IESF Magazine n°3 jan/fév/mar 2019
IESF Magazine n°3 jan/fév/mar 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de jan/fév/mar 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ingénieurs et Scientifiques de France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 5,9 Mo

  • Dans ce numéro : aéronautique, un secteur vigoureux et plein d'avenir.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ASSOCIATION HISTOIRE HISTOIRE Des découvertes à redécouvrir Quoi de plus exaltant pour un étudiant en licence d’histoire que de rechercher dans les archives d’IESF un pli scellé par un chercheur il y a plus d’un siècle, et contenant peut-être une découverte scientifique oubliée jamais exploitée ? Cette exploration s’est révélée différente de ce à quoi nous nous attendions… Nous avons commencé nos recherches sur le registre manuscrit des plis acceptés, comportant la date de remise du pli, et la séance où celle-ci fut annoncée ; le premier pli mentionné fut reçu le 27 septembre 1890. Considérant le délai de conservation de 99 ans, le dernier à pouvoir être ouvert se trouvait être le n°112, déposé le 23 avril 1919 (116 e pli). Nous avons lu les comptes-rendus de séances où étaient consignés les dépôts de plis, les événements de l’association et les travaux en cours des membres d’IESF, afin d’en savoir plus sur le contenu des plis déposés. Pour avoir une vision plus précise des recherches, nous avons recoupé les comptes-rendus avec les listes des membres et les résumés des travaux. Le comte Henri de Ruolz-Montchal, compositeur et chimiste français ayant inventé le procédé « ruolz ». 12 Une datation difficile pour les plis les plus anciens Très vite, un problème de datation apparaît. Dans le premier tome des « Mémoires et comptes-rendus » relatant la séance du 7 avril 1893 nous relevons la phrase suivante  : « Monsieur le Président rappelle que la Société conserve depuis fort longtemps un certain nombre de plis dont elle ignore absolument le contenu ; l’un, entre autres, a été déposé en 1852 par Monsieur de Ruolz  : personne n’en a demandé, à son nom, l’ouverture » ; la pre- ASSOCIATION mière apparition sur la liste des plis d’Henri de Ruolz est la mention d’un dépôt en date du 27 septembre 1890 (pli n°2), soit 38 ans plus tard. Ce décalage est également présent dans la différence entre la date de remise et la date de mention du dépôt, faite en séance. Ainsi, pour Monsieur Love, qui dépose un pli (n°1) le 27 septembre 1890, une séance d’annonce de dépôt est notée plus de 30 ans avant, le 7 septembre 1860. La fiabilité de registre ayant été remise en question, il est probable qu’il ait été mis en place lorsque le système des plis cachetés prit une plus grande ampleur au sein de la Société des Ingénieurs Civils de France (ancêtre d’IESF). On peut supposer qu’avant cela, le registre n’existait pas et qu’il ait été composé a posteriori, ou qu’il était moins rigoureux ou noté autrement. Hypothèse probable car cela fut également le cas à l’Académie des Sciences. Soumis par Jean Bernoulli (père de Daniel Bernoulli, qui formule le théorème Georges-Henri Love, président d’IESF en 1868.
éponyme) en 1701, leur premier pli ne porte pas de numéro, la procédure de dépôt n’ayant été officialisée qu’en 1735. Monsieur Love et Monsieur de Ruolz, les deux premiers mentionnés sur le registre d’IESF, sont donc deux cas intéressants et similaires, tant dans le problème chronologique qu’ils posent, que par le contenu inconnu de leurs plis récupérés. Le comte Henri de Ruolz-Montchal, chimiste, artiste… et toujours actif dans l’au-delà Dans le cas du comte Henri de Ruolz-Montchal (1808-1887), nous pouvons supposer que son pli concernait l’alliage qu’il mit au point et qui porte son nom, le ruolz, utilisé en joaillerie et pour la fabrication des couverts. A moins que cet alchimiste du XIX e siècle, comme l’appelait son ami Alexandre Dumas, n’ait voulu garder secret l’un des opéras qu’il composa lorsqu’il était élève de Lesueur et Rossini. Le pli ayant été récupéré, son contenu restera secret. Décédé en 1887, son dernier pli déposé en 1890 confirme le problème de datation du registre. Monsieur Love ? Père ou fils ? En examinant les registres, on s’aperçoit qu’il existe deux dénommés Love dans les annuaires d’IESF  : Georges-Henry et Paul-Henry, son fils. Ce dernier est présenté comme un jeune homme brillant, sorti de l’École Centrale et ayant gravi les échelons jusqu’à devenir ingénieur-chef des usines Schneider & Cie. Son père était également un scientifique. Centralien lui aussi, George-Henry fut élu Président de la Société des Ingénieurs Civils de France en 1868, ayant été un membre très actif dès son admission en 1849. Intéressé par l’électricité, Georges-Henry développa un nouveau point de vue allant à l'encontre de l'opinion professée en physique à cette époque concernant l’électricité en mouvement. Selon les comptes-rendus de séances, le pli cacheté qu’il remet en 1860, est retiré avant la publication de ses travaux en 1861 sous leur titre originel. Là aussi, la date de 1890 inscrite au registre laisse apparaître une incohérence. D’autres découvertes à venir… Notre mission à IESF s’achève déjà alors que nous n’avons fait qu’entrouvrir l’histoire des plis cachetés. Bonne chance aux explorateurs qui nous suivront pour découvrir le trésor caché dans ces archives. Charles-Eric Duvic, Lucie Lautre, Violaine Lecocq, étudiants à la Sorbonne HISTOIRE Le pli cacheté est un service IESF permettant d’authentifier la date de dépôt d’une enveloppe scellée pour attester de l’antériorité d’une idée sans avoir à la révéler contrairement au dépôt de brevet. La mise en œuvre peut alors être faite sans crainte de se faire voler l’idée mais en restant protégée au cas où quelqu’un d’autre souhaiterait déposer un brevet. En savoir +  : pliscachetes.iesf.fr ASSOCIATION 13



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