IESF Magazine n°1 avr/mai/jun 2018
IESF Magazine n°1 avr/mai/jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de avr/mai/jun 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ingénieurs et Scientifiques de France

  • Format : (211 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 41,7 Mo

  • Dans ce numéro : IESF, son histoire, ses missions et ses actions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER Nucléaire  : incertitudes & enjeux Qu’entend-on par plan de réduction nucléaire ? Prise dans le cadre de la Loi de la Transition Energétique, cette décision politique demeure floue en termes de délais et de mode de déploiement. De récentes déclarations dans la presse laissent entendre que nous nous dirigerions vers une réduction de 75% à 55% aux environs de 2035, soit l’arrêt d’une dizaine de réacteurs. Il n’y a pas de raison économique derrière ce plan. Le coût du nucléaire le plus 36 ÉNERGIE Repoussé de 2025 à 2035, le plan de réduction du nucléaire est encore à l’étude par le gouvernement qui planche sur une feuille de route et un calendrier. À cela s’ajoutent des incertitudes sur les alternatives de remplacement et l’impact sur la consommation mais aussi sur l’économie du pays. Le point avec Lionel Taccoen, Ingénieur et Consultant. élevé reste l’investissement mais ce dernier a été investi. Ainsi, malgré le Grand Carénage, la production d’électricité nucléaire est très bon marché. Ce plan ne présente par ailleurs aucune raison d’un point de vue de la sûreté, l’Autorité de Sûreté Nucléaire n’ayant pas demandé d’arrêt, ni aucune raison d’un point de vue environnemental, puisque le nucléaire ne produit pas de gaz à effet de serre. Sur le plan énergétique, quels sont les enjeux derrière cette démarche ? Quelles sont les alternatives ? La réduction du parc nucléaire pose la question de son remplacement dans le mix énergétique. Lors de son interview du 17 décembre 2017 sur Lionel Taccoen
France 2, le Président de la République a déclaré que les énergies intermittentes ne pouvaient pas remplacer le nucléaire. Ajoutons que le développement des énergies intermittentes en France pose des problèmes de déficit commercial. Nous ne fabriquons que très peu de panneaux photovoltaïques par exemple. Face à la concurrence chinoise, se lancer massivement dans l’industrie photovoltaïque n’est pas envisageable. De même, les composants principaux de nos éoliennes sont importés. Ensuite, si l’on souhaite un fort développement du parc de véhicule électrique, la baisse de la consommation d’électricité ne semble pas être une alternative viable et pertinente. À cela s’ajoutent les besoins croissants des bâtiments en électricité. Dans ce secteur, la politique climatique française tourne au désastre. À l’heure actuelle, le chauffage des nouveaux bâtiments a tendance à passer au gaz, alors que l’électricité reste l’option qui émettrait le moins de gaz à effet de serre. Il faut très rapidement, inverser la tendance et favoriser le chauffage électrique. Les réflexions gouvernementales sont nourries par les 5 scénarios décrits par le RTE, (Réseau de Transport d’Électricité). Alors que nous avons atteint 2% de croissance en 2017, les hypothèses émises à travers ces scénarios s’appuient sur une croissance économique comprise entre 1,5 et 2%. Il va de soit que l’objectif du gouvernement est d’encourager la croissance. Or "Si la date butoir pour le plan de réduction du nucléaire a été fixée à 2035, rien n’est encore très précis" aucun scénario officiel n’envisage une croissance supérieure à 2%. Les prévisions de consommation d’électricité sont sous-évaluées pour au moins trois raisons  : pas d’hypothèse envisageant une croissance supérieure à 2%, une prise en compte insuffisante de l’essor nécessaire des véhicules électriques (la Programmation Pluriannuelle de l’Energie prévoit de bien faibles aides dans ce domaine), et enfin la réduction rapide du chauffage des bâtiments par des combustibles fossiles par l’extension du chauffage à l’électricité. En résumé, la politique gouvernementale contient des contradictions et on ne distingue pas ce qui remplacerait une baisse de la production nucléaire d’électricité. Cela ne sera pas une baisse de la consommation ni, comme l’a indiqué le Président de la République, l’accroissement des énergies intermittentes. Il ne reste donc plus que la compensation par des centrales à combustible fossile, mais cela est impensable compte tenu de notre politique climatique. Enfin, la réduction du parc nucléaire gêne directement la vente de nos réacteurs, de nos technologies et d’une manière gé- nérale de notre savoir-faire à travers le monde. En effet, si nous n’avions pas nousmêmes acheté des avions ÉNERGIE DOSSIER Rafales, l’Egypte nous en aurait-elle achetés ? Aujourd’hui, concrètement, qu’en est-il ? L’arrêt de Fessenheim a été annoncé par le directeur de la centrale. Des mesures sont prises pour préserver l’emploi et l’économie locale. Sans prendre en compte leur coût, et d’après une étude commandée à un bureau d’études par les syndicats d’EDF, l’arrêt de Fessenheim devrait coûter entre 1,6 à 6 milliards d’euros à la collectivité française. Et pour conclure ? Si la date butoir pour le plan de réduction du nucléaire a été fixée à 2035, rien n’est encore très précis. Les contradictions de la politique officielle sont telles qu’il est invraisemblable qu’elle reste ce qu’elle est. L’énergie nucléaire en chiffres clés La France est le 2 ème producteur mondial d’énergie nucléaire Environ 75% de l’électricité provient du nucléaire 19 centrales 58 réacteurs, dont 42 ont plus de 30 ans 84% de la production nucléaire est assurée par 6 régions Coût du Programme d’investissement sur la période 2014- 2025 dit « Grand Carénage »  : 45 mds d’ € pour 58 réacteurs 37



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