifier des données issues de différentes sources, et de différentes époques ? « C’est le problème posé dans cette thèse  : très peu d’informations concernant ces sources et leur fiabilité sont disponibles. Il est alors nécessaire d’établir une procédure permettant d’étudier leur hétérogénéité, d’estimer les degrés de confiance que l’on peut accorder à chaque jeu de données et de les corriger éventuellement », reprend Benoît Costes. La première étape de cette procédure  : apparier et fusionner les données, c’est-à-dire prendre deux jeux de données et trouver les informations identiques entre les deux, puis produire un unique graphe correspondant aux tronçons de rues sur plusieurs époques. Deuxième étape  : détecter automatiquement les changements en mettant en évidence les différences entre les plans. Exemple  : sur un plan, un tronçon existe, et sur le suivant il n’existe plus. C’est le cas de la rue de Stockholm, dans le 8 e arrondissement, construite en 1831. « La rue avait à l’origine une longueur de 377 mètres, donc beaucoup plus importante qu’aujourd’hui. Mais la portion comprise entre la rue d’Amsterdam et la rue de Rome fut supprimée pour les besoins de la construction de la nouvelle gare Saint- « Il s’agissait d’étudier l’évolution des rues et d’analyser ainsi comment la ville, réduite à sa trame, s’est structurée et développée au cours du XIX e siècle. » Benoît Costes, enseignant-chercheur PRINTEMPS 2019/IGN MAGAZINE/25



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