IESF Magazine n°1 avr/mai/jun 2018
IESF Magazine n°1 avr/mai/jun 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°1 de avr/mai/jun 2018

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Ingénieurs et Scientifiques de France

  • Format : (211 x 297) mm

  • Nombre de pages : 48

  • Taille du fichier PDF : 41,7 Mo

  • Dans ce numéro : IESF, son histoire, ses missions et ses actions.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER L’apprentissage comme choix de formation Encore aujourd’hui, très peu d’étudiants savent que l’apprentissage fait partie des différentes formations pour obtenir un diplôme d’ingénieur. C’est la voie choisie par Clio Molines-Chapon, chargée de mission auprès du directeur du Syndicat Départemental d’Énergie et d’Équipement (SDEE) de la Lozère. Elle revient sur son parcours atypique et sur la manière dont son cursus a impacté ses choix de carrières. Lors de vos études, vous avez choisi le parcours en alternance. Pourquoi ? Même si en Terminale S j’ai suivi l’option sciences de l’ingénieur, j’ai longtemps hésité concernant mon orientation. J’étais attirée par le métier d’ingénieur mais je doutais de mes compétences. Finalement, suite à un salon de l’orientation où j’ai flashé sur un stand dédié au Web, j’ai choisi de faire un IUT en informatique avec une formation courte et 28 FEMMES INGÉNIEURES Mende, siège du SDEE en Lozère concrète. Ma première année a été difficile, j’ai eu du mal notamment avec l’algorithmie qui nécessite une gymnastique de l’esprit que je ne maîtrisais pas. Je me rappelle avoir pensé à jeter l’éponge mais je me suis quand même accrochée. La seconde année a été plus facile et j’ai terminé mon cursus avec un classement honorable avant de rejoindre, en 2003, l’école d’ingénieurs 3IL (Institut d’Ingénierie Informatique de Limoges) au sein de l’antenne de Rodez qui propose une formation en apprentissage. Étonnamment, on trouve peu de femmes dans ces cursus. Pour moi, cette école a été une révélation. Même si Clio Molines-Chapon j’étais totalement
hermétique à certaines matières comme celle de l’électronique et les infrastructures réseau, je me suis passionnée pour la programmation, les bases de données, les systèmes d’information, la gestion de projets ou la sécurité. Pendant ces 3 années, en plus des cours, j’ai été en alternance au sein d’AGT Groupe (désormais Synergee), une entreprise à taille humaine où des projets très intéressants m’ont été confiés. Comment votre formation a-t-elle impacté votre parcours par la suite ? À peine un mois après l’obtention de mon diplôme en 2006, j’ai été recrutée en CDI comme Ingénieure étude et développement par IOcean, une SSII basée à Montpellier. Quelques jours après mon intégration dans l’entreprise, j’étais opérationnelle. En effet, une fois sur le marché du travail, les apprenti(e)s ne sont pas complètement débutants, ils font preuve d’une plus grande adaptabilité au monde de l’entreprise qu’ils connaissent déjà. Il est dommage que ce cursus souffre encore d’une image péjorative en comparaison aux « grandes » écoles d’ingénieurs. Cette formation est pourtant idéale  : les écoles sont gratuites ce qui favorise l’égalité des chances, on perçoit un salaire dès la première année, et, en associant théorie et pratique, ce parcours permet une meilleure intégration sur le marché du travail, un critère souvent décisif lors des recrutements. Aujourd’hui, vous êtes chargée de mission au sein du Syndicat Départemental d’Énergie et d’Équipement (SDEE) de la Lozère … Lozérienne d’origine, je souhaitais vivre dans ce département afin de profiter d’une qualité de vie rare. J’ai donc mis fin à mon contrat en SSII. Ayant l’envie d’entreprendre en m’appuyant sur les connaissances acquises au travers de l’option « création d’entreprises » que j’avais suivie à l’école, je me suis mise à mon compte en tant qu’ingénieure libérale spécialisée dans le Web, et ce pendant 7 ans. Aujourd’hui, je suis chargée de mission auprès du directeur du SDEE, qui œuvre pour les collectivités dans les domaines de l’électrification, l’environnement, l’eau et assainissement et les énergies renouvelables. Si je fais encore un peu de digital, mes fonctions actuelles (communication, qualité, RH, veille technologique, stratégie de développement) ont totalement changé par rapport à ma formation initiale. En parallèle, je m’investis dans des causes qui me tiennent à cœur et notamment l’association Femmes Ingénieurs. En tant que femme ingénieure, avez-vous été confrontée à des difficultés particulières ? Comme pour toutes les mamans actives, la principale difficulté reste celle de la gestion du temps. Gérer des enfants en bas âge et mener une carrière professionnelle de front est FEMMES INGÉNIEURES DOSSIER Après des choix peu classiques, Clio Molines-Chapon concilie sa vie professionnelle et sa vie privée dans sa région natale "En associant théorie et pratique, ce parcours permet une meilleure intégration sur le marché du travail, un critère souvent décisif lors des recrutements" un exercice complexe. Il n’est pas évident de tout concilier et certains choix peuvent même être culpabilisants. À cela s’ajoute la nécessité d’être très bien organisée pour ne pas tomber sous le poids de la fameuse « charge mentale ». Même si cette course permanente contre la montre est une difficulté, elle permet néanmoins aux mamans d’être efficaces, pragmatiques et d’aller à l’essentiel dans leur vie professionnelle, privée et familiale. Et pour conclure ? Il est important que les jeunes filles étudiantes se fassent plus confiance et se dirigent naturellement et sans complexe vers les carrières d’ingénieurs, notamment dans le secteur du numérique où des milliers d’emplois les attendent ; et si c’est par la voie de l’apprentissage, c’est encore mieux ! Quelques chiffres 116 établissements sont accrédités pour délivrer un ou plusieurs diplômes d’ingénieurs par la voie de l’apprentissage et 15% des ingénieurs diplômés sont issus d’une formation dans le cadre d’un contrat d’apprentissage*. D’une manière plus globale, 80% des apprentis obtiennent leur diplôme, 80% sont en poste six mois après leur formation et deux tiers d’entre eux disposeront d’un CDI. *Chiffre issue de la CDEFI (Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs). 29



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