Idées Japon n°21 sep 18 à fév 2019
Idées Japon n°21 sep 18 à fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°21 de sep 18 à fév 2019

  • Périodicité : semestriel

  • Editeur : Association Jipango

  • Format : (148 x 210) mm

  • Nombre de pages : 30

  • Taille du fichier PDF : 5,4 Mo

  • Dans ce numéro : Jipango fête ses 20 ans !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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DOSSIER « La cuisine japonaise ne se limitait pas aux sushis » Patrick Duval, éditeur du magazine Wasabi spécialisé en gastronomie japonaise et patron de deux restaurants japonais à Paris, a été l’un des premiers collaborateurs du journal Jipango lors de sa création. Il nous présente l’évolution de la cuisine japonaise en France depuis ces 20 dernières années. Lorsque Jipango est né, il y a tout juste 20 ans, les Parisiens découvraient que la cuisine japonaise ne se limitait pas aux sushis. Une enquête publiée dans le N°1 recensait quelque 57 restaurants authentiquement nippons comme Issé (qui était alors rue Sainte-Anne), Kinugawa ou Kunitoraya. La plupart de ces restaurants existent toujours et des dizaines d’autres se sont créés faisant de Paris la ville d’Europe (et probablement du monde) où la gastronomie japonaise est la mieux représentée. Trois tendances se sont dégagées au cours de ces vingt dernières années  : L’arrivée des izakaya, avec la première d’entre elles  : Isse Izakaya lancée au tout début des années 2000 par Toshiro Kuroda. Les Français se sont vite laissés séduire par cette nouvelle façon de picorer entre amis des petits plats en sirotant un verre de saké. Il ne s’agissait pas uniquement de découvrir de nouveaux plats mais de casser les codes traditionnels du sacro-saint « entrée-plat-dessert » en privilégiant le partage de quelques mets disposés au milieu de la table façon tapas. On en compte aujourd’hui plus d’une dizaine… Ces restaurants ont beaucoup contribué à faire connaître le nihonshu en France… L’explosion des restaurants de nouilles et, plus généralement, de la streetfood à la japonaise. Dans le sillage des pionniers Higuma et Kunitoraya, on a vu débarquer des poids lourds comme Ippudo, mais aussi des échoppes spécialisées en okonomiyaki (crêpe à la japonaise née à Hiroshima) et même en takoyaki (boulette fourrée au poulpe originaire d’Osaka) ! C’est le Japon façon Blade Runner ou manga qui est mis à l’honneur. L’avantage  : le prix ! Les gros bols de ramen ou d’udon sont rarement facturés plus de 15 € . Idées Japon │ 12 Patrick Duval avec le chef Izumi à Izakaya Issé, Paris 2e. Le Bar à Sushi, Paris 8e. La naissance d’une nouvelle catégorie de restaurants proposant une cuisine dite française mais réalisée par des chefs japonais. Kei, un ancien de Ducasse, ou encore Toyo sont sans doute les plus emblématiques de ces chefs, mais ils sont aujourd’hui une cinquantaine à appliquer la rigueur et le savoir-faire nippons à notre patrimoine culinaire ! Le critique gastronomique François Simon et l’écrivain-journaliste Ryoko Sekiguchi ont même publié un livre sur ces établissements  : Chefs japonais/Cuisine française (éd. Le Chêne). Magazine Wasabi Chefs japonais/Cuisine française D’autres initiatives ont également enrichi l’offre japonaise en restauration comme la cuisine Nikkei (nippo-péruvienne) inventée par Nobu dans les années 70 et représentée en France par Matsuhisa (au Royal Monceau) ou encore le sushi de luxe avec Sushi B ou Jin pour qui le poisson cru est véritablement un art. La lecture régulière du magazine Wasabi permet de suivre ces évolutions en temps réel. Les numéros sont disponibles gratuitement sur www.wasabi.fr. Pour les adresses de restaurants japonais, rendez-vous p.18-21.
DOSSIER Au cœur des échanges franco-japonais autour du livre Installée au Japon depuis 30 ans, Corinne Quentin dirige depuis une quinzaine d’années le Bureau des Copyrights Français (BCF), agence littéraire, créée en 1952, spécialisée dans la promotion et la gestion des traductions d’ouvrages français en japonais et vice-versa. « Mon activité qui consiste à faire le pont entre auteurs et éditeurs japonais et français reste globalement celle que j’ai présentée en 2008 et je dirais que les tendances que j’observais alors n’ont fait que se renforcer, entraînant une augmentation des traductions du japonais vers le français, une diversification des genres et certains succès notables, par exemple (outre Haruki Murakami et Yoko Ogawa qui étaient déjà des auteurs à succès il y a 10 ans) Mitsuyo Kakuta, Hideo Furukawa, Fuminori Nakamura, Keigo Higashino, alors que le nombre des traductions d’ouvrages français vers le japonais a continué à diminuer, les genres traduits à se resserrer et les succès à devenir rares ; l’immense succès des romans de Pierre Lemaître est ainsi la principale exception. Face à des éditeurs japonais de plus en plus hésitants à acquérir les droits de traduction de romans français, les éditeurs français, par contre, sont de plus en plus nombreux à vouloir inclure des romans japonais dans leur catalogue et de nouvelles maisons spécialisées voient le jour  : par exemple les éditions d’Est en Ouest en 2015 et l’Atelier Akatombo, sous la direction éditoriale de la romancière française Dominique Sylvain, en 2018, dont le premier livre Le loup d’Hiroshima, réimprimé seulement 2 mois après sa sortie, semble de bon augure... À signaler cependant  : certains courants de moins en moins minoritaires dans la littérature japonaise que sont la littérature d’Okinawa, ou la littérature d’auteurs coréens ou chinois s’exprimant en japonais, sont encore peu représentés en France. Si cette tendance à publier davantage d’ouvrages japonais en France s’est clairement confirmée pour les romans en tous genres - avec une progression forte pour les romans policiers, les albums jeunesse, ainsi que pour les livres pratiques dont la qualité des explications et de l’illustration est particulièrement appréciée - le domaine des sciences humaines au sens large et des documents en tous genres (témoignages, biographies, etc.), par contre, est peu représenté, même si une petite percée se fait sentir depuis quelques années grâce à l’initiative de certains universitaires (Les Belles Lettres sous la direction d’Emmanuel Lozerand, les éditions duC.N.R.S., etc.), elle reste limitée ; et c’est bien dans ces domaines que des progrès sont encore à faire  : du côté japonais (éditeurs et pouvoirs publics) pour mieux informer et soutenir des projets de traduction par des aides financières, du côté français en aiguisant surtout une curiosité plus profonde (éventuellement avec des aides financières), tant il est important de rester attentif aux cultures étrangères et de tenter de les comprendre pour établir un réel dialogue. Même si ces domaines sont beaucoup traduits au Japon, l’impact des traductions est de plus en plus restreint aux spécialistes, et les ventes limitées ; là aussi quelques exceptions telles que les livres de Jacques Attali, Daniel Cohen, etc. L’univers du manga est maintenant installé dans le paysage de la bande dessinée en France  : tous les styles sont représentés, des grandes séries pour la jeunesse liées à des dessins animés aux mangas d’auteurs travaillant sur un matériau personnel ; le nombre d’éditeurs publiant des mangas n’a cessé d’augmenter et de se diversifier. Sans doute preuves de la maturité de ce domaine, on peut remarquer quelques tendances toutes récentes avec l’apparition d’auteurs français qui Idées Japon │ 13



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