IESF Magazine n°4 avr à sep 2019
IESF Magazine n°4 avr à sep 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°4 de avr à sep 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ingénieurs et Scientifiques de France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 4,5 Mo

  • Dans ce numéro : face aux enjeux incontournable de l'innovation.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER Les enjeux de LA SURVEILLANCE et de LA MAINTENANCE des ponts La catastrophe de Gênes avec l’effondrement du pont Morandi a remis à l'ordre du jour la question de l'entretien et de la maintenance des ouvrages d'art. Qu’en est-il plus précisément ? Cette catastrophe a surtout attiré l'attention de tous sur les ouvrages d'art et leur entretien. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un pont a une durée de vie limitée et doit donc être surveillé. De nombreux ouvrages ont été construits après la Seconde Guerre Mondiale. Âgés de plusieurs dizaines d’années, ils ont atteint un stade de vieillissement qui implique une vigilance. Un entretien 30 BTP ET GÉNIE CIVIL Malgré la criticité de la question du maintien et de la surveillance des ponts, de nombreuses contraintes complexifient la mise en place d’initiatives et d’actions qui permettraient de prévenir durablement les effondrements et accidents. Éclairage d’Evelyne Humbert, ancienne responsable de l’entretien des Ouvrages d’art en Île-de-France. pendant la durée de vie de l'ouvrage, parfois un renforcement ou une réparation conséquente sont nécessaires. Il est dorénavant évident qu’il n’est pas possible d’économiser au niveau de la surveillance et de l’entretien des ouvrages d’art pour garantir un réseau en bon état. De manière générale, quelle est la situation en France ? Il existe une importante documentation technique concernant la surveillance et l’entretien des ouvrages d'art. La constitution de cette bibliothèque technique a débuté après l’effondrement du pont Wilson à Tours en 1976 et elle est remise à jour de manière irrégulière. Depuis cette époque, les autorités se sont focalisées sur la surveillance et l'entretien des ouvrages d'art, essentiellement au niveau du réseau routier national et du réseau des départements, et dans une moindre mesure les agglomérations. Quelles sont les principales conclusions du rapport 2018 de l’Observatoire National de la Route en ce qui concerne l’état des ponts et des ouvrages d’art ? Cet observatoire est une synthèse des données routières nationales. Néanmoins, nous ne disposons pas d’une vision claire et précise du nombre de ponts et de leur état.
La diversité des ouvrages en France rend complexe le travail de synthèse de données routières nationales. Dans le cadre de l’observatoire, seuls 65 départements et quelques collectivités ont répondu à l'enquête, soit 62 389 ponts et 50 504 murs de soutènement. Le réseau de l'Etat comprend 12 246 ponts et 6 008 murs de soutènement. "Cette diversité complexifie le travail de synthèse mais on constate que l'état du patrimoine se dégrade" Globalement il en ressort que 1/3 des ouvrages devrait faire l'objet de travaux d'entretien, 7 à 8% ont une structure altérée, et pour 1 à 2% des La réparation des ouvrages d’art devrait être enseignée comme une spécialitée à part entière. cas une réduction des trafics peut même s’avérer nécessaire à court terme. Il y a aussi différents types d’ouvrages  : 48% des ouvrages dans les départements sont en maçonnerie alors qu’au niveau de l’État la majorité des ouvrages sont en béton armé ou précontraint. Cette diversité complexifie le travail de synthèse mais on constate que l'état du patrimoine se dégrade. Quels sont les principaux défis ? La surveillance et la maintenance des ouvrages doivent être des axes prioritaires. Il faut pouvoir mobiliser les moyens humains et financiers nécessaires malgré des contraintes budgétaires fortes. Il ne faut pas oublier que cela permet aussi de prévenir des réparations beaucoup plus chères sur le moyen et long terme. Avec l’augmentation du trafic et l’évolution des charges roulantes avec camions de plus en plus lourds sur les routes, le vieillissement des ouvrages est plus rapide que lors de leur conception. Enfin, il faut pouvoir compter sur les compétentes adéquates, car la réparation des ouvrages d'art est une spécialité à part entière. Elle doit, d’ailleurs, être enseignée en tant que telle dans les écoles. Selon vous, comment peut-on y faire face ? Il faut pouvoir s’appuyer sur un recensement précis des ouvrages et BTP ET GÉNIE CIVIL DOSSIER À propos d’Evelyne Humbert Ancienne Responsable des ouvrages d’art en Île-de- France puis inspectrice générale ouvrages d’art, Evelyne Humbert a eu un parcours professionnel axé sur les infrastructures de transport et sur les ouvrages d’art au sein du Ministère de l’Équipement. Elle est l’auteur de l’instruction technique pour la surveillance et l’entretien des ponts sur le réseau national grâce à un groupe de travail national qui regroupait le ministère, les départements, la SNCF et la RATP. une bonne connaissance de leur état, mais aussi des indications pertinentes sur leur niveau de résilience. Ces données devront également être tenues à jour et conservées dans la durée. C’est une problématique, car "La surveillance et la maintenance des ouvrages doivent être des axes prioritaires" ce n’est pas considéré aujourd’hui comme un investissement rentable sur le court terme. Pour les ouvrages les plus complexes, il serait aussi pertinent d’envisager la constitution de comités d'experts indépendants à la disposition de tous les maîtres d'ouvrage. À cela s’ajoute la nécessité de mobiliser plus de moyens financiers, notamment pour les collectivités locales, et de mutualiser les compétences. 31



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