IGN Magazine n°94 avr/mai/jun 2019
IGN Magazine n°94 avr/mai/jun 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°94 de avr/mai/jun 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : IGN

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 32

  • Taille du fichier PDF : 17,0 Mo

  • Dans ce numéro : la géographie au service du progrès.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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F O R Ê T S L es visiteurs qui s’attardent aux abords du massif de l’Arc boisé au printemps auront peutêtre la chance d’entendre l’engoulevent ronronner sur sa branche ou de voir les tritons festoyer dans la vase. Situé à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Paris, à cheval entre l’Essonne, le Val-de-Marne et la Seine-et-Marne, ce poumon vert de plus 3 000 hectares constitue en effet une précieuse réserve de biodiversité. « Bien qu’inséré dans un dense tissu urbain, il compte des milieux variés, bien conservés, souligne Lætitia Poffet, responsable à l’ONF de l'unité territoriale Brie-Boisée-Sénart. Des landes de bruyères ou de fougères, plus de 400 mares, mais aussi des arbres, évidemment, beaucoup de chênes, de bouleaux, de châtaigniers… » La forêt de Notre-Dame, la plus grande des trois qui composent le massif, est d’ailleurs classée en Zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF). Sous bonne garde Appréciée par les visiteurs – plus de 3 millions, chaque année –, cette richesse écologique, éducative, récréative et patrimoniale aurait pu se trouver menacée par la pression foncière sans le classement du massif en « forêt de protection », en mai 2016, par le Conseil d’État. Ce statut très protecteur préserve ainsi les forêts concernées de l’urbanisation, sauvegardant leur rôle social et environnemental, via une gestion durable et multifonctionnelle. Comme chaque forêt publique, elle fait l’objet d’un document formel obligatoire dûment validé par le ministère de l’Agriculture  : « L’aménagement forestier ». Son objectif ? Constituer pour 20 ans une feuille de route précise des opérations à mener, afin de répondre aux trois grandes fonctions des forêts  : production de bois, accueil du public, préservation des milieux naturels et de la biodiversité. « Pour chacune, il définit les enjeux et détermine des choix. Pour chaque parcelle, il indique par exemple l’année de passage en coupe, le type de coupe et le volume à atteindre. Il précise aussi les travaux nécessaires pour affranchir les semis de la concurrence végétale, permettre la desserte ou sécuriser les routes », détaille Lætitia Poffet. Le document actuel arrivant à échéance en 2019, l’ONF se lance aujourd’hui dans l’élaboration d’une nouvelle 18/IGN MAGAZINE/PRINTEMPS 2019 ONF/OPEX cartographie Le massif de l'Arc boisé. version, commune aux trois forêts du massif. Un rendez-vous important… Inventaire et concertation L’opération débutera bientôt par un bilan de l’action passée, puis, en mai-juin, par un état des lieux détaillé du peuplement forestier. Une photographie d’autant plus essentielle que l’ONF adopte le principe de la « futaie irrégulière », imposant, sur les parcelles, la représentation de toutes les classes d’âge, du semis à la vieille futaie. « À cet effet, nous nous dotons d’un réseau de 150 à 200 placettes permanentes géoréférencées qui sera notre outil de suivi de l’évolution de la forêt et des effets de sa gestion », explique Lætitia Poffet. Sur chacune seront recensés les arbres, leur taille, leur essence, le type de régénération en cours et le volume de bois mort. « Un gros travail qui permettra de calculer le capital de bois et d’en déduire un programme de coupes pertinent. » Dans dix ans, ces données seront à nouveau col-
« Des landes de bruyères ou de fougères, plus de 400 mares, mais aussi des arbres, évidemment, beaucoup de chênes, de bouleaux, de châtaigniers. » Lætitia Poffet, responsable à l’ONF de l'unité territoriale Brie-Boisée-Sénart F O R Ê T S lectées afin de mesurer les prélèvements effectués, l’accroissement de la forêt et son stade de régénération. Complétée par d’autres études sur son profil écologique, cette description du site sera analysée par un aménagiste avant de se transformer en programme pour deux décennies, après concertation avec les parties prenantes. Réunis au sein d’une charte forestière, les Départements, la Région et les associations locales sont en effet étroitement associés aux discussions. Prévu pour fin 2020, le document sera enrichi, un peu plus tard, d’un schéma d’accueil du public. 3 Q U E S T I O N S À Élise Avenas Responsable du service Forêt de l'agence territoriale Île-de-France est de l’ONF Quels outils de l’IGN utilisez-vous pour réaliser vos documents d’aménagement ? Nous nous servons de son fonds de cartes, mais surtout des données de son inventaire forestier, de ses précieuses estimations de croissance de la forêt, par types de peuplement et par régions. Comment le document d’aménagement tient-il compte des impondérables, inévitables en 20 ans ? Les gestionnaires bénéficient d’une latitude de quelques années pour décaler le calendrier en fonction des aléas – coup de vent, attaque de ravageurs… –, voire d’une période transitoire en cas de crise grave. Grâce aux informations fournies par nos placettes permanentes, nous pourrons également ajuster nos prévisions dans dix ans. Que faites-vous pour préserver les milieux naturels ? C’est un point important. Dans la forêt de Notre-Dame, par exemple, nous avons procédé à la restauration de landes relictuelles, à la sauvegarde de la biodiversité, à la création d’une mare, à des mesures en faveur du bois mort, à la préservation des sols… PRINTEMPS 2019/IGN MAGAZINE/19



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